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Immanquable : on a assisté à un "véritable scandale" jamais-vu dans les discussions politiques, Bernard Quintin évite le mot qui fait peur

Дата публикации: 02-10-2026 10:05:30

Chaque vendredi, La Libre vous propose de revenir sur les trois actualités qui ont marqué la scène politique belge. Ce 2 octobre, on évoque la situation ubuesque dans laquelle s'est retrouvé le gouvernement flamand, la partie de "Qui est-ce ?" en cours au parlement bruxellois et l'annonce de Bernard Quintin (qui cherche une radio). ...

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Tous les vendredis, nous vous proposons de (re)découvrir les trois grosses actualités qui ont secoué la sphère politique belge. A notre sauce, sous forme de billets qui, on l'espère, vous feront sourire tout en vous briefant sur ce que vous auriez pu rater si, par malheur, vous n'aviez pas ouvert La Libre cette semaine. Bonne lecture !

1) On n'en revient pas de ce qui s'est passé au sein du gouvernement flamand

12h, ce lundi 28 octobre. Des travailleurs se pressent dans les rues du centre-ville de Bruxelles à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent entre deux réunions. Certains tentent de se raconter leur week-end, mais leurs échanges sont rendus compliqués par le vacarme ambiant. Cerise sur le gâteau : une ambulance fait irruption. Le véhicule et sa sirène tonitruante filent vers la place des Martyrs. Du côté des passants, on pense à un accident. Personne n'imagine alors que ce sont les négociations budgétaires entre les partenaires du gouvernement flamand qui ont dérapé. Il faut dire que la séquence est ubuesque. Les discussions qui ont commencé 24 heures plus tôt ont eu raison de la ministre Hilde Crevits et d'un chef de cabinet Vooruit. Deux malaises autour de la table, ce n'est pas tous les jours que cela arrive. Et l'histoire ne s'arrête pas là. Les négociations qui ont été mises en pause au vu de l'état de santé des deux participants reprennent finalement le lendemain.

L'horloge tourne pour le ministre-président flamand, Matthias Diependaele (N-VA), qui n'a plus que quelques heures pour arriver à un accord. En début de soirée, il crie victoire... trop vite. Après avoir annoncé sur les plateaux télévisés qu'il était parvenu à boucler son budget, le nationaliste flamand voit le château de cartes qu'il construit depuis plusieurs jours s'effondrer violemment: les socialistes se retirent. Le tableau présenté par le ministre-président ne correspond pas à ce qui a été décidé. Vent de panique au sein de l'exécutif du nord du pays. Matthias Diependaele reconnaît qu'une erreur a été commise dans l'élaboration des fameux tableaux. Elle est rectifiée, tout le monde se remet autour de la table. Cette fois, un véritable accord est conclu. Ouf.

Mais le soulagement n'est que de courte durée. D'abord, il y a les réactions aux mesures prises. Très vite, des voix s'élèvent contre les conséquences néfastes sur le portefeuille des Flamands (les détails de l'accord sont à retrouver ici). Ensuite, il y a le désarroi de la presse face à cet épisode politique peu glorieux. Dans Het Laatste Nieuws, l'éditorialiste Isolde Van den Eynde parle d'un "véritable scandale". Tandis que Het Nieuwsblad regrette que les conclaves budgétaires soient devenus le "point culminant annuel du comportement macho". Dans La Libre également, on ne mâche pas ses mots quant à ce fiasco. "C'est du jamais-vu. Mais vraiment du jamais-vu. Les commentateurs politiques du nord du pays n'en reviennent pas de ce qu'ils ont vu au siège du gouvernement flamand, place des Martyrs, à Bruxelles", commence notre rédacteur en chef, Dorian de Meeûs. "(...) Pour parvenir à un compromis, pourquoi faut-il transformer chaque négociation en épreuve d'endurance contre la montre, avec ses nuits sans sommeil et ses ruptures physiques ? Les chemises froissées et les regards cernés n'offrent rien de rassurant. Au contraire, cette théâtralisation frise même le ridicule lorsqu'elle semble devenir une méthode." Alors que se poursuivent au fédéral des négociations budgétaires compliquées, ce qu'il s'est passé du côté flamand semble faire office de mise en garde. Attention M. De Wever, il ne s'agirait pas de battre le triste record de deux hommes à terre au terme de discussions gouvernementales houleuses...

