Le groupe pétro-gazier a doublé son bénéfice du deuxième semestre lequel dépasse les 5 milliards de dollars. De quoi faire bouillir les rangs de la gauche alors que les prix à pompe ont de nouveau flambé sur fond de reprise des hostilités entre l’Iran et les Etats-Unis.
Le logo de TotalEnergies dans une station service de Genech, le 5 octobre 2022 SAMEER AL-DOUMY / AFP
« Profiteurs de crise », « jackpot »… Dans les rangs de la gauche, la colère ne tarit pas après la publication ce jeudi 23 juillet des résultats du deuxième trimestre de TotalEnergies. Le groupe énergétique a vu son bénéfice doubler à 5,4 milliards de dollars, contre 2,7 milliards un an plus tôt.
Un résultat qui a été dopé par les prix élevés des hydrocarbures liés au conflit au Moyen-Orient et notamment à la guerre en Iran. La porte-parole, Maud Bregeon a assuré sur RMC-BFMTV qu’elle refuserait « toujours » de rentrer dans le Total bashing, tout en affirmant comprendre « les interrogations » des Français sur l’ampleur de ces bénéfices. Celle qui recevra la semaine prochaine raffineurs et distributeurs a par ailleurs estimé que « c’est une chance d’avoir en France un grand énergéticien mondial capable d’assurer l’approvisionnement des Français ».
Un son de cloché opposé à celui des élus de gauche : de LFI aux Écologistes en passant par le PS, les dirigeants ont dénoncé le magot de TotalEnergies. Pointant du doigt les « profiteurs de guerre », le patron des socialistes Olivier Faure a tancé sur X les actionnaires qui « ont déjà reçu un 2ᵉ acompte sur dividende. »
« Les actionnaires seront mieux servis que les automobilistes »« Pendant que les prix du carburant repartent à la hausse, c’est le jackpot pour TotalEnergies et les géants du pétrole, » a posté sur X le coordinateur national de La France Insoumise, Manuel Bompard. Le coordinateur de la France insoumise a rappelé la mesure réclamée par son mouvement depuis plusieurs mois : « Pour en finir avec cette injustice et protéger le peuple, le blocage des prix des carburants est la solution. »
Son collègue Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, a moqué sur X : « la mesurette marketing des 1,99 €/l ? Désormais limitée aux week-ends et à quelques stations. Les actionnaires seront mieux servis que les automobilistes ».
Enfin, sur BlueSky, la députée écologiste Sandrine Rousseau, « a hâte qu’ils (TotalEnergies, NDLR) soient lourdement taxés » en rappelant que cela faisait partie des « raisons vitales pour lesquelles la gauche doit gagner » lors de la présidentielle l’année prochaine.
Ce n’est pas la première fois que les résultats de TotalEnergies agacent une partie de la classe politique. En début d’année, le pétro-gazier avait déjà vu monter la polémique sur ses « super-profits ». En avril dernier, une enquête du « Financial Times » avait révélé comment le groupe avait, au début du conflit en mars, acquis 77 cargos de brut produit aux Emirats arabes unis et à Oman. De quoi échapper au blocage du détroit d’Ormuz, déjà à ce moment, mais aussi toujours selon l’enquête de réaliser près d’un milliard de dollars de gains.
En tout état de cause, le sujet d’une taxation de ces « super profits » ne fait consensus au sein du gouvernement. Maud Bregeon rappelant sur RMC-BFMTV son opposition à une telle mesure.
Par Lucie Oriol (avec AFP)