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Pour 8 Européens sur 10, la voiture est devenue un luxe: le chiffre monte même à 86% chez les Français qui ont le budget le plus faible pour acheter un nouveau véhicule

Дата публикации: 19-06-2026 04:00:00

Face à l'explosion des coûts d'achat et d'entretien, la possession d'un véhicule individuel est devenue un luxe pour 80% des Européens et même 86% des Français, souligne le dernier baromètre Aramisauto-OpinionWay. C'est d'ailleurs en France que les automobilistes ont le budget le plus faible à consacrer à l'achat d'une nouvelle voiture, neuve ou d'occasion, avec 283 euros par mois.

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Face à l'explosion des coûts d'achat et d'entretien, la possession d'un véhicule individuel est devenue un luxe pour 80% des Européens et même 86% des Français, souligne le dernier baromètre Aramisauto-OpinionWay. C'est d'ailleurs en France que les automobilistes ont le budget le plus faible à consacrer à l'achat d'une nouvelle voiture, neuve ou d'occasion, avec 283 euros par mois.

L'automobile reste indispensable, mais s'impose de plus en plus comme un bien de luxe: un paradoxe mis en avant dans la 16e édition du baromètre annuel OpinionWay* pour Aramisauto, spécialiste de la voiture d'occasion reconditionnée, et qui révèle un fossé grandissant entre le besoin de mobilité individuelle et la capacité financière réelle des ménages.

L'étude, qui se concentrait depuis 2010 sur la France, prend pour la première fois de la hauteur au niveau européen, avec l'intérêt se pencher sur l'échéance de 2035, qui reste, malgré quelques revirements, le cap visé pour une transition accélérée, voire forcée, vers le 100% électrique.

Une voiture qui reste indispensable... mais trop chère

La voiture reste en effet indispensable au quotidien, avec deux Européens sur trois qui l'utilisent pour aller travailler. Plus globalement, 88% des Européens et 91% des Français déclarent qu'ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans elle.

Face à l'explosion des coûts à l'achat, mais aussi pour l'entretien, les réparations et bien sûr le remplissage du réservoir avec les prix des carburants, la possession d'une voiture individuelle est désormais considérée comme un luxe par 80% des personnes interrogées au niveau européen. Un taux qui grimpe à 86% en France.

Dans l'Hexagone, la contrainte financière s'avère particulièrement étouffante. Pas moins de 98% des automobilistes français jugent l'usage d'un véhicule cher, et pour 57% d'entre eux, l'automobile représente carrément le premier poste de dépense du foyer, un chiffre qui culmine à 78% chez les 18-24 ans.

Budget réduit pour acheter une voiture

Cette pression se traduit par le budget le plus faible d'Europe pour changer de véhicule. Les Français ne peuvent consacrer en moyenne que 283 euros par mois au financement d'une nouvelle voiture, neuve ou d'occasion. Une enveloppe qui colle de très près à la réalité des loyers du marché: chez Aramisauto, les mensualités moyennes en LOA (location avec option d'achat) s'élèvent par exemple à 297 euros par mois, sur une durée moyenne de 45 mois.

Ce montant s'effondre de 112 euros par rapport à 2024. Les Français se retrouvent ainsi loin derrière les 443 euros des Autrichiens, les 387 euros des Allemands ou les 335 euros des Espagnols. Il faut dire que la France subit le poids d'une fiscalité lourde, se classant comme le deuxième marché le plus taxé d'Europe, juste derrière la Belgique.

Pour faire face, les conducteurs multiplient les arbitrages drastiques. Les restrictions de déplacements non essentiels touchent 76% des usagers français, un phénomène également très marqué en Espagne et en Belgique. Pour atténuer le choc, 92% des Européens réclament la mise en place d'un bouclier tarifaire sur les carburants, reflet des tensions actuelles à la pompe depuis le début du conflit au Moyen-Orient en février dernier.

Un achat automobile moins émotionnel

Dans ce contexte, l'achat automobile n'est plus vraiment lié à la passion de la voiture. En France, 91% des automobilistes intègrent au moins un critère financier lors de leur choix: le prix d'achat arrive largement en tête à 81%, suivi de la consommation de carburant et de la fiabilité, toutes deux à 58%, juste devant le coût d'entretien à 51%.

