Acteur, humoriste et cinéaste, Albert Dupontel n’est pas seulement l’interprète de Bernie. C’est aussi et surtout un artiste engagé.
S’il y a quelque chose qu’Albert Dupontel connaît, c’est bien la satire. L’acteur-réalisateur a passé toute sa carrière à croquer le trop-sérieux dans ses films. Artiste engagé, l’auteur d’Enfermés dehors n’a jamais caché son discours politique dans ses entretiens avec la presse. Pas étonnant, donc, que son cinéma soit totalement irrigué de ses prises de position à l’image d’Adieu les cons. Il a son idée bien à lui concernant les manifs et le système.
Albert Dupontel, de sa carrière dans la médecine au stand-up sur les planchesJeune, Albert Dupontel, fils d’un médecin et d’une dentiste, est censé emboîter le pas de ses parents. À l’arrivée, il quitte médecine en cinquième année pour se consacrer au théâtre. Car, chez lui, l’appel de la scène est plus fort que tout. Rapidement, il se tourne vers le one-man-show, maniant un humour noir rappelant celui de Pierre Desproges. Toutefois, avec un soupçon d’agressivité contrôlée. La suite on la connaît, il se fait un nom…
Entretemps, le taulier Patrick Sébastien le repère en 1990. Celui-ci lui donne sa chance dans une de ses émissions de divertissement. Un tremplin pour Dupontel à l’époque. Deux ans après, l’humoriste pète son plafond de verre avec son spectacle intitulé Sale histoire. Et une tripotée de sketchs devenus cultes depuis : Le Bac, Rambo ou encore Le Pilote. Néanmoins, le grand écran le titille pas mal, déjà, à ce moment-là.
Albert Dupontel : son ascension dingue au cinéma en tant que réalisateur-acteurAinsi, en 1996, il saute le pas de la réalisation avec Bernie. Premier film dans lequel il condense tout l’ADN de l’humour qu’il a amené jusqu’ici. Bernie, le héros qu’il interprète lui-même à l’écran, est un paria de la société, sorte de Mr. Bean en plus trash mais tout aussi attachant. Là, on découvre l’attachement de l’auteur pour les invisibles -ou invisibilisés- de notre société moderne. Dupontel, lui, dévoile un peu plus son engagement.
En marge d’un cinéma populaire, Albert Dupontel tisse la toile de son cinéma matinée d’humour à la Monty Python et de satire sociale façon néo-réalisme italien. Tout en gardant ses chevaux de bataille bien de chez nous : la pauvreté, l’exclusion, la marginalité, l’injustice sociale. Enfermés dehors, 9 mois ferme, Adieu les cons ou plus récemment Second Tour démontrent que le cinéma de Dupontel est avant tout politique. Et, in fine, très humaniste.
L’acteur-réalisateur de Bernie en révolte permanente contre un système écrasantPas étonnant donc que l’acteur du choc cannois Irréversible, en 2002, prenant de temps en temps la parole pour balancer quelques parpaings dans la grande mare du showbiz. Comme en 2021, lors de la tournée promo d’Adieu les cons. Œuvre qui s’en prend à l’administration mille-feuille avec la star Virginie Efira en premier rôle. Dupontel, acteur-réalisateur et artiste engagé, évoque cash le système mais aussi les manifs.
“[...] Et il se trouve que, de temps en temps, il y a des actes commis par les policiers dans ces déviances.”, raconte Dupontel au Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). “Alors qu’à d’autres moments, ces mêmes policiers font des choses extraordinaires. D’ailleurs, quand je vois des manifestants qui affrontent des CRS, je vois des pauvres qui se battent avec d’autres pauvres pour protéger un système bien plus puissant, égoïste, cupide et suicidaire puisqu’il est en train de faire fondre la planète.” Voilà qui est dit.