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LVMH, MAIF, Ouest-France : pourquoi ils choisissent désormais Scaleway

Дата публикации: 19-06-2026 08:44:56

Les fournisseurs européens de cloud sont perçus comme des alternatives crédibles mais limitées face aux géants américains. Les entreprises regardaient du côté d’AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud pour leurs projets les plus ambitieux, tandis que les acteurs européens occupaient souvent des rôles secondaires. Cette époque semble progressivement toucher à sa fin. L’annonce d’une nouvelle [...]

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Les fournisseurs européens de cloud sont perçus comme des alternatives crédibles mais limitées face aux géants américains. Les entreprises regardaient du côté d’AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud pour leurs projets les plus ambitieux, tandis que les acteurs européens occupaient souvent des rôles secondaires. Cette époque semble progressivement toucher à sa fin. L’annonce d’une nouvelle vague de contrats remportés par Scaleway auprès d’acteurs aussi différents que LVMH, la MAIF, Ouest-France ou ChapsVision démontre une évolution plus profonde que la simple signature de quelques partenariats commerciaux. Derrière ces accords se dessine une transformation du marché européen du cloud et de l’intelligence artificielle.

Or, dans quels domaines l’Europe souhaite-t-elle conserver le contrôle de ses infrastructures, de ses données et de son avenir technologique ?

Les grands groupes européens changent progressivement d’objectifs.

Les nouveaux clients annoncés par Scaleway appartiennent à des secteurs particulièrement sensibles. L’assurance, le luxe, les médias, la data intelligence ou encore les services critiques manipulent quotidiennement des volumes considérables de données stratégiques. Historiquement, ces entreprises privilégiaient souvent les infrastructures des hyperscalers américains pour leurs capacités techniques et leur avance technologique. Aujourd’hui, le raisonnement évolue, d’autant plus que la maîtrise des données, la prévisibilité des coûts, la conformité réglementaire et les risques liés aux lois extraterritoriales deviennent des critères aussi importants que les performances techniques.

Le choix de groupes comme LVMH ou la MAIF traduit ainsi un changement de paradigme. Le cloud n’est plus seulement une décision informatique. Il devient un sujet de gouvernance et de souveraineté. Pour les directions générales, la question n’est plus simplement de trouver la plateforme la plus performante, mais celle qui garantit la plus grande liberté stratégique sur le long terme.

La souveraineté numérique quitte le terrain politique.

Depuis plusieurs années, le concept de souveraineté numérique occupe les discours des responsables politiques européens. Pourtant, cette ambition s’est longtemps heurtée à une réalité économique simple : les solutions américaines dominaient largement le marché, mais ce qui change aujourd’hui, c’est que des entreprises privées commencent à intégrer cette réflexion dans leurs décisions opérationnelles. L’adoption croissante de plateformes européennes montre que la souveraineté n’est plus seulement une affaire d’États ou de régulateurs. Elle devient une préoccupation concrète pour les entreprises elles-mêmes ; évolution particulièrement visible dans les projets d’intelligence artificielle.

Les modèles IA nécessitent des infrastructures massives, une capacité de calcul importante et des données parfois sensibles. Confier ces ressources à des acteurs soumis à des juridictions étrangères peut représenter un risque que certaines organisations ne souhaitent plus prendre.

L’intelligence artificielle devient le nouveau champ de bataille.

Le véritable enjeu derrière cette annonce dépasse largement le cloud traditionnel. Scaleway cherche désormais à s’imposer comme un acteur majeur de l’intelligence artificielle européenne. Les projets annoncés couvrent toute la chaîne de valeur : infrastructures cloud, inférence IA, processeurs spécialisés, modèles open source, recherche publique et même informatique quantique.

Cette approche nécessite d’avoir une vision globale, alors que l’Europe accuse encore un retard important dans les modèles de fondation face aux géants américains et chinois. En revanche, elle peut encore construire un écosystème complet capable d’héberger, déployer et exploiter ces technologies. L’alliance avec VSORA, ZML et la Région Île-de-France illustre parfaitement cette ambition. L’objectif n’est pas uniquement de développer une technologie supplémentaire. Il s’agit de créer une filière européenne capable de maîtriser l’ensemble des briques nécessaires à l’intelligence artificielle moderne.

Le modèle public-privé européen commence à produire des résultats.

L’un des aspects les plus intéressants de cette annonce concerne la collaboration entre recherche publique et industrie. Pendant longtemps, l’Europe a été critiquée pour son incapacité à transformer ses excellents travaux de recherche en applications industrielles. Le partenariat entre Scaleway, le CNRS et GENCI cherche précisément à résoudre ce problème.

Le cas du projet Sillon développé pour la RATP constitue un exemple concret de cette logique. Le modèle a été entraîné sur les infrastructures publiques françaises avant d’être déployé à grande échelle sur une plateforme cloud européenne. Ce continuum permet de raccourcir considérablement le passage entre expérimentation scientifique et mise en production. C’est précisément ce type de passerelle qui manque encore souvent à l’écosystème européen.

Une réponse indirecte à la domination américaine.

Derrière chaque annonce de Scaleway se cache une réalité géopolitique de plus en plus visible. Le marché mondial du cloud reste dominé par trois acteurs américains qui contrôlent une part considérable des infrastructures numériques mondiales, ce qui créé des dépendances technologiques importantes.

Les entreprises européennes s’interrogent désormais sur les conséquences potentielles de cette situation dans un contexte international plus incertain et la question n’est pas uniquement juridique mais concerne également la continuité de service, la maîtrise des coûts, l’accès aux technologies critiques et la capacité d’innover librement. Pour de nombreuses organisations, disposer d’une alternative européenne robuste devient progressivement un élément de résilience.

Le pari du quantique complète la stratégie.

L’autre annonce importante concerne le calcul quantique. En intégrant progressivement les technologies développées par Quobly à sa plateforme, Scaleway cherche à anticiper la prochaine révolution informatique. Le quantique reste aujourd’hui un marché émergent, encore largement expérimental. Pourtant, les investissements se multiplient partout dans le monde. En agrégeant plusieurs technologies européennes au sein d’une même plateforme, Scaleway tente de reproduire dans le quantique ce qu’il construit déjà dans l’intelligence artificielle : un écosystème ouvert, diversifié et européen. L’objectif est clair. Être prêt lorsque les usages industriels du calcul quantique deviendront une réalité.

Une transformation concrète pour les entreprises européennes.

Pour les entreprises clientes, l’intérêt va bien au-delà d’un simple changement de fournisseur et cette dynamique ouvre de nouvelles possibilités. Les organisations peuvent désormais envisager des projets critiques sur des infrastructures européennes sans nécessairement sacrifier les performances ou les capacités d’innovation. La multiplication des partenariats montre également que l’effet réseau commence à jouer. Plus les grands comptes migrent vers des solutions européennes, plus l’écosystème se renforce et attire de nouveaux acteurs. On entre dans une logique d’accélération de la croissance du cloud européen dans les prochaines années.

Une étape décisive mais pas encore une victoire.

Pour autant, il serait prématuré de considérer que le match est gagné. AWS, Microsoft Azure et Google Cloud disposent encore d’une avance considérable en matière de parts de marché, de ressources financières et d’écosystème mondial. Scaleway et les autres acteurs européens devront démontrer qu’ils peuvent maintenir leur compétitivité sur la durée. La véritable bataille se jouera probablement autour de l’intelligence artificielle générative, de l’inférence à grande échelle et des futurs services quantiques. C’est sur ces terrains que l’Europe devra prouver qu’elle peut non seulement proposer des alternatives crédibles, mais aussi innover à son propre rythme.

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