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Une nouvelle étape importante pour The Exploration Company ? La startup franco-allemande, spécialiste du fret dans l'espace, est en discussions pour lever 300 millions de dollars, selon Sifted. Le tour de table serait mené par les fonds américains Bessemer Venture et Atomico. Il porterait sa valeur à plus de deux milliards de dollars, un montant qui mesure la confiance accordée par les investisseurs à une technologie encore jeune, un an seulement après l'échec partiel de son premier vol test.
Le contraste avec sa précédente levée illustre l'ampleur du mouvement. En novembre 2024, l'entreprise bouclait une série B de 150 millions d'euros auprès de Balderton Capital, Plural et de fonds souverains français et allemand, pour une valorisation avoisinant 450 millions d'euros. Avec ce nouveau tour de table, elle pourrait donc quadrupler sa valorisation en moins de deux ans.
Déjà plusieurs acquisitions à son actifCe bond intervient après un épisode qui aurait pu casser la dynamique : en juin 2025, le vol test “Mission Possible” de sa capsule de démonstration a survécu à la rentrée atmosphérique puis a perdu le contact radio peu avant l'amerrissage, empêchant la récupération de la capsule. The Exploration Company a qualifié la mission de “succès partiel”. Un an après cet échec, les investisseurs ne semblent pas le retenir contre l'entreprise.
Fondée en 2021 par Hélène Huby, The Exploration Company développe Nyx, une capsule spatiale réutilisable conçue pour transporter du fret vers l'orbite basse, et notamment vers la Station spatiale internationale. Celle-ci est destinée à transporter du fret vers la Station spatiale internationale puis vers les futures stations commerciales en orbite basse, celles d'Axiom Space, Vast ou Starlab, appelées à prendre le relais de l'ISS après son retrait de service. Le calendrier de vol reste incertain : une première démonstration est évoquée pour 2028. L'entreprise revendiquerait, malgré ce calendrier resserré, un carnet de commandes de l'ordre de 800 millions, dont l'Agence spatiale européenne, Axiom Space, Vast et Starlab.
The Exploration Company a accéléré son maillage industriel hors de ses bases françaises et allemandes, par une double stratégie d'acquisitions et d'implantation directe. En novembre 2025, elle rachetait Thrustwork. En juin 2026, elle a acquis European Astrotech, spécialiste britannique de la propulsion spatiale et de l'avitaillement en carburant, basé à Westcott, sans modifier l'organisation ni les contrats de l'entité rachetée. Début juillet, he Exploration Company a inauguré à Houston, à proximité du Johnson Space Center de la NASA, un « Rapid Innovation Lab » abritant une maquette grandeur nature de la future capsule habitée.
Le pari du Scaleup Europe FundL'entrée pressentie du Scaleup Europe Fund constitue l'autre signal fort de ce potentiel nouveau tour de table. Ce véhicule de 5 milliards de dollars, adossé à la Commission européenne et géré par le groupe suédois EQT, actionnaire de The Exploration Company depuis 2023 via EQT Ventures, cible en priorité l'intelligence artificielle, le quantique et les semi-conducteurs, secteurs auxquels s'ajoute le spatial avec ce dossier. Une participation dans The Exploration Company compterait parmi ses tout premiers investissements, aux côtés d'un dossier attendu chez Mistral AI.
Le fonds répond à un problème identifié de longue date : les startups européennes qui franchissent le cap de la scale-up manquent de capitaux de croissance sur le continent, et partent souvent chercher ce financement à Londres ou aux États-Unis, quitte à y transférer leur siège. L'enjeu dépasse la seule startup : l'Europe ne dispose d'aucune capsule capable de ramener du fret depuis l'orbite basse et reste dépendante de SpaceX pour cette fonction.
L'ESA a lancé, dès 2023, une compétition pour qu'une entreprise européenne développe un tel service d'ici la fin de la décennie, The Exploration Company figurant parmi les candidats identifiés dès l'origine. Le choix de mobiliser un fonds de capital-risque public, plutôt que les seuls contrats institutionnels classiques, marque une inflexion de méthode dans un secteur où les budgets publics progressent plus vite que l'investissement privé.