L’activité de médecine légale au CHU de Nîmes connaît une hausse significative, avec 298 autopsies réalisées au 14 octobre 2026, contre 365 pour toute l’année 2025. Les six médecins légistes, dirigés par le docteur...
L’activité de médecine légale au CHU de Nîmes connaît une hausse significative, avec 298 autopsies réalisées au 14 octobre 2026, contre 365 pour toute l’année 2025. Les six médecins légistes, dirigés par le docteur Mounir Benslima, font face à une charge de travail intense, exacerbée notamment par les affaires criminelles et les accidents de la route mais aussi les réexamens des affaires de violences sexuelles.
Exponentielle ? L’activité de la médecine légale ne faiblit pas, c’est même une courbe en très nette hausse qui marque le travail des médecins légistes du CHU de Nîmes. Autopsies, scènes de crime, auditions devant les assises, examens de suspects en garde à vue, examens médicaux de victimes, le travail des six médecins légistes est particulièrement soutenu ces dernières années et ces dernières semaines, la tendance s’est confirmée. "Et c’est sans compter les reconstitutions judiciaires", ajoute le docteur Mounir Benslima qui dirige l’unité médico-judiciaire (UMJ) et qui organise un service entièrement dédié aux enquêtes judiciaires. L’avis du légiste est fondamental dans l’orientation et la résolution des affaires. "La rigueur des dossiers et de la charge de la preuve imposent d’apporter le maximum d’éléments aux magistrats qui supervisent les investigations, cela passe par des prélèvements en grand nombre et des examens radiologiques. À une époque par exemple, nous réalisions des scanners de façon épisodique sur les personnes autopsiées, aujourd’hui, c’est devenu quasiment quotidien. L’évolution technologique a révolutionné notre façon de travailler".
Une scène de crime ne peut attendreSur le seul terrain des autopsies, on en dénombre 298 (chiffres consolidés au 14 octobre 2026) contre 365 pour toute l’année 2025 et 290 pour toute l’année 2024 (210 autopsies en 2014). Les affaires criminelles qui ont marqué l’actualité sont sans doute pour beaucoup mais les accidents de la route dans certains cas aussi nécessitent de réaliser une autopsie. "Le travail est titanesque", résume le médecin aux plus de 6000 autopsies qui rend hommage à ses équipes de médecins et de secrétaires qui sont mobilisées 24 heures sur 24. Ni la scène de crime ni l’examen d’une victime de viol ne peuvent attendre, explique en substance le médecin légiste. "Les amplitudes horaires sont extrêmement larges, d’ailleurs c’est une spécialité médicale qui n’attire pas les jeunes générations de médecins", ajoute le docteur Benslima. Tout récemment, outre les affaires de meurtres qui ont marqué l’activité de l’UMJ, ce sont aussi les réévaluations des affaires d’abus sexuels sur les mineurs qui ont alourdi le travail des légistes.
Le réexamen des affaires sexuelles a eu un impact sur le nombre de victimes à examinerEn effet, la tragique affaire Lyhanna a donné lieu à une demande du Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, de réexaminer tous les dossiers de cette nature de façon à ne passer à côté d’un profil dangereux. Sur le ressort de la cour d’appel de Nîmes (Gard, Vaucluse, Ardèche, Lozère), ce sont des milliers de procédures qui ont été réévaluées par les magistrats des parquets de la région sous l’impulsion du procureur général Xavier Bonhomme. Ce qui a eu un effet sur l’activité des légistes nîmois qui dans certains cas ont été amenés à examiner des victimes avec des enquêtes qui ont connu une accélération. Ainsi, au 14 octobre, 1833 victimes ont été examinées depuis le début de l’année (contre 2101 pour l’année 2025) et 800 personnes examinées en garde à vue à la mi-octobre (face à 1004 pour toute l’année 2025). L’activité d’ici à la fin de l’année permet de penser que ces chiffres seront dépassés largement.