La procureure de la République de Tours a annoncé ce mercredi que « les lésions à l’œil » d’un jeune homme, blessé lors d’un blocus de lycée, sont « compatibles » avec un tir de LBD. L’IGPN est saisie.
Des policliers mobilisés à Lyon en marge de la mobilisation lycéenne, le 30 septembre 2026 ADRIEN PITTORE/SIPA
La vidéo d’un jeune homme assis autour d’une flaque de sang, en marge d’un blocus lycéen à Tours, a fait le tour des réseaux sociaux ce mercredi 30 septembre. La procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard, a annoncé dans la soirée sur X que « [s]es lésions à l’œil sont compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD. »
Alors que des violences de part et d’autre émaillent les blocus de nombreux lycées en France, 119 élèves et employés de l’éducation nationale ont été blessées, selon le décompte ce mercredi soir du ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray.
Hospitalisation en urgenceLe jeune homme a été hospitalisé aux urgences du CHU de Tours après « des blessures au niveau de la tête », avait indiqué un peu plus tôt la procureure, alors que les forces de l’ordre, intervenues avec les pompiers pour mettre fin à plusieurs incendies, étaient prises à partie, notamment par des jets de projectiles, rapporte de son côté la préfecture d’Indre-et-Loire.
« Les violences sont d’une intensité assez élevée à Tours », a indiqué plus tôt mercredi le directeur de cabinet du préfet d’Indre-et-Loire, Pierre-Ange Savelli. Mardi, six personnes ont été interpellées pour des faits de violences par jets de projectiles sur les forces de l’ordre, notamment.
IGPN saisieLa procureure a indiqué avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Dans cette « enquête », la victime « sera entendue ultérieurement ». Les vérifications menées par la police s’appuieront sur les déclarations des policiers concernés, les images de leurs caméras-piétons ainsi que sur les témoignages des personnes présentes. Deux d’entre elles sont convoquées, avec leurs parents, devant le juge des enfants, et seront jugées en novembre, a annoncé la procureure.
L’IGPN a été saisie de trois enquêtes de ce genre, mercredi, après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements, a affirmé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui estime que les forces de l’ordre sont intervenues « avec beaucoup de proportionnalité ».
De son côté, le maire écologiste de la ville, Emmanuel Denis, « appelle au calme » dans un communiqué et demande « que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident ».
Par Service Actu