Disparu à l'âge de 50 ans, Kavinsky laisse le monde de l'électro en deuil et le souvenir d'un artiste sans filtre sur sa fortune.
L’industrie musicale française pleure l’une de ses figures les plus emblématiques. Ce mercredi 29 juillet 2026, le monde de la musique électronique a appris avec une immense tristesse la disparition soudaine de Vincent Belorgey, plus connu sous le pseudonyme de Kavinsky, décédé à l'âge de 50 ans.
Révélé au grand public mondial grâce à l’inoubliable tube Nightcall sur la bande originale du film Drive, l'artiste au blouson de cuir et aux lunettes noires futuristes incarnait une certaine idée du cool à la française. Après avoir enflammé la cérémonie de clôture des JO de Paris 2024 aux côtés d'Angèle et de Phoenix, le producteur d’exception laisse derrière lui un héritage musical colossal.
Mais sous cette imagerie culte de zombie rétro-futuriste se cachait un homme profondément authentique, d'une générosité sans limite, qui abordait son succès et son rapport à l'argent toujours avec beaucoup de franchise et presque de la légèreté.
Des jouets d'époque et des bolides plutôt que la pierreQuand le succès de Nightcall s'est envolé pour devenir l'un des titres les plus écoutés au monde, les retombées financières ont été à la hauteur du phénomène. Pourtant, ne vous attendez pas à ce que l'ancien compagnon de route de Daft Punk ait constitué un empire immobilier.
Invité à se confier sur sa fortune auprès de Numéro lors de la sortie de son album Reborn, l'artiste avouait sans fard son manque total de sens pratique face aux billets verts : "Je suis quelqu’un qui gère très mal son argent. Du coup, je n’ai pas gardé beaucoup de ce que j'ai gagné", révélait-il.
Loin des investissements sages et de la pierre, Vincent Belorgey préférait vivre ses passions de grand enfant à mille à l'heure. "J’ai énormément dépensé dans des vrais Gizmo et Gremlins d’époque, et des produits dérivés des Dents de la mer ou de Retour vers le futur. J’ai tout dépensé dans des petites choses comme ça", expliquait-il. Un pactole également flambé dans de superbes voitures de collection qu'il revendait ensuite, fidèle à cet amour des belles mécaniques qui infusait sa musique.
Une vie simple loin des strass et du bling-bling pour KavinskyS'il a goûté à la notoriété mondiale et flirté avec les sommets des charts internationaux, en collaborant notamment avec la superstar The Weeknd, Kavinsky n'a jamais cherché la lumière à tout prix. Après le film Drive, le producteur avait d'ailleurs préféré prendre du recul et s'offrir une longue pause sabbatique de plusieurs années pour remettre les pendules à l'heure.
Finis les excès des soirées parisiennes et les nuits sans fin en club : l'interprète d'OutRun avait troqué l'agitation nocturne contre un quotidien posé, rythmé par ses longues promenades dans la capitale avec son fidèle chien Jaws. Avant de percer dans le milieu de l'électro, ce touche-à-tout au grand cœur avait enchaîné les petits boulots, d'expéditeur de courrier chez Manpower à livreur de pizzas, en passant par le tuteurage de figurines de baby-foot.
Cette humilité naturelle et ce détachement face au matérialisme faisaient de lui un personnage unique et humain dans le paysage musical, trop souvent peuplé par des personnes superficielles. Un artiste rare qui s'en va, mais dont les synthétiseurs continueront de résonner à jamais dans nos cœurs.
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