340 actions étaient en cours ce jeudi matin devant des lycées et 169 blocages ont été comptabilisés, selon les remontées policières. Le gouvernement estime que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines »
Devant un lycée à Lille, le 1ᵉʳ octobre 2026. JEAN-FRANCOIS BADIAS/AP/SIPA
Les lycéens qui réclament notamment des remplacements de professeurs et davantage de moyens, jouent ce jeudi 1ᵉʳ octobre l’« acte deux » de leur contestation en compagnie des étudiants.
Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l’Intérieur. Ce jeudi, des lycées sont bloqués un peu partout en France, à Paris, Marseille, Strasbourg et Rennes où le lycée Bréquigny, le plus gros de Bretagne, était bloqué en début de matinée par un attroupement devant l’une des entrées, a constaté une journaliste de l’AFP.
En tout, 340 actions étaient en cours dans la matinée devant des lycées et 169 blocages ont été comptabilisés, selon les remontées policières.
Plusieurs incidentsPlusieurs incidents ont été répertoriés à Marseille, où un véhicul des pompiers a été totalement incendié alors que ceux-ci intervenaient pour un feu de détritus devant le lycée Saint-Exupéry, dans le 15ᵉ arrondissement. Au lycée Victor-Hugo, situé près de la gare Saint-Charles, plusieurs altercations entre les CRS et les lycéens ont eu lieu dans la matinée, après que des poubelles, une porte du lycée et la camionnette qui se trouvait à proximité ont brûlé, a constaté une journaliste de l’AFP. La circulation des bus, tramways et métros a été interrompue en raison « des déprédations et des agressions de conducteurs » survenues sur le réseau, a annoncé la Régie des transports métropolitains (RTM).
Le hall du lycée Nelson Mandela, dans le centre de Nantes, a été lui détruit par un incendie lors du blocage de l’établissement, a constaté une journaliste de l’AFP. Un « incendie volontaire », dont l’origine n’a pas été précisée, a été déclenché et s’est propagé sur la façade du lycée avant d’être maîtrisé, a déclaré à l’AFP la proviseure adjointe, Gaëlle Cordier. De nombreux pompiers se trouvaient sur place peu après 10h et des lycéens restaient devant l’établissement, a constaté l’AFP.
Des incidents violents ont également eu lieu à Besançon, et à Toulouse où des jeunes ont envahi certaines artères et les rails du tramway, bloquant complètement la circulation en certains points.
« Acte deux »Le président de l’USL, Ryad Rani, a appelé mercredi lors d’une conférence de presse commune à Paris avec l’Union étudiante, à un « acte deux » faisant valoir des revendications communes. Avec la secrétaire générale du deuxième syndicat étudiant, Eloïse Lefebvre-Milon, ils appellent « toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à (les) rejoindre dans la mobilisation » jeudi et mardi 6 octobre, et réclament un « financement massif des lycées et des universités ».
L’Unef, troisième organisation étudiante, appelle aussi les étudiants « à descendre dans les rues partout en France » contre la « suppression massive de places dans les facs » et le gel des APL notamment.
Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus étaient bloqués jeudi matin, à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon 2, Reims, Poitiers ou encore Nanterre. Il s’agit d’une mobilisation « historique » selon le syndicat étudiant. Les accès sont empêchés mais les universités peuvent passer les cours en distanciel, selon le syndicat.
Réunion de criseFace à la situation, le Premier ministre, Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise jeudi à 13h au ministère de l’Intérieur. Il a demandé à ses ministres de renoncer à leurs déplacements, a rapporté son entourage. Le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray a lui demandé que « les cours soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocus empêchent l’accueil des élèves en toute sécurité », a-t-il annoncé jeudi sur X. Le gouvernement estime que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines ».
Les services de renseignement français estiment que le mouvement de blocus des lycées est une « manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra-gauche », a indiqué Matignon à l’issue de la cellule interministérielle de crise qui s’est tenue sur le sujet.
Le gouvernement a tenté mercredi de mettre fin à la propagation du mouvement en annonçant l’ouverture d’une « plateforme de concertation » à laquelle « tous les lycéens pourront contribuer ». Ils pourront y déposer leurs revendications et leurs inquiétudes de manière territorialisée. Une « restitution nationale » sera organisée pour « apporter des réponses structurées », a promis le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Trois enquêtes de l’IGPNPour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.
L’IGPN, la « police des polices », a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l’ordre sont intervenues « avec beaucoup de proportionnalité ».
Ces investigations concernent des faits qui se sont déroulés à Sevran (Seine-Saint-Denis), Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise) et Tours, où un jeune homme a été blessé à la tête mercredi et a été hospitalisé. Selon le procureur, ses lésions sont « compatibles » avec un tir de LBD.
Par Service Actu