Amnistié des délits liés au financement et à l’organisation du référendum illégal de 2017, l’ancien président de la Generalitat peut revenir en Espagne sans risque d’être inquiété. Mais aucune date de retour n’a...
Amnistié des délits liés au financement et à l’organisation du référendum illégal de 2017, l’ancien président de la Generalitat peut revenir en Espagne sans risque d’être inquiété. Mais aucune date de retour n’a encore été avancée alors que des élections législatives se tiennent le 29 novembre 2026.
Et si le retour de Carles Puigdemont en Catalogne était plus un handicap qu’un atout pour la "cause" indépendantiste ? C’est la question que se posent de nombreux observateurs et militants de l’autre côté des Pyrénées depuis l’annonce, le 6 octobre 2026, de l’application de l’amnistie au détournement de fonds publics qui lui est reproché depuis 2017. Le mandat d’arrêt lancé par l’Espagne à son encontre depuis qu’il a fui en Belgique est donc levé.
Le risque d’un retour sans grand impact
Depuis, alors qu’il peut repasser la frontière sans risque d’être inquiété, l’ex-président catalan (2016-2017) fait durer le suspense sur la date de ce retour. Retour attendu par certains, beaucoup moins par d’autres. Son parti politique, Junts, est ainsi partagé entre le bénéfice qu’il peut tirer de "l’événement" et le préjudice alors qu’il interviendrait en pleine campagne électorale pour les législatives anticipées, convoquées par Pedro Sanchez.
Le quotidien El Pais parlait ainsi du "dilemme de Puigdemont" dès le 6 octobre. Autour d'"un retour rapide pour apaiser son parti et le dynamiser durant la campagne électorale ou un report pour éviter le risque d’un retour sans grand impact" ? Car lors des neuf scrutins intervenus depuis 2017, l’absence de Puigdemont était brandie par l’état-major de Junts comme un "handicap majeur". En 2024, il avait donc fait campagne depuis les Pyrénées-Orientales mais avait échoué, avec son parti, à reconquérir la présidence de la Generalitat. Puigdemont, qui avait alors annoncé qu’il se retirerait de la vie politique en cas d’échec, a vu plus de 200 000 voix le séparer du socialiste Salvador Illa.
Puigdemont ne reviendrait pas en "président d’un parti mais en président d’un pays"Aujourd’hui, à quelques semaines des législatives anticipées, ce sont les partis de droite et d’extrême droite qui trônent dans les sondages, Junts a été crédité de 1,1 % le 5 octobre dernier, soit zéro siège contre 7 en ce moment. Quel serait alors "l’effet Puigdemont" ? Officiellement, Junts, toujours présidé par son fondateur mais dirigé par Jordi Turull, assure que le retour inversera la tendance. Pourrait-il réellement "rayonner" au-delà de ses troupes ? L’homme ne fait pas l’unanimité dans les rangs indépendantistes, encore moins au-delà.
Depuis le 6 octobre, Turull martèle que le retour de Puigdemont n’aurait rien à voir avec un "calcul électoral" et que l’ancien président catalan ne reviendrait d’ailleurs pas en "président d’un parti mais en président d’un pays" (la Catalogne). Il se garde bien d’évoquer son quelconque rôle dans la campagne pour les élections du 29 novembre, menées pour Junts par sa députée et porte-parole, Miriam Nogueras.