BRUSSELS, BELGIUM - OCTOBER 02 : Flemish Minister-President Matthias Diependaele (N-VA) pictured during the plenary session of the Flemish Parliament (Debate on the September Declaration) on October 2, 2026 in Brussels, Belgium, 02/10/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsMathias Diependaele. ©DLE
2) Une partie de "Qui est-ce ?" au parlement bruxellois

La scène politique bruxelloise a pris des airs de "Qui est-ce ?" géant, cette semaine. En cause, l'anecdote lâchée par le procureur du Roi, Julien Moinil, sur un député de la capitale qui lui aurait demandé de libérer une connaissance emprisonnée. Dans les rangs du parlement, tout le monde se regardait en chien de faïence après ces révélations. "L'ambiance était morose dans les travées de l'assemblée", a raconté notre journaliste Adrien de Marneffe. Et si les différents chefs de groupe appelaient la personne concernée à se dénoncer, celle-ci n'en a rien fait. A donc débuté la partie de "Qui est-ce ?". Comme dans le célèbre jeu de société, chaque question permet d'éliminer une poignée de suspects. Mais contrairement au jeu de notre enfance, la partie est longue. Elle n'est d'ailleurs toujours pas terminée.

En attendant, le Parlement bruxellois a avancé de son côté. Enfin, avancer, c'est un grand mot. Les chefs de groupe de l'hémicycle se sont réunis pour aborder le sujet. La conclusion ? Pas très glorieuse. "On ne peut pas faire grand-chose", a pointé Gilles Verstraeten (N-VA). "Le Parlement doit respecter ses propres règles. Nous pourrions toutefois nous poser la question de savoir s'il ne faudrait pas faire évoluer ces règles…" Cette impuissance a mis le feu aux poudres au sein de l'opposition déjà vent debout. Et, dans la majorité aussi, des dents grincent. L'on s'agace notamment de l'image déplorable du monde politique bruxellois qui est renvoyée. "C'est une affaire de bonne gouvernance qui dépasse le cadre partisan, car l'opprobre est jeté sur tous les parlementaires", a indiqué Loubna Azghoud, cheffe de groupe libérale. Le MR a d'ailleurs proposé, ce jeudi, d'introduire une proposition de sanction en urgence. Affaire à suivre...

BRUSSELS, BELGIUM - AUGUST 28 : Press conference by the Public Prosecutor Julien Moinil regarding the recent shootings in Brussels on August 28, 2026 in Brussels, Belgium, 28/08/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsLe procureur du Roi, Julien Moinil. ©DLE
3) La radio de Bernard Quintin

Bernard Quintin cherche une radio. En quoi diable, vous demandez-vous, est-ce que cela nous concerne ? Parce que ce n'est pas n'importe quel type de radio que le ministre de l'Intérieur veut dénicher. C'est un petit appareil sans fil, utilisable même si la situation tourne au vinaigre et que l'électricité est coupée. Et c'est précisément ce à quoi les autorités belges veulent que vous vous prépariez: une catastrophe naturelle, un attentat, une cyberattaque... Donc le libéral a montré l'exemple. Il a annoncé, ce jeudi, en marge de la publication du "guide pratique" de la campagne "Prêts ensemble", avoir fini de constituer son kit de survie (à l'exception de la fameuse radio). Il a également présenté les principaux points abordés dans le fascicule distribué à la population: les indispensables à avoir sous la main dès à présent pour se préparer au pire, les bons réflexes à acquérir, les canaux d'informations officiels, les numéros d'urgence...

"Ce qu'on veut, c'est développer une culture de la sécurité en Belgique. Je pars du constat que, malheureusement, nous n'avons pas une culture de la sécurité très développée", a détaillé M. Quintin. "Ce n'est pas être un oiseau de mauvais augure que de dire que le monde dans lequel on vit aujourd'hui est plus instable qu'il y a vingt ans. On est entré dans une époque où on ne peut plus dire que les crises ne concernent que les autres." Mais s'il veut que les Belges soient parés à toute éventualité, le ministre de l'Intérieur ne veut pas non plus créer la panique. C'est notamment pour cela que le mot "guerre" ne figure pas dans le guide. "Trop anxiogène", a pointé le libéral. Même si on ne peut pas dire que les autres scénarios envisagés soient beaucoup plus réjouissants...

"Même mon compagnon m'a prise pour une folle quand j'ai fait les sacs de survie" : les Belges restent peu préparés face aux crises

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