L'association de sauvegarde des hôpitaux et de la santé 65 dénonce l'opacité autour du projet d'hôpital commun Tarbes-Lourdes. Alors qu'une enquête publique vient de débuter et qu'un rapport préconise des travaux à...
l'essentiel L'association de sauvegarde des hôpitaux et de la santé 65 dénonce l'opacité autour du projet d'hôpital commun Tarbes-Lourdes. Alors qu'une enquête publique vient de débuter et qu'un rapport préconise des travaux à coûts réduits, des dizaines de millions d'euros en moins que ce qui était prévu, le collectif estime que peu de réponses sont apportées par les pouvoirs publics sur ce projet de santé phare à Lanne qui doit aboutir d'ici quatre ans. Pas de climatisation, des services absents et des questionnements autour du financement. On vous explique toutes les critiques portées sur ce nouvel hôpital.
Leur combat continue, mais au fur et à mesure que le projet se précise, ils ne cachent pas leur inquiétude. Car l'association, qui s'oppose au projet d'hôpital commun qui sera basé à Lanne, s'alarme de "l'opacité" qui plane autour du dossier. "C'est toujours le manque de transparence", résume Laurence Charroy, présidente de l'association de Sauvegarde des Hôpitaux et de la Santé dans les Hautes-Pyrénées. Une enquête publique vient de commencer, "en plein milieu de l'été", s'étonne-t-elle, et leurs rendez-vous avec la direction de l'hôpital ne semblent pas les rassurer.
l’ASHSHP s'interroge sur le nouvel hôpital unique.
DDM - Jérémie Heins
Ils pointent en particulier un rapport de l'ANAP (Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé) qui dirait vouloir "réduire la voilure sur le financement". Aujourd'hui, l'hôpital serait ciblé aux alentours de 360 millions d'euros, le rapport préconiserait un projet plutôt autour de 320 millions d'euros.
Mais avec des économies "sur quels postes ?", s'interroge Laurence Charroy. C'est toute la question de l'association, qui affirme que même la direction de l'hôpital n'a pas pu avoir accès au rapport.
L'association demande donc à la préfecture et à l'ARS de pouvoir connaître les points d'économie qui sont préconisés. "Combien de lits il y aura en moins ? La direction de l'hôpital n'a pas pu cacher de possibles modifications du projet médical", explique-t-elle.
Car l'association met déjà en avant plusieurs préoccupations dans le projet actuel : "Il n'y aura pas de soins palliatifs, et il y aura 60 lits de moins que dans les hôpitaux de Tarbes et Lourdes aujourd'hui." Il n'y aura pas d'internat non plus. Et en ce contexte de fortes chaleurs, l'installation de la climatisation ne serait pas prévue dans le projet.
Dernière interrogation, une lettre envoyée par la ministre pour assurer du financement de l'État à hauteur de 300 millions d'euros, "que personne n'a pu voir à l'hôpital (...) Dans un an, la ministre ne sera plus là, et les 300 millions d'euros ?", s'interroge José Navarro, co-président de l'association. Tout en rappelant qu'en douze ans, le déficit cumulé de l'hôpital Tarbes-Lourdes s'élève à 100 millions d'euros.
L'association continue son combat contre ce projet d'hôpital unique qui devrait voir le jour en 2030.