Les critères plus affectifs s'effondrent: la marque ne pèse plus que pour 44% du choix, signe d'une érosion de la fidélité, l'esthétique tombe à 29% et la technologie embarquée à 28%.

L'électrique séduit enfin, mais la prudence domine

Un achat plus rationnel, c'est aussi ce qui s'observe avec l'engouement pour l'électrique depuis la flambée des prix à la pompe en début d'année.

"Nous avions déjà connu une ruée sur l'électrique lors du début de la guerre en Ukraine en 2022, mais le phénomène n'avait duré que quelques semaines. Là, cela semble plus durable, avec aussi une offre plus diversifiée, en neuf comme en occasion, et un réseau de recharge plus développé", souligne Romain Boscher, directeur général d'Aramisauto.

Un certain paradoxe apparaît ainsi: 60% des Européens envisagent l'achat d'un modèle électrique ou hybride, mais ils rejettent massivement la contrainte calendaire. En effet, 61% des Européens et 56% des Français approuvent le renoncement (qui n'en est pas encore vraiment un) à l'interdiction de la vente de voitures thermiques neuves en 2035.

Ce souhait de revenir sur l'interdiction grimpe même à 75% au Royaume-Uni (qui vise une date avancée à 2030). L'Autriche figure comme le pays le plus hostile à la fin du thermique, avec 48% d'automobilistes qui privilégient encore un bloc à combustion pour leur prochain achat.

L'occasion reconditionnée en alternative au neuf

Face à l'inaccessibilité du neuf, la voiture d'occasion reconditionnée s'impose de plus en plus comme une alternative rassurante. Cette filière, dont 73% des Français ont désormais entendu parler (en progression de 10 points depuis 2022), apporte une réponse intéressante aux doutes que peut avoir un acheteur sur le marché de la seconde main:

"Sur les voitures que nous récupérons pour un reconditionnement, une sur deux présente un carnet d'entretien mal suivi", explique Guillaume Paoli, cofondateur d'Aramis Group, qui s'appuie sur un réseau de neuf usines de reconditionnement en Europe.

C'est au sein de ces sites industriels que sont appliqués jusqu'à 200 points de contrôle précis pour corriger les défauts potentiels et garantir une fiabilité proche du neuf, à un prix réduit. "C'est notre réponse à ce problème d'accès à la voiture", avance Guillaume Paoli.

Pour s'adapter aux budgets les plus serrés demandant des véhicules de plus de 10 ans, Aramisauto a étendu ses critères maximaux de reprise, passant de 8 ans et 150.000 kilomètres à 12 ou 13 ans et 175.000 kilomètres. Un pivot qui illustre bien le vieillissement global du parc automobile français.

Sur l'électrique, Aramisauto veut aussi rassurer les acheteurs en affichant déjà le SoH (State of Health ou le bilan de santé de la batterie). L'idée à l'étude actuellement serait aussi de pouvoir intervenir sur le pack ou l'électronique pour pouvoir offrir une garantie à des véhicules qui ne sont plus couverts par le constructeur.

Alors que les aides publiques se concentrent aujourd'hui sur le véhicule neuf, 77% des Français estiment que le véhicule reconditionné devrait faire l'objet d'un soutien financier de l'État. De quoi accompagner de manière plus importante potentiellement la transition des Français vers l'électrique ou des véhicules déjà plus récents, avec un retour attendu d'un dispositif type prime à la casse.

*Méthodologie Sondage OpinionWay pour AramisAuto réalisé auprès de 7.036 automobilistes, issus d’un échantillon de 9.000 personnes, dans 7 pays européens: France, Royaume-Uni, Italie, Belgique, Allemagne, Autriche et Espagne. Les échantillons ont été constitués selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle ou de niveau de revenus, de région de résidence et de catégorie d’agglomération. Les échantillons ont été interrogés par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI. Les interviews ont été réalisées du 14 au 23 avril 2026. OpinionWay a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252.

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