À sa sortie en 1985, l’album a horrifié les plus puristes des Curistes et séduit une nouvelle génération de fans. Qu’en reste-il en 2026 ?
À sa sortie en 1985, l’album a horrifié les plus puristes des Curistes et séduit une nouvelle génération de fans. Qu’en reste-il en 2026 ?
Après avoir enregistré sa trilogie infernale puis tenté un virage pop, histoire de remettre un peu de lumière dans la maison (The Top), The Cure semble arriver à un point névralgique de sa carrière. Quel chemin prendre alors ? Comment continuer à vivre ?
Instinctivement, Robert Smith semble trouver la réponse dans un mélange astucieux de toutes ses personnalités musicales. The Head on the Door est en effet un album aux mille facettes, aux mille atmosphères. Un disque de synthèse qui résume en une poignée de morceaux tout ce que The Cure a tenté d’accomplir jusque-là, tout en ébauchant d’autres pistes, empruntées aux musiques et aux traditions les plus variées.
Bijoux pop et perles sombresOn y trouve ainsi de vrais bijoux pop comme In Between Days ou Close to Me, mais aussi des perles sombrement nacrées, à la manière de The Blood ou A Night like This. Et même s’il ne frôle pratiquement jamais la beauté ombrageuse des moments les plus hantés du groupe, The Head on the Door n’en est pas moins un bel album de rock bigarré qui va permettre à Robert Smith d’imposer entièrement sa vision musicale, sa manière de dire, de chanter, de décrire le monde.
Dans ses chansons, devenues ici un peu moins glauques, un peu plus mordorées et enjouées, toute une génération de gamin·es va commencer à se reconnaître – et se mettre, aussi, à adopter l’apparat du chanteur au pied de la lettre.
Ainsi, en apprenant à écrire de vrais tubes, Robert Smith est aussi devenu l’épouvantail attitré de la new wave. Un état de fait qu’il semblait d’ailleurs avoir prédit dans la plus belle chanson de l’album : une ritournelle ralentie, une élégie prenante baptisée Kyoto Song, dans laquelle il évoque un réveil abrupt en pleine nuit après un cauchemar, découvrant un corps étranger à ses côtés.
Un peu comme s’il voyait, tout près de lui, le cadavre encore brûlant du Robert Smith de Seventeen Seconds, Faith et Pornography. The Head on the Door est donc bien cela : le disque d’un ressuscité tentant d’échapper aux souvenirs de sa première mort.
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
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