En poste depuis le 1er août 2023, le lieutenant Jean-Baptiste Garcia va quitter le commandement de la communauté de brigades de Lézignan-Ginestas pour rejoindre la direction générale de la gendarmerie nationale, avec...
En poste depuis le 1er août 2023, le lieutenant Jean-Baptiste Garcia va quitter le commandement de la communauté de brigades de Lézignan-Ginestas pour rejoindre la direction générale de la gendarmerie nationale, avec le grade de capitaine. L’occasion de faire le bilan de trois années riches d’activités.
À la veille de quitter la communauté de brigades (COB) de Lézignan-Ginestas, que retiendrez-vous de vos trois années passées à la tête des 39 gendarmes qui la composent ?
Au niveau opérationnel, il est évident que je retiens, tout d’abord, les incendies de l’été dernier qui auront marqué les femmes et les hommes de ce territoire défiguré. J’ai assisté aussi à ce bel élan de solidarité qui a eu lieu envers les populations sinistrées mais aussi les pompiers, les gendarmes. Je retiendrai également l’intervention que nous avons menée lors de la rave-party organisée sur les cendres de ces paysages qui venaient à peine de disparaître : en ce sens, j’ai fait tout mon possible pour aider, de mon mieux, le commandant de compagnie.
Au niveau judiciaire, je retiens une opération interrégionale que nous avons menée pour interpeller trois personnes, dans le Tarn-et-Garonne, dans le cadre d’une agression commise à Lézignan. Je pars avec le sentiment du devoir accompli.
La triste actualité de ces dernières semaines nous ramène aux violences intrafamiliales mais aussi aux violences sexuelles sur mineurs. Où en êtes-vous sur le traitement de ces affaires ?
Hélas, nous connaissons, sur notre territoire, une explosion du nombre de ces dossiers. C’est pourquoi, début 2025, nous avons créé un Groupe des mineurs et des atteintes sexuelles (GMAS), avec trois gendarmes qui s’occupent, au quotidien, de ces affaires, un psychologue, l’appui de l’Association d’aide aux victimes et la création d’une salle Mélanie pour pouvoir écouter les mineurs dans de bonnes conditions. Nous traitons les dossiers au fil de l’eau : nous menons un travail pour tenter d’apporter des réponses aux victimes, tous les jours. En ce sens, il y a un an et demi, nous étions, hélas, un peu en avance sur ce qui se passe aujourd’hui. En parallèle, nous faisons de la prévention dans les établissements scolaires, auprès de ceux qui seront les parents de demain.
En termes de statistiques, où se positionne, nationalement, la communauté de brigades ?
Avec 2 000 crimes et délits par an et 2 300 interventions, elle se positionne comme la première unité du département et la 50e au niveau national.
Vous êtes arrivé à l’âge de 27 ans à la tête de la COB : l’intégration n’a-t-elle pas été difficile ?
Non, pas du tout. J’ai la chance d’être originaire de Sigean aussi, je connaissais ce territoire, entre Minervois et Corbières. Un territoire rude, à l’image de ses vins, mais aussi plein de caractère et de robustesse. Durant ces trois années, je n’ai jamais eu peur, parce que je savais que, où que j’aille, je pourrais compter sur mes gendarmes, sur leurs regards silencieux qui disent tout.
Besoin de tout le monde pour avancer
Car un chef ne doit pas se positionner aux dessus de ses hommes, il doit être à leurs côtés. Au pays du rugby, une brigade ressemble à une équipe : nous avons besoin de tout le monde pour avancer. Sans une troupe forte, soudée et déterminée, je n’aurais rien pu accomplir. Et puis, j’avais aussi, à mes côtés, le major Le Bihan (NDLR, qui fera valoir ses droits à la retraite le 1er septembre prochain) : je n’aurais pu espérer avoir meilleur adjoint. Il fait partie de ces hommes qui accompagnent et font grandir les jeunes générations. Il a été un guide pour moi.