Ce mercredi 21 octobre 2026, un homme de 41 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour répondre de "soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la...
Ce mercredi 21 octobre 2026, un homme de 41 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour répondre de "soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité et l’éducation de son enfant", ainsi que "d’usage illicite de stupéfiants". Les faits reprochés remontent au samedi 12 septembre à Carcassonne.
Né à Nancy et âgé de 41 ans, Julien est spécialisé dans la chirurgie de l’épaule, de la hanche et du genou. Exerçant à Carcassonne (le centre hospitalier nous demande de préciser que le médecin n'exerce pas en son sein), ce chirurgien orthopédiste n’avait jamais eu affaire à la justice… Jusqu’à ce mercredi 21 octobre 2026, où il a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre de "soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité et l’éducation de son enfant", ainsi que "d’usage illicite de stupéfiants". Ces faits remontent à la nuit du samedi 12 septembre, à Carcassonne.
Un taux de 2,10 g d’alcoolAu cours de cette nuit-là, c’est à 1 h 10 que le prévenu a été interpellé à la cité La Conte. Sur place, les policiers ont alors constaté que celui-ci sentait fortement l’alcool. Il présentait un taux de 1,05 mg par litre d’air expiré dans l’éthylomètre (soit 2,10 g d’alcool dans le sang, NDLR). Une canette de bière était posée sur le toit de la voiture, dans laquelle se trouvait un enfant de 2 ans endormi dans son siège auto, avec du sang séché autour de la bouche et au niveau du nez. Il sera pris en charge par les pompiers, et évacué vers les urgences du centre hospitalier. Des lésions d’origine traumatique y seront constatées, et une ITT d’un jour délivrée. Dans le véhicule Smart, ce sont aussi quatre pochons de cocaïne qui seront découverts.
Devant le tribunal, le prévenu a indiqué avoir récupéré son fils à la crèche vers 17 heures le vendredi 11 septembre. Puis l’avoir amené dans un parc pour enfants. C’est là que le petit garçon s’est blessé sur une zone de jeu avec un toboggan, pourtant interdit aux moins de 3 ans : "On est ensuite allé faire des courses avant de rentrer. En préparant à manger, j’ai ensuite pris un verre de vin, puis un second à table. Après, je ne me souviens plus avoir quitté le domicile. J’avais pris du Xanax. Coupé à l’alcool, je ne me suis pas dit que j’allais avoir un trouble du comportement… Par la suite, je sais que j’ai consommé plusieurs bières (des 8/6, NDLR) sur les lieux de mon interpellation. Je reconnais avoir eu un manquement ce soir-là. Ce qui s’est passé est anormal. Je reconnais que c’est grave !"
Ma cliente n’est pas là pour l’accabler, mais pour protéger son fils
Sur une vidéo issue du système de protection du domicile du prévenu, on le voit ainsi partir de chez lui à 23 h 30 en voiture, après avoir eu des difficultés à installer son fils dans le siège auto. "Viens, on va acheter de la drogue", l’entend-on dire tout en titubant. Aux intérêts de la mère de l’enfant, Me Charlotte Deloffre (barreau de Carcassonne) a relevé "une forme de déni chez le prévenu, qui a une mémoire sélective dans ses explications. Il était tellement alcoolisé, qu’il ne s’est pas rendu compte que le nez de son fils saignait. Quand il a été interpellé, la couche de l’enfant n’avait toujours pas été changée depuis la crèche. Ma cliente n’est pas là pour l’accabler, mais pour protéger son fils. Une procédure est d’ailleurs en cours devant le juge des affaires familiales".
Au ministère public, le substitut du procureur Guillaume Reininger a souligné que "plusieurs décisions prises par le prévenu ce soir-là ont directement exposé l’enfant au danger. Heureusement qu’il y a eu cet appel d’un tiers aux policiers pour signaler la présence de cet enfant ensanglanté et inconscient dans la voiture…" La peine de dix mois de prison sera ainsi requise, ainsi qu’une amende de 6 000 €. Pour la défense, Me Hajer Ferchichi (barreau de Paris) a plaidé "la relaxe pour l’usage de stupéfiants", au regard des déclarations de son client disant ne pas se souvenir d’en avoir consommé le soir des faits. Au sujet de l’enfant : "la faute pénale doit consister en un fait établi. Moi, j’ai le sentiment qu’il était tout à fait capable de s’occuper de son fils, cette nuit-là… On est sur une erreur de parcours !" À l’issue de son délibéré, le tribunal a finalement condamné le prévenu à huit mois de prison avec sursis : "Nous avons tenu compte de votre prise de conscience sur les faits, et des soins engagés depuis."