Les projets architecturaux de l’actuel président américain mêlent toujours célébration patriotique, vision idéalisée de l’Antiquité et ambition personnelle. ...
Laisser une trace dans l'Histoire, quel qu'en soit le prix, est l'une des obsessions de Donald Trump. Une volonté qui se concrétise notamment via les projets architecturaux qu'il commandite. Pas de demi-mesure : telle semble être la devise du président états-unien en la matière. Cela se vérifie dans sa façon de s'exprimer, bien entendu, mais aussi dans les projets qu'il entreprend et qu'il défend.
Sous son égide, l'architecture s'affirme comme un outil de propagande mais aussi de glorification personnelle. Ainsi de l'arc de triomphe qu'il veut ériger à Washington. Hommage aux Pères fondateurs ou instrument à sa propre gloire ? La question mérite d'être posée. Car il s'agit bien, à travers ce nouveau monument, d'affirmer sa propre puissance, comme le prouvent les immenses bannières à son effigie qui ornent déjà de nombreux monuments à Washington DC.
L'arc de Triomphe que Trump espère construire à l'extérieur du cimetière national d'Arlington, en Virginie, est l'un des nombreux projets de construction menés par le milliardaire pour laisser son empreinte dans l'Histoire.
Le projet a été présenté, le 15 avril dernier, à la fin du point presse organisé à la Maison Blanche. Un arc de triomphe comme à Paris, "mais en plus grand" (sic), un édifice en marbre blanc et dorures que l'administration Trump veut construire en face du Lincoln Memorial, sur les rives du fleuve Potomac.
Coût estimé du projet conçu par le bureau Harrison Design : 100 millions de dollars. La hauteur, elle-même, est symbolique : 76 mètres, statues comprises, contre 50 mètres pour le monument parisien, ce qui représente exactement 250 pieds dans l'unité de mesure anglo-saxonne, une façon de saluer le 250e anniversaire de l'Indépendance des États-Unis.
Le Républicain affirme que cette arche sera "la plus grande au monde". Un projet pour lequel, une fois de plus, Trump n'a pas demandé l'autorisation du Congrès américain et qui est d'ailleurs contesté par une association d'anciens combattants. Son installation à Memorial Circle sur Columbia Island, au croisement des grands lieux de mémoire nationale, boucherait en effet la perspective vers le cimetière d'Arlington.
Le choix de ce type de monument n'est évidemment pas anodin. Apparu dans la Rome antique, l'arc de triomphe avait pour fonction de célébrer les victoires militaires et d'immortaliser la gloire des empereurs. Tout un symbole aux yeux de Donald Trump... Sous prétexte de célébrer le 250e anniversaire de l'Indépendance des États-Unis, le 4 juillet dernier, il s'agit bien, pour lui, d'inscrire durablement son nom dans le paysage de la capitale Washington.
Une affreuse pochette, une critique acerbe de l'ère Trump... Que penser de "Foreign Tongues", la très bonne surprise des Rolling Stones?Cette architecture néoclassique et monumentale veut marquer les esprits et célébrer la grandeur des États-Unis. En convoquant l'imaginaire hérité de la Rome antique, il recourt à un instrument de pouvoir et de propagande "patriotique", le gigantisme visant à affirmer son autorité et sa puissance.
"Le monument sera évidemment plus grand que celui érigé (par Napoléon Ier, NdlR) à Paris", comme le président s'en est lui-même vanté. Ce qui donne une idée exacte de l'ampleur de son ego. On sait que Versailles et la Grèce antique, avec leur marbre et leurs ors, mais aussi le style rococo sont des pôles d'inspiration cruciaux pour Trump en matière d'architecture et de design. Un goût immodéré pour le doré qui rappelle celui du président libyen Mouammar Kadhafi de sinistre mémoire…
Le choix du marbre blanc est censé relier le monument à ce qui se pratiquait dans l'Antiquité. La commission américaine des beaux-arts a toutefois préconisé de lui préférer le granit pour une question de solidité. Cette arche d'une envergure sans précédent, détonnerait avec le reste de la capitale, notent de nombreux urbanistes. Le projet ne sera toutefois pas terminé avant 2028 ou 2029.
Dorures au plafond et architecture néo-classique: la marque de fabrique que Trump veut imposer sur la salle de bal de la Maison-Blanche.Un autre chantier est déjà bien entamé, en revanche : la construction de la fameuse salle de bal de la Maison-Blanche, projet toujours contesté devant les tribunaux. L'aile Est, qui était traditionnellement dévolue à la Première dame, a été détruite en octobre dernier pour pouvoir mener ce projet à bien. Face à la levée de boucliers, l'administration Trump a fait valoir d'autres arguments que celui du divertissement et de l'apparat : la nécessité d'installer du matériel antidrone sur le toit, un abri antibombes en sous-sol, ainsi que des installations militaires ultrasecrètes.
On évoque un coût estimé entre 200 et 400 millions de dollars, en partie financé par des dons privés. En lançant les travaux sans avoir obtenu l'aval des autorités compétentes, Trump a une fois de plus démontré qu'il s'estimait au-dessus des lois.
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