Les élections législatives anticipées de dimanche en Serbie constituent le point d'orgue du mouvement étudiant débuté en novembre 2024 après l'effondrement d'un auvent de la gare de Novi Sad. Retour sur les moments clés qui ont transformé des manifestations anticorruption en force électorale.
Les élections législatives anticipées de dimanche en Serbie constituent le point d'orgue du mouvement étudiant débuté en novembre 2024 après l'effondrement d'un auvent de la gare de Novi Sad. Retour sur les moments clés qui ont transformé des manifestations anticorruption en force électorale.
Avec les élections législatives anticipées de dimanche, Aleksandar Vučić, dont le parti est au pouvoir depuis plus de 14 ans, est plus que jamais en danger.
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Tout a commencé le 1er novembre 2024, peu avant midi, l'auvent en béton à l'entrée de la gare de Novi Sad, deuxième ville de Serbie, s'effondre. Quatorze personnes sont tuées sur le coup, deux autres décéderont à l'hôpital.
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La tragédie provoque un immense élan de compassion et des questions sur la rénovation de la gare, chiffrée à plusieurs millions d'euros.
Deux jours plus tard, des milliers de manifestants se rassemblent pour la première fois à Belgrade. Portant des pancartes frappées d'une empreinte de main ensanglantée, qui devient le symbole du mouvement, ils proclament que "la corruption tue". Le ministre de la Construction, Goran Vesic, démissionne, mais les manifestants pointent une responsabilité plus large et exigent la publication des documents de rénovation.
Fin novembre, une attaque contre une veillée silencieuse, attribuée selon les témoignages à des membres locaux du Parti progressiste serbe (SNS), la formation conservatrice du président Aleksandar Vučić, pousse les organisateurs étudiants à bloquer une faculté de l'université de Belgrade.
Cette action galvanise le mouvement de protestation: à la fin de l'année, les étudiants bloquent la quasi-totalité des universités et prennent la tête de rassemblements à l'échelle nationale.
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Effondrement du gouvernementAleksandar Vučić promet la transparence, mais les manifestations s'amplifient. Alors que les étudiants mènent des blocages routiers quotidiens, les signalements d'attaques contre les manifestants se multiplient. Dans l'un des cas les plus graves, des hommes liés au SNS auraient frappé des étudiants avec des battes de baseball, envoyant une femme à l'hôpital.
Le Premier ministre Miloš Vučević démissionne en janvier 2025. Aleksandar Vučić nomme rapidement un gouvernement remanié et un nouveau Premier ministre. Alors que les manifestations se poursuivent, ses partisans commencent à installer un campement devant le bâtiment de la présidence.
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Des tentes blanches, entourées par la police et des barricades, s'étendent bientôt sur un parc et bloquent une grande artère près du bâtiment du Parlement à Belgrade, où elles resteront des mois durant.
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Le 15 mars 2025, quelque 300'000 personnes se rassemblent à Belgrade, l'une des plus grandes manifestations en Serbie depuis des décennies. Un bruit mystérieux fait fuir les manifestants: la police est accusée d'avoir utilisé un "canon sonore", ce que les autorités démentent.
En mai, les revendications des étudiants s'élargissent pour inclure des élections anticipées. Aleksandar Vučić, qui accuse les manifestants d'être des conspirateurs financés par l'étranger, mobilise de plus en plus des contre-rassemblements.
En août 2025, les protestations dégénèrent en violences dans plusieurs villes lorsque des hommes masqués tirent des feux d'artifice et lancent des projectiles sur des manifestants étudiants, déclenchant une série de heurts entre les deux groupes et la police.
Des locaux du SNS sont endommagés dans plusieurs villes. La police arrête des dizaines de personnes, suscitant des accusations de brutalités de la part des manifestants.
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En novembre 2025, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent pour le premier anniversaire de la tragédie à Novi Sad. Un mois plus tard, la liste électorale soutenue par les étudiants recueille près de 400'000 signatures, tandis que le mouvement se prépare à un éventuel scrutin anticipé.
Le 9 septembre 2026, après des mois de promesses d'élections anticipées, Aleksandar Vučić dissout le Parlement et fixe le vote au 25 octobre. Cinq jours plus tard, le mouvement étudiant dépose sa liste électorale et entre officiellement dans la course face au SNS.
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Le 27 septembre, Aleksandar Vučić démissionne de la présidence pour briguer un retour au poste de Premier ministre. Élu président en 2017, réélu en 2022, il écourte son deuxième mandat pour diriger la campagne de son parti.
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afp/asch