Alors qu'une voiture électrique sur dix vendue en Europe est désormais chinoise, avec un pic historique à 11% en mai, la présence reste moins marquée en France avec une part de marché à près de 5% au premier semestre. MG (groupe SAIC) vend désormais autant qu'un acteur historique comme Fiat.
Alors qu'une voiture électrique sur dix vendue en Europe est désormais chinoise, avec un pic historique à 11% en mai, la présence reste moins marquée en France avec une part de marché à près de 5% au premier semestre. MG (groupe SAIC) vend désormais autant qu'un acteur historique comme Fiat.
C'est un chiffre qui a marqué les esprits: en mai, la part de marché des constructeurs chinois en Europe a atteint les 11%, près de deux fois plus qu'il y a un an. Autrement dit, plus d'une voiture neuve sur 10 vendue sur le Vieux Continent était vendue par une marque chinoise.
Mais qu'en est-il sur le marché français? Si on regarde le top 10 des véhicules les plus vendus d'après les données fournies par NGC Data, pas (encore) l'ombre d'une marque chinoise. On peut alors se pencher sur le classement des voitures 100% électriques: toujours pas de marques chinoises... mais la présence d'une certaine Tesla Model 3, en neuvième position (avec 5.985 unités), premier modèle "made in China", mais sans être vendu par une marque chinoise. Le SUV Tesla Model Y, leader de l'électrique en France, est lui assemblé à Berlin, en Allemagne.
Si on revient au classement général, toutes motorisations confondues, il faut en fait remonter jusqu'à la 39e position pour trouver le premier modèle d'une marque chinoise, avec le MG ZS. Une voiture vendue avec une motorisation hybride non-rechargeable, ce qui illustre bien le virage pris par les constructeurs chinois depuis la mise en place des surtaxes douanières en Europe qui ne visent que les 100% électriques. Au niveau du continent, la part de marché des marques chinoises s'est d'ailleurs approchée du quart des ventes de la catégorie hybride, à 23,7%.
Le MG ZS Hybrid+ était le véhicule d'une marque chinoise le plus vendu en France au premier semestre 2026. © MGLa marque britannique MG, qui appartient depuis 2006 au géant chinois SAIC, a été parmi les premières à s'attaquer au marché européen avec des modèles à prix abordables. Sur les 6 premiers mois de 2026, ils se retrouvent ainsi assez logiquement première marque chinoise en France, avec un total de 16.417 immatriculations, toujours d'après les données de NGC Data, soit une part de marché de 1,92%.
On retrouve ensuite BYD, avec 13.546 unités, soit 1,58% de part de marché. A l'instar de MG, le géant chinois a fait évoluer son offre vers l'hybride, dans la sous-catégorie hybride rechargeable (les versions "DM-i" comme sur le SUV compact Atto 2). Avec un certain succès: à fin juin 2026, BYD se retrouve ainsi leader de cette catégorie PHEV (pour plug-in hybrid electric vehicle, l'acronyme anglais pour les hybrides rechargeables), avec 8.374 immatriculations et 17,3 % de part de marché.
Jusqu'à 90 km d'autonomie électrique sur ce BYD Atto 2 DM-i. © BYDPour compléter ce podium, petite surprise, on retrouve à la troisième place Jaecoo. Cette marque du groupe Chery vient à peine d'arriver en France, mais avec une offre de SUV au look très inspiré de Range Rover et des motorisations hybrides. Avec 2.115 unités du Jaecoo 7 et 1.755 exemplaires du Jaecoo 5, auxquels on peut ajouter 126 Omoda 9 (Omoda étant une marque liée à Jaecoo), on arrive à un total de 4.000 unités écoulées au premier semestre, soit une part de marché de 0,47%.
Nous avons pu tester ce Jaecoo 5 hybride sur les routes de Chine, pays où il est produit, mais où il n'est pas commercialisé. Les marques Chery et Omoda sont en effet destinées aux ventes à l'export et en particulier à l'Europe. © JBDe quoi passer devant Leapmotor, marque partenaire de Stellantis, à 3.364 immatriculations. Mais aussi devant Xpeng, qui a un positionnement plus premium en cherchant à concurrencer surtout Tesla, avec 3.288 unités vendues au premier semestre en France.
Sur un marché total de 857.188 véhicules particuliers neufs immatriculés en France, l'ensemble des marques sous pavillon chinois pèse 47.597 unités (+69% sur un an), soit 5,55% de part de marché. Un score qui chute à 4,90% (42.005 unités) si l'on retire Volvo, dont une partie de la gamme électrique comme le best-seller EX30 provient d'usines chinoises mais dont l'ancrage reste suédois.
Au trio de tête déjà évoqué, du groupe Chery, de Xpeng et de Leapmotor nous avons en effet aussi comptabilisé les marques du groupe Geely (la marque Geely, mais aussi Volvo, Polestar, Zeekr, Lotus, Lynk&Co et Smart, cette dernière restant en coentreprise avec Mercedes-Benz).
Une part de marché qui reste toutefois inférieure à cette moyenne de 11% de part de marché en mai dernier. Plusieurs explications, tout d'abord certains marchés européens, mais qui n'appartiennent pas à l'UE, n'appliquent pas de surtaxes douanières: c'est le cas du Royaume-Uni qui absorbe plus d'une voiture chinoise sur trois vendue en Europe occidentale, avec une pénétration de 15% du marché total.
Le constat est similaire en Norvège, champion du monde de l'électrique hors Union européenne, où les marques chinoises captent 14,4% du marché.
L'autre fracture se situe en Europe du Sud, notamment en Espagne et en Italie où les marques chinoises dépassent respectivement 10% et 8% de part de marché, portées par des gammes thermiques ou des technologies hybrides rechargeables à prix cassés.
Enfin, en France, les aides à l'achat (le bonus écologique principalement, ou "Prime CEE" désormais) restent réservées (sauf très rares exceptions) aux modèles 100% électriques produits en Europe, ce qui protège pour le moment les acteurs historiques sur cette catégorie de véhicules. Mais il faudra bientôt trouver d'autres parades, avec l'offensive sur l'hybride et des acteurs chinois qui produiront bientôt en Europe.
Avec 1,92% de part de marché (16.417 unités) en France, le leader MG fait désormais jeu égal avec un géant historique comme Fiat, qui stagne lui aussi à 1,92% des ventes de voitures particulières (16.451 immatriculations).
De son côté, BYD surpasse déjà des marques très populaires et bien établies en France, comme Mini et ses 1,51% de part de marché (12.939 unités), mais aussi Nissan à 1,51% (12.928 immatriculations), Cupra à 1,20% (10.316 unités) et Suzuki à 1,14% (9.807 immatriculations).