Le festival bruxellois souffle 20 bougies sous le signe de la transmission. ...
Il y a tout juste vingt ans naissait Classissimo, à l'ombre de la gigantesque fontaine du Parc Royal qui fait face à nos Chambres et qui borde le Théâtre Royal du Parc. C'est à Georges Dumortier qu'on en doit l'initiative. L'homme ne traversait pourtant pas la période la plus calme de sa vie, devant se justifier d'une série de problèmes de gestion pour lesquelles il finit par bénéficier d'une suspension du prononcé de sa condamnation.
Les premières années auraient donc pu se passer dans un certain tumulte, mais non seulement, Dumortier est là, disponible pour qui voudrait lui poser la moindre question, mais il déploie une énergie qui rappelle à ceux qui l'auraient oublié pourquoi le sexagénaire reste incontournable dans le monde de la musique.
C'est qu'il faut parvenir à trouver sa place, à Bruxelles, en été. Les mélomanes habituels sont parfois sous d'autres latitudes et les touristes ont-ils forcément la curiosité de pousser la porte d'un théâtre, fut-il Royal ?
L'auteur de ces lignes qui eut le plaisir d'assister à quelques éditions du jeune festival fut étonné de l'engouement presque immédiat suscité par celui-ci : la salle est souvent pleine. Dumortier, qui nous a quittés cette année, peut être fier de son dernier enfant.
D'autant plus fier qu'il ne le garda pas jalousement, comme Fafner le dragon de l'or du Rhin. Très vite, Dumortier s'épaula sur quelques fidèles qui, sans limiter la diversité de sa programmation, lui permirent d'ouvrir les horizons du Festival. Et c'est donc assez logiquement que, devenu octogénaire, Dumortier passe la main au flûtiste Marc Grauwels dont la diversité des intérêts musicaux ne cesse de surprendre.
Petit, nous entendions Grauwels dans l'orchestre de La Monnaie, ou jouant seul dans des vernissages sur des péniches, il est à présent pleinement investi dans la musique Klezmer, sans avoir rien perdu de ses autres intérêts. L'homme étant follement sympathique et aussi disponible que généreux, le public de Classissimo semble avoir tout de suite accepté ce "continuateur".
TransmissionEt c'est précisément pour rendre hommage au geste de Georges Dumortier qui, un jour, décida de transmettre ce festival qui avait tant compté pour lui, que Grauwels a choisi pour cette année le thème de la transmission. Georges Dumortier est mort en avril dernier. Il y a dans le thème de cette année, comme une promesse qui lui est faite : "Cet enfant-là, nous le transmettrons, encore et encore, pour qu'il vive la plus longue des vies".
Comme d'habitude, l'incitant est double : les concerts sont originaux et le prix des places équivaut au prix d'une place de cinéma, un "pass" pour les sept concerts offrant le plus avantageux des tarifs. Du 5 au 11 août, notons que le premier concert – logiquement baptisé Transmission – verra un orchestre de chambre transgénérationnel défendre Mozart, Gounod et Orff. Musique française à la cour des Louis XV et de Louis XVI le 6 ; musiques espagnoles et latino-américaines le 7 ; Valère Burnon (notre nouvelle star du piano) & Friends le 8 ; Une nuit à l'opéra le 9 ; Tango le 10 – bim ! – Mozart et l'harmonica de verre, un instrument aussi singulier qu'immédiatement séduisant. Voyez, il y a de quoi faire.
Infos et réservations : www.classissimo.brussels/Gratuit pour les étudiants.
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