Inspiré de la France et entamé à Liège, le mouvement de protestation des élèves de la FWB à l'encontre du gouvernement se répand désormais dans de nombreux autres endroits. ...
Ce lundi 5 octobre marque la journée mondiale des enseignants. Malgré le grand ciel bleu, l'heure n'était pas à la fête mais plutôt à la contestation. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs centaines d'élèves liégeois se sont ainsi rassemblés devant leurs établissements pour manifester contre les mesures du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En marge des rassemblements plus pacifiques, des petits groupes ont lancé des pétards et des œufs. À Chênée et Herstal, le feu a été bouté à des trottinettes et à des poubelles. 16 interpellations administratives ont eu lieu en région liégeoise, parmi lesquelles figureraient notamment des jeunes français. Toujours selon la police, quinze élèves ont également été blessés par un engin pyrotechnique lancé dans une école fondamentale à Hannut.
Le mouvement de protestation qui touche les écoles belges est de fait largement inspiré de celui qui se déroule actuellement dans les lycées français. Si la région liégeoise s'est rapidement et massivement mobilisée, les appels aux rassemblements continuent à se multiplier ces derniers jours dans le reste de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Dans la capitale, les élèves de l'Athénée Charles Janssens à Ixelles ont notamment bloqué l'entrée de leur école ce matin. Ils préviennent que le mouvement devrait se poursuivre toute la semaine.
À Mons, les élèves de plusieurs établissements scolaires ont aussi manifesté leur colère, notamment autour des Instituts Saint-Luc. Comme le rapportent nos confrères de la DH, plusieurs interventions des pompiers ont dû avoir lieu pour des départs de feu. La police, elle, évoque quelques arrestations. La fin de la matinée a toutefois sonné le retour au calme. Seules quelques traces d'objets brûlés subsistant au sol dans les ruelles adjacentes aux Instituts Saint-Luc laissent désormais deviner le déroulement des heures précédentes.
"On est là pour nos profs" : les écoles liégeoises bloquées par des élèves, la police dénonce des jets de projectiles et des dégradations (VIDÉO)Des mesures du Fédéral aussi cibléesAssis contre la façade principale du bâtiment des Instituts Saint-Luc, un petit groupe d'élèves profite de la pause du midi, avant de retourner en cours. Parmi eux figure Elena, étudiante en troisième secondaire dans un établissement de l'enseignement qualifiant montois. "J'ai participé à la manifestation de ce matin. On a fait toutes les écoles de Mons puis on a été jusqu'à la gare. On était plusieurs centaines", assure-t-elle. Interrogée sur ses motivations, l'adolescente avoue que la portée de ses revendications ne s'arrête pas au gouvernement de la FWB mais touche aussi aux mesures de l'Arizona : "on manifeste contre l'augmentation du prix des billets des bus Letec, pour l'école et les professeurs, contre le prix de l'essence, …", liste-t-elle. "On a par exemple beaucoup d'heures d'étude parce que les professeurs qui sont absents ne sont pas remplacés", rajoute sa camarade Stacy, 18 ans.
Les deux jeunes filles affirment avoir contribué à l'organisation du rassemblement en créant un groupe Snapchat pour appeler à la mobilisation. "Des gens sont alors venus et on s'est donné rendez-vous au parc du Waux-Hall (en face des Instituts Saint-Luc, NdlR.), puis ça a démarré", racontent-elles. En ce qui concerne la suite des évènements, Elena et Stacy semblent motivées. "On compte manifester jusqu'à ce qu'ils (le gouvernement, NdlR.) comprennent ! En tout cas, on recommencera déjà demain", lancent-elles.
Des mesures de précautionCes derniers jours, de nouvelles invitations à manifester circulent un peu partout en Fédération Wallonie-Bruxelles sur les réseaux sociaux. Si de nombreux mouvements se déroulent dans le calme, les débordements violents constatés par endroits effraient certaines directions. Plusieurs d'entre elles ont alors décidé de communiquer largement au sujet de la situation aux élèves et à leurs parents et de prendre des mesures afin de limiter les actions. "Dans notre école à Enghien, il y avait la police, les éducateurs et le préfet d'établissement aux entrées qui vérifiaient qu'aucun rassemblement n'était organisé. Les élèves sont confinés dans l'école, notamment sur le temps de midi alors qu'aucune manifestation n'était annoncée à Enghien… Même les professeurs ont réagi ce matin face à la disproportion de ces mesures", nous confie une source sous couvert d'anonymat.
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