Un gardien de la maison d’arrêt de Nîmes a reçu fin juin des menaces de mort via LinkedIn. Une enquête est ouverte, un détenu étant suspecté d’avoir orchestré ces messages depuis sa cellule.
Un gardien de la maison d’arrêt de Nîmes a reçu fin juin des menaces de mort via LinkedIn. Une enquête est ouverte, un détenu étant suspecté d’avoir orchestré ces messages depuis sa cellule.
Lorsque le 24 juin dernier le gardien de la maison d’arrêt de Nîmes reçoit une demande d’ajout d’un contact sur le réseau professionnel LinkedIn, il n’y prête pas attention. Deux jours plus tard, le même message émanant du même expéditeur (Mocro Maffia) parvient sur le téléphone de l’agent de la pénitentiaire.
Le gardien consulte le message et découvre des menaces : "Il n’y a que les montagnes qui ne se croisent pas. Même dedans je suis dehors. Commence à fermer les yeux à la prison. Prends ça pour un conseil."
Un faisceau d’indices concernant un détenuToujours sur le même réseau, le fonctionnaire reçoit un nouveau message : "Tu vas voir arriver le 2008 de chez moi. 20 k (20 000 €, NDLR) ta petite vie elle coûte."
Après ce nouvel avertissement, le gardien avise sa hiérarchie. Celle-ci saisit le parquet de Nîmes. La direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse est à son tour informée.
À la demande de l’autorité judiciaire, des fouilles de cellules sont ordonnées. Il s’agit de détenus sur lesquels reposent des soupçons ou qui avaient précédemment menacé le fonctionnaire.
Plusieurs éléments semblent particulièrement désigner un détenu comme le présumé auteur des menaces. Il aurait payé le détenteur d’un téléphone pour expédier ses menaces. De plus, la consultation de son profil intitulé "Ministère des affaires étrangères du Rif (sic)" sur le réseau professionnel indique que le compte a été créé à la même période que l’envoi des messages menaçants.
Si le motif des menaces n’est pas encore connu avec précision, elles pourraient être liées aux saisies régulières effectuées par l’agent accusé de ne rien laisser passer. Ainsi, des téléphones, du cannabis de l’alcool, introduits à l’intérieur de la prison, sont régulièrement retrouvés dans les cellules.
L’enquête est toujours en cours.
La direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse indique : "prendre avec le plus grand sérieux toute atteinte à la sécurité de ses agents. Dès la connaissance des faits, plusieurs mesures ont été immédiatement activées.
Conformément aux dispositions du statut général des fonctionnaires, l’agent bénéficie d’une protection juridique et fonctionnelle contre toute menace ou agression liée à l’exercice de ses missions.
L’agent a été soutenu et accompagné par les services de l’établissement pour déposer plainte au commissariat de Nîmes.
Respect de l’article 40 du Code de procédure pénale : Comme pour toute infraction dont elle a connaissance, l’administration pénitentiaire a transmis sans délai les éléments en sa possession au parquet de Nîmes, compétent pour les suites judiciaires.
Nous rappelons que toute introduction d’objet interdit en détention fait l’objet d’une enquête systématique et de sanctions disciplinaires et pénales pour les personnes impliquées.
Des mesures de sécurité renforcées (fouilles, contrôles aléatoires, etc.) sont appliquées en permanence pour prévenir tout risque pour les agents et les personnes détenues.
La sécurité des agents est une priorité absolue. La direction interrégionale réitère sa tolérance zéro envers toute forme de menace ou de violence à leur égard, qu’elle soit physique ou numérique."