La reprise des frappes entre les Etats-Unis et l'Iran s'est invitée dans les échanges entre dirigeants. Malgré les déclarations parfois explosives et incohérentes de Donald Trump, les Etats membres ont voulu afficher un front commun.
La reprise des frappes entre les Etats-Unis et l'Iran s'est invitée dans les échanges entre dirigeants. Malgré les déclarations parfois explosives et incohérentes de Donald Trump, les Etats membres ont voulu afficher un front commun.
Publié le 09/07/2026 15:23
Temps de lecture : 2min
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et son homologue américain, Donald Trump, se rencontrent en marge du sommet de l'Otan à Ankara (Turquie), le 8 juillet 2026. (SAUL LOEB / AFP)
Un sommet de l'Otan ne parle jamais uniquement de l'Otan. A Ankara (Turquie), les dirigeants des 32 pays membres de l'Alliance atlantique se sont retrouvés, du mardi 7 juillet au mercredi 8 juillet, alors que plusieurs crises se télescopent. La guerre en Ukraine se poursuit, tandis que le Moyen-Orient est replongé dans une nouvelle escalade militaire après des frappes échangées, mercredi, entre les Etats-Unis et l'Iran.
Cette reprise des violences s'est invitée au cœur des discussions entre les alliés. Emmanuel Macron a estimé que "les Iraniens ont eu tort de faire ces frappes", tout en appelant à faire preuve de "sang-froid et de patience". Voici ce qu'il faut retenir de ce sommet.
Malgré les déclarations parfois explosives et incohérentes de Donald Trump en marge du sommet, les Etats membres ont voulu afficher un front commun. Dans leur déclaration finale, ils réaffirment leur engagement "indéfectible" envers l'article 5 du traité de l'Atlantique nord, selon lequel "une attaque contre un allié est une attaque contre tous", rappelle le texte.
Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a lui aussi insisté sur l'"engagement complet" des Etats-Unis au sein de l'organisme, tandis que le chancelier allemand, Friedrich Merz, a estimé repartir d'Ankara avec le sentiment que "l'Otan reste unie, qu'elle devient plus forte et plus européenne". Donald Trump lui-même a finalement adopté un ton bien plus conciliant qu'au début du sommet, allant jusqu'à évoquer "beaucoup d'amour dans la pièce" et "beaucoup d'unité".
L'Ukraine est restée au cœur des discussions. Dans leur déclaration finale, les Alliés réaffirment leur soutien indéfectible au pays en guerre depuis l'agression russe de février 2022, considérant Kiev comme un acteur "contribuant à la sécurité transatlantique".
Mais l'annonce la plus remarquée est venue de Donald Trump, mercredi. Le président américain, a déclaré vouloir autoriser l'Ukraine à concevoir des missiles Patriot sur son territoire. "Nous allons vous donner une licence pour [les] fabriquer", a-t-il lancé à son homologue ukrainien, avant d'ajouter : "De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu'on ne vous en fournit pas assez". Cette perspective accueillie avec prudence par les experts, qui rappellent qu'il faudra plusieurs années avant une production effective, alors que l'Ukraine fait face à des bombardements russes quasi quotidiens.
Avant d'afficher un visage plus rassembleur, le locataire de la Maison Blanche a multiplié les critiques contre plusieurs partenaires de l'Alliance. Au premier jour du sommet, il s'est dit "très en colère contre l'Otan", reprochant notamment à ses alliés de ne pas avoir soutenu les Etats-Unis face à l'Iran.
Il est également revenu sur son ambition de contrôler le Groenland, qu'il juge toujours "très important pour les Etats-Unis", tout en qualifiant l'Espagne de "cause perdue" et en menaçant de "cesser tout échange commercial" avec Madrid en raison de son niveau de dépenses militaires. Ces déclarations ont été relativisées, dans la même journée, par le gouvernement espagnol, qui a assuré accueillir "avec calme" cette annonce et vouloir préserver des relations "très positives" avec Washington.