Le Conseil d’État a confirmé définitivement la légalité du chantier de l’A69. Martial Gerlinger, le directeur d’Atosca, le concessionnaire de cette autoroute entre Castres et Toulouse, revient sur ces trois années de...
l'essentiel Le Conseil d’État a confirmé définitivement la légalité du chantier de l’A69. Martial Gerlinger, le directeur d’Atosca, le concessionnaire de cette autoroute entre Castres et Toulouse, revient sur ces trois années de feuilleton juridique et de gestion des opposants.
Le Conseil d'État vient de valider définitivement le chantier de l'A69. Vous êtes soulagé ?
On était quand même plutôt sereins. Effectivement, c'est maintenant la conclusion d'un processus administratif qui confirme la légalité, mais aussi le sérieux des études environnementales. Maintenant, notre priorité, c'est bien d'achever le chantier de ce projet attendu par le territoire. Il reste pas mal de choses à faire. Aujourd'hui, on est toujours sur un timing de livraison le 15 octobre. On s'est organisés pour y arriver. On est dans une phase de cadence soutenue où ça déroule.
Comment avez-vous vécu ce feuilleton juridique, les manifestations des opposants, les ZAD... ?
Nous pensons avoir fait le boulot avec les équipes pour répondre à un projet structurant nécessaire pour ce territoire. Le soutien des élus, du monde économique, des riverains nous a fortifiés pour avancer quelles que soient les difficultés. Elles ont été nombreuses, plus importantes que ce qu'on avait escompté. À commencer par des stratégies de communication à l'excès, avec des informations erronées. Et on a eu ensuite ces attaques physiques sur le terrain. On avait des gens qui montaient sur les machines, avec des risques insensés. La nécessité d'avoir des forces de l'ordre plus nombreuses que les ouvriers. On intervenait quasiment comme sur un champ de guerre. Il y a eu des incivilités, des vols, des incendies d'ouvrages... Et puis ce qui m'a fait le plus mal, ce sont les agressions du personnel. Tout a été disproportionné, déraisonnable et inadmissible. À côté de ça, on a subi la pression juridique, où on a vécu toutes les procédures possibles. Le recours au tribunal administratif, qui est le seul qu'on ait perdu au final, est celui qui a eu le plus d'incidence avec cet arrêt de trois mois, qui a faussé totalement le chantier, avec un décalage de mise en service de neuf mois et demi.
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Vous avez été indemnisé par l'État à hauteur de 79 millions d'euros pour cet arrêt forcé ?
Cela compense tout juste les surcoûts. Certains opposants disent que c'est scandaleux que l'État donne de l'argent. Mais c'est la faute à qui ?
"Maintenant, notre priorité, c'est bien d'achever le chantier de ce projet attendu par le territoire" explique Martial Gerlinger.
Atosca
Vous avez été épinglé pour des emprises illégales ?
On a fait le boulot pour régulariser les emprises complémentaires. Toutes les emprises sont sur un foncier 100 % propriété d’Atosca. On n'a jamais débordé sur des terrains privés qui n'étaient pas les nôtres. C'étaient simplement des ajustements habituels sur une infrastructure de ce type-là. Les débordements d'emprise n'ont pas eu lieu en ne tenant pas compte de l'environnement. Tout ça a été inventorié, les études d'impact ont été faites. C'est majoritairement des emprises provisoires, qui ne servent que pour le chantier et qui vont revenir à l'agriculture ou à la nature après. Au final, l’emprise définitive de l’autoroute sera plus faible que l’emprise prévue dans l’autorisation environnementale. C'est toujours facile de refaire l'histoire, mais il faut se remettre dans le contexte de chacune des étapes de ce qu'on a vécues. Ce sont des situations compliquées. Je pense qu'il faut regarder l'histoire comme un tout, le projet comme un tout, et les difficultés qu'on a vécues comme un tout. Et on a essayé à chaque fois de faire au mieux, dans les configurations où on était.
Donc pas de regret ?
Je n'ai pas de regrets par rapport à ça. J'ai un regret par rapport à la situation compliquée qu'on a vécue qui a fait que les choses étaient faites dans cet enchaînement. Je n'avais qu'un seul but, livrer l'autoroute correctement. Et répondre aux enjeux du territoire et aux enjeux environnementaux. Au final, quand on regarde ce chantier, on n'a pas eu d'impact cumulé négatif grâce à l’important programme de mesures compensatoires en cours de réalisation. C'est ça le plus important. Je ne plante pas juste deux arbres comme on le faisait il y a trente ans pour faire semblant.
Il y a aussi eu cette histoire de commando visant des opposants en août 2024...
On a été heurtés et blessés qu'Atosca soit associé à tort à cette affaire. J'ai toujours condamné toutes les violences.
"On a fait le boulot" estime Martial Gerlinger.
DDM - LAURENT DARD
Pensez-vous que ces rebondissements permanents ont nui à l'image de votre entreprise et de l'A69 ?
Non, je ne crois pas. Je crois que les gens ont compris qu'il n'y avait que de l'excès dans tout ça et toutes les difficultés qu'on a vécues. Et surtout, cette autoroute sera utile. Quand elle sera en service, cela va tout balayer.
Savez-vous quels seront précisément les tarifs des péages ?
Tous les tarifs annoncés étaient au moment du contrat en 2021. Il faut intégrer l'inflation. Et il y a eu des discussions entre l'État et les collectivités avec des ajustements de tarifs sur les deux sections centrales. L'un dans l'autre, les tarifs seront tout à fait raisonnables. Avec des abonnements très favorables. Je ne suis pas inquiet, l'autoroute sera utilisée.