En Lozère, les réservations estivales sont en berne. Les professionnels du tourisme jouent leurs dernières cartes et comptent encore sur les réservations de dernière minute.
En Lozère, les réservations estivales sont en berne. Les professionnels du tourisme jouent leurs dernières cartes et comptent encore sur les réservations de dernière minute.
Les réservations de dernière minute sont-elles la grande tendance de cet été 2026 ? La hausse des prix, notamment celui du carburant, a-t-elle eu raison des départs en vacances ? Anthony De Freitas, le directeur du village de gîtes du Colombier, à Mende, s’interroge. "Nos réservations sont en retard, confie-t-il. Sur l’avant-saison, ça a été, y compris en semaine. Les quinze premiers jours de juillet aussi sont satisfaisants, mais ensuite, on a un trou dans les réservations. Certes, l’année dernière, c’était un peu le même schéma avec le mois de juillet en retrait par rapport à août jusqu’à assez tard, mais au moins le mois d’août était plein. Et même si ça s’était rempli tard, là, on a passé le moment où ça aurait dû se remplir", s’étonne le directeur du village. C’est généralement au mois de juin que les réservations se font nombreuses.
Pour le moment, en août, les 42 gîtes du Colombier, capables d’accueillir jusqu’à 260 personnes au total, ne sont complets qu’à 70 %. "Habituellement, c’est le mois où on est plein, déplore Anthony De Freitas. On devrait déjà être à beaucoup plus."
S’il ne se fait pas de souci "outre mesure", car il y a quand même "quelques réservations qui tombent régulièrement", Anthony De Freitas prévoit de lancer des offres promotionnelles plus tôt que prévu et d’ouvrir les courts séjours, là où normalement il n’est possible de réserver qu’à la semaine, "dans l’espoir d’aller chercher les derniers clients". "Quand il n’y a pas d’argent, le tourisme est le premier secteur impacté", constate le responsable du village.
Une déclaration que le comité départemental du tourisme (CDT) de la Lozère ne peut que confirmer. "Les réservations sont encore timides, mais on s’y attendait", lance Éric Debenne, le directeur. Selon lui, cette baisse est due à plusieurs facteurs. "D’abord, les vacanciers font l’amalgame en pensant que chez nous, il fait chaud comme partout. Je les comprends, le climat est anxiogène. On ne parle que de ça à la télé. Mais nos nuits sont fraîches, et même la journée, ce ne sont pas les mêmes températures qu’ailleurs. On espère que ça puisse en convaincre certains."
La canicule n’est pas le seul argument. "Le contexte international ne donne pas envie de partir en vacances. On le voit : entre la guerre en Iran, le prix de l’essence, le pouvoir d’achat qui ne cesse de reculer… Les gens sont sur la réserve", constate avec regret Éric Debenne. Ce dernier est d’autant plus déçu que les réservations, jusqu’à maintenant, connaissaient une belle avance par rapport à 2025. Depuis le début de la guerre en Iran, ce n’est plus le cas. "C’est frustrant quand on voit que tout ce qu’on met en œuvre se perd à cause d’un événement extérieur."
Pour autant, il ne désespère pas et met en avant les qualités de la Lozère pour, lui aussi, "susciter les dernières minutes". "Au-delà même des vacances, ces quelques degrés de moins qu’ailleurs en Lozère sont un facteur d’attractivité", plaisante-t-il. Positif, Éric Debenne déclare enfin : "Nos réservations de cet automne sont encore meilleures que celles de l’année dernière !" En attendant un éventuel sursaut estival, les regards se tournent déjà vers un automne qui s’annonce prometteur.