La manifestation prévue ce samedi 24 octobre a été annulée par la préfecture mais les commerçants, échaudés par les scènes de pillage et de vandalisme en marge de la manifestion de samedi dernier, craignent des...
La manifestation prévue ce samedi 24 octobre a été annulée par la préfecture mais les commerçants, échaudés par les scènes de pillage et de vandalisme en marge de la manifestion de samedi dernier, craignent des violences et se barricadent.
"Fermeture exceptionnelle ce samedi 24 octobre"… Dans les rues du centre-ville, plusieurs magasins ont annoncé la couleur ce samedi matin en posant une affichette sur leur porte close. D’autres ont occulté les vitrines avec du papier opaque. Rue du Général-Perrier, les plus inquiets, les plus équipés, ont barricadé les devantures avec de grandes plaques de bois.
Drôle d’ambiance en ville ! "C’est la guerre !", lance la gérante du magasin de prêt-à-porter Anatolia où des ouvriers finissent à la hâte de poser le contreplaqué devant les vitrines ce samedi en fin de matinée.
Dans les rues piétonnes, des magasins ont préféré rester fermés ce samedi.
Tom SERRANO
"La semaine dernière, on a fait partir environ 200 casseurs qui rôdaient autour de la boutique, raconte Emré Mentese le propriétaire du commerce. Alors que des clients leur ont dit que le magasin était ciblé dans des boucles Tiktok, que des jeunes sont venus narguer les vendeurs sur le mode "Vous êtes prêts ? On revient samedi…", Anatolia, comme ses collègues commerçants de la rue, s’attend au pire et s’est organisé : "On s’est armé avec matraques, lacrymos et autres et on postera une quinzaine de personnes devant le magasin ". Mais Emré Mentese se désole de la situation : "On a autre chose à faire que de dormir dans le magasin pour surveiller. J’en suis déjà à 5 000 € de frais pour me protéger". Il a prévu de fermer à 15 h, " on ne prendra pas de risque pour les salariés".
À côté, Jean, le gérant de l’Opticien de la Maison Carrée, est équipée : "On a de grosses grilles blindées. On baissera dès que ça va chauffer. Mon associé a quatre magasins à Paris, ils ont été tous pillés samedi dernier". Mais une boutique fermée un samedi, c’est du chiffre d’affaires qui s’envole… "On a déjà perdu 30 % de chiffre d’affaires, peste-t-il. On paye des impôts pour être protégé".
Des magasins vidés de leurs marchandisesPlus bas dans la rue Crémieux, Foot Korner, dévalisé la semaine dernière, Foot Locker et Sephora sont barricadés, Green Corner et les opticiens Acuitis et la Binocle nîmoise, ont carrément vidé leurs magasins. "On a enlevé mille paires de lunettes, glisse-t-on chez Acuitis. "On est sur le pied de guerre et on s’est armé pour dissuader. C’est quand même pas normal qu’il n’y ait pas de CRS à Nîmes."
À la Binocle nîmoise aussi, on se postera devant pour défendre des vitrines… vides ! "Mettre des panneaux sur quatre fenêtres, ça coûte 4 000 €, les prix ont flambé, on ne peut pas suivre."
"S’il n’y a pas de manifestation, les policiers seront plus disponibles pour nous protéger mais cette situation,'est pas normale, il faut que ça cesse !"