À l'issue du comité d'alerte sur les finances publiques ce mardi, le gouvernement a annoncé 2 milliards d'euros d'économies supplémentaires sur la sphère de l'État et 1 milliard sur la Sécurité sociale. L'exécutif reconnaît malgré tout que respecter l'objectif de déficit à 5% du PIB en fin d'année sera "difficile".
David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, dans la cour du palais de l'Élysée à Paris, le 3 juin 2026. - BASTIEN OHIER / HANS LUCAS
À l'issue du comité d'alerte sur les finances publiques ce mardi, le gouvernement a annoncé 2 milliards d'euros d'économies supplémentaires sur la sphère de l'État et 1 milliard sur la Sécurité sociale. L'exécutif reconnaît malgré tout que respecter l'objectif de déficit à 5% du PIB en fin d'année sera "difficile".
Le gouvernement a annoncé ce mardi 3 milliards d'euros supplémentaires de gels de crédits lors du comité d'alerte des finances publiques, alors que le conflit au Moyen-Orient a dégradé un peu plus l'état des caisses publiques, mettant en péril l'objectif de déficit public fixé à 5% du PIB en fin d'année.
"On a aujourd'hui un risque de dérapage de la dépense publique de 5 milliards: 3 milliards sur l'État et la Sécurité sociale, des mesures devront être prises, et 2 milliards d'euros sur les collectivités locales", a déclaré le ministre des Comptes publics, David Amiel lors d'un point presse.
Le ministère de l'Économie, Roland Lescure, a cependant précisé que ces 2 milliards d'euros pour les collectivités locales étaient un "risque" identifié, mais pas des économies annoncées, le gouvernement ne pouvant décider pour les collectivités. Mais "je ne doute pas que beaucoup d'élus locaux font preuve dans la période d'un très grand sens des responsabilités et que nous pourrons donc affiner les prévisions dans les prochaines semaines", a souligné David Amiel.
Sur les 3 milliards d'euros d'économies identifiées pour l'Etat et la Sécurité sociale, 2 milliards concernent l'Etat, "en grande partie d'ailleurs liés aux mesures d'aide qui se sont déployées depuis avril dernier", et 1 milliard vise la Sécurité sociale, a-t-il détaillé.
Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson, avait auparavant noté dans un communiqué que la réunion du comité avait été "ponctuée par l'annonce de 3 milliards d'euros supplémentaires de gels de crédits, dont le détail n'a même pas été donné".
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Ce total porte à 9 milliards le montant total d'économies annoncées par le gouvernement pour cette année, ou 11 milliards en prenant en compte les 2 milliards de risques identifiés pour les collectivités locales. En effet, lors d'une précédente réunion du comité d'alerte en avril, le gouvernement avait déjà annoncé six milliards d'euros d'économies supplémentaires sur les dépenses en 2026 pour compenser le coût du conflit: quatre milliards d'euros sur l'État et deux milliards d'euros dans "la sphère sociale".
Il avait ensuite détaillé ces coupes: 3,2 milliards d'euros de gels de crédits et 847 millions d'euros d'annulations pour l'État, et la décision de ne pas accompagner la hausse du Smic au 1er juin par des allègements de charges supplémentaires pour les entreprises.
Ce comité se tient alors que la France affiche l'un des plus importants déficits de la zone euro, à 5,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, le deuxième derrière la Belgique. Sa dette colossale s'élevait à 3.536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre, soit 117,5% du PIB.
Le gouvernement s'est fixé comme objectif un déficit de 5% en 2026, mais la tâche s'annonce "difficile", a reconnu le ministre de l'Économie, Roland Lescure. "Il faut qu'on fasse tout pour s'en approcher au maximum".