En privilégiant la cohésion de son exécutif aux démonstrations de force de son propre parti, le ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR) adopte une posture qui rappelle celle d’Alexander De Croo sous la Vivaldi. ...
Par certains traits, Boris Dilliès rappelle Alexander De Croo. Flegmatique, maniant volontiers l'ironie, le ministre-président bruxellois démontre une réelle capacité à préserver la cohésion d'une coalition pourtant hautement disparate.
L'action du libéral a le mérite d'avoir entamé une réelle diminution du déficit budgétaire, tout en faisant tourner l'exécutif régional.
Déclaration de Politique Générale bruxelloise : "Redresser une Région prend du temps"Mais un piège guette l'ancien bourgmestre d'Uccle : celui de subir le même sort politique que l'ancien locataire du 16, rue de la Loi. En faisant primer son rôle de Premier ministre au-dessus de la mêlée sur les stricts intérêts de sa formation, Alexander De Croo s'était coupé de la ligne donkerblauw prônée par Egbert Lachaert, et l'Open VLD avait essuyé au terme de son mandat un lourd revers électoral. Or, pour le MR, les récents sondages bruxellois n'ont rien de rassurant…
À son niveau, Boris Dilliès a lui aussi choisi la voie du consensus plutôt que celle du rapport de force. Il laisse ainsi ses partenaires – en particulier socialistes – engranger les victoires symboliques : maintien des tarifs réduits à la Stib, préservation des allocations familiales et injection de 400 millions d'euros dans le logement.
Côté MR, les trophées sont nettement moins aisés à valoriser sur les visuels des réseaux sociaux : une promesse de retour à l'équilibre en 2029 et une réduction minime de l'impôt des personnes physiques (-1 %), même si son entourage met en avant la concrétisation du plan gares ou la rénovation des tunnels de l'avenue