Renaud et Johnny ont toujours été potes. Toutefois, du vivant du rockeur, une bisbille est née entre les deux.
Renaud et Johnny Hallyday sont deux artistes bien différents. Pourtant, les deux chanteurs, malgré leurs styles respectifs, étaient très potes avant la mort du rockeur en 2017. Néanmoins, comme dans une vraie amitié, pure et dure, il existe des points de désaccord. La politique, par exemple, du côté des deux larrons en foire. Notamment lorsque Johnny a affiché son amitié à Nicolas Sarkozy. Pour Renaud, à l’époque, c’est la goutte d’eau… de trop.
Renaud devient le porte-étendard de la génération anar’ dans les années 70-80En un sens, Renaud a énormément chamboulé la chanson française à son époque. Avec son langage de la rue, son look de loubard, ses idées révolutionnaires, il a bousculé toute une génération de chanteurs à papa. On peut aisément affirmer aussi, de nos jours, qu’il a influencé quelques rappeurs bien de chez nous, à l’image d’un Seth Gueko. Renaud, en maniant la langue française comme personne, la tordant même, a dépoussiéré le genre.
Il faut bien recontextualiser que, à seulement 16 piges, ce fils de bonne famille a rué dans les brancards lors des événements de mai 68. Son image de ‘barlou’, pour manier le verlan qui lui était si cher à ce moment-là, au cœur tendre le propulse au sommet. Il devient même le porte-étendard de la génération anar’ dans les années 70 et 80. Très proche de Coluche, celui-ci perdra une partie de lui-même après sa mort dans un tragique accident.
L’artiste, après une traversée du désert, renaît de ses cendres avec Axelle RedCar Coluche, alors au sommet de sa gloire, se tue en moto. Traumatisme brutal pour Renaud qui lui dédiera la chanson Putain de camion deux ans plus tard. Néanmoins, ce n’est que plus tard que le chanteur connaît une violente traversée du désert. Emmuré dans la solitude et aspiré par les addictions -l’alcool-, Renaud sombre dans la dépression. Ce mal-être insidieux et persistant l’empêche toute créativité pendant longtemps.
Ainsi, il faut attendre 2002 pour que Renaud renaisse de ses cendres. Avec un duo relativement inattendu, Manhattan-Kaboul, au côté de la chanteuse Axelle Red. Ce tube, sur fond d’attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, est un carton monumental. En plus de remettre sur les rails l’artiste qui était en perdition totale. Boucan d’enfer, son 13ème album studio sorti cette année-là se vend à plus de 2 millions d'exemplaires...
Renaud très cash sur son pote Johnny Hallyday et ses accointances sarkozystesEn plus de glaner pas moins de trois Victoires de la musique en 2003. Boucan d’enfer marque la résurrection totale, à la fois artistique, médiatique mais aussi personnelle de Renaud. On le voit de nouveau partout, à la téloche et en concerts, ses nouveaux tubes tournent en boucle sur les ondes radios. Il retrouve son mojo, donc, mais aussi son féroce appétit politique.
La preuve ? Ce passage chez Laurent Ruquier dans On n’est pas couché en 2006. Là, Renaud, très en forme, allume son pote de toujours, Johnny : “Il a dit que je n’avais pas d’idées, et que je ne savais même pas pour qui je votais.” Ruquier remet une pièce dans la machine : “Vous avez dit, il n’est ni de droite, ni de gauche, il est là où on le pose.”
Le chanteur relance : “[...] moi, ça me fait pisser de rire un mec qui soutient un candidat qui a dit ‘La France aimez-la ou quittez-la’. Il y a six mois, Johnny, il voulait quitter la France parce qu'il n'aimait plus, il voulait être Belge. Il pourrait être plus facilement Monégasque.” Ici, Renaud souligne l’exil controversé du rockeur en Belgique à l’époque. Un an après, Sarkozy, lui, est élu président de la République française.