Le diabète de type 1 est une maladie chronique dans laquelle le pancréas ne produit plus suffisamment d’insuline. Les personnes doivent donc s’administrer cette hormone pour réguler la concentration de glucose dans le sang (glycémie). Mais...
Le diabète de type 1 est une maladie chronique dans laquelle le pancréas ne produit plus suffisamment d’insuline. Les personnes doivent donc s’administrer cette hormone pour réguler la concentration de glucose dans le sang (glycémie). Mais l’un des risques du traitement est l’hypoglycémie, qui survient lorsque le taux de sucre devient trop faible. Elle peut provoquer des sueurs, des tremblements, des palpitations, une sensation de faiblesse ou des troubles de la concentration et avoir de graves conséquences voire fatales en cas d’hypoglycémies sévères (convulsion, perte de connaissance, coma, etc.).
Comme toute activité physique, les rapports sexuels peuvent modifier les besoins énergétiques de l’organisme. Certaines personnes diabétiques de type 1 redoutent alors une chute de leur glycémie pendant ou après un moment d’intimité et certains font même part d’une appréhension, voire parfois de l’évitement des relations sexuelles, indiquent les auteurs d’une recherche sur le sujet présentée au dernier congrès européen de diabétologie (EASD, 28/09-02/10/26, Milan). Mais ce risque est-il réel ? Un sujet très peu étudié jusqu’à présent.
110 rapports sexuels analysésPour répondre à cette question, des chercheurs des universités de Varsovie et de Cracovie, en Pologne, ont suivi 12 adultes atteints de DT1, âgés de 21 à 64 ans (âge médian de 36 ans ; administration d’insuline par injections quotidiennes ou par pompe à insuline).
Deux d’entre eux utilisaient un système d’administration automatisée d’insuline. Tous les utilisateurs de pompe ont indiqué avoir retiré leur dispositif pendant les relations sexuelles. Les participants ont consigné pendant trois mois leurs rapports intimes dans l’application de leur capteur de glucose (ce dispositif porté sur eux suit l’évolution du taux de sucre en permanence sur 24h). Puis les données recueillies ont été examinées pendant les deux heures précédant chaque rapport et les six heures suivantes. Au total, 110 rapports sexuels ont été analysés.
Une glycémie qui peut baisser… ou augmenterPremier résultat : aucune hypoglycémie cliniquement significative n’a été observée au cours de l’étude. Néanmoins, les chercheurs se sont rendus compte que la glycémie évoluait différemment selon les rapports.
Dans 58 % des cas, le taux moyen de glucose a diminué de 27 %. À l’inverse, dans 42 % des situations, il a augmenté de 34 % ! De plus, ces deux types de variations ont été observés chez tous les participants. Autrement dit, une même personne pouvait connaître une baisse après un rapport et une hausse lors d’une autre occasion.
Les scientifiques ont alors repéré un indice : le taux de glucose avant l’activité sexuelle semblait jouer un rôle : plus il était élevé, plus la diminution ultérieure pouvait être importante. Et en cas de hausse, celle-ci était moins prononcée lorsque la glycémie initiale était élevée.
Rapports nocturnes, davantage de risque ?Les chercheurs ont également comparé les relations sexuelles survenues le jour et la nuit. Parmi les rapports nocturnes (entre 20 heures et 6 heures), la glycémie moyenne a diminué de 165 à 147 mg/dL. Cette baisse était statistiquement significative, sans pour autant s’accompagner d’hypoglycémie cliniques. En revanche, lors des rapports diurnes, le taux de glucose est demeuré presque identique.
Un autre facteur ressort : l’indice de masse corporelle (IMC), qui semblait aussi influencer les résultats. Les participants ayant un IMC > à 25 kg/m2 présentaient une diminution moyenne de 10,7 %, contre 5,6 % chez ceux dont l’IMC < 25 kg/m2.
En revanche, ni l’ancienneté du diabète, ni le mode d’administration de l’insuline ne semblaient modifier ces évolutions. Des résultats encourageants, à confirmer à plus large échelle.
« Notre étude suggère que les rapports sexuels n’augmentent pas le risque d’hypoglycémie cliniquement significative chez les adultes atteints de diabète de type 1, y compris pendant la nuit », concluaient les auteurs, tout en prenant quelques précautions : « si tout risque d’hypoglycémie chez l’ensemble des patients ne peut être exclu, ces toutes premières données pourraient néanmoins aider les professionnels de santé à aborder plus sereinement la sexualité avec les personnes diabétiques et à répondre à leurs inquiétudes. »
Source : D. Orłowska et al When love meets glucose: CGM-based assessment of hypoglycaemia risk during sexual activity in type 1 diabetes (EASD 2026) présentation 890 (28 September - 2 October 2026, Milan)
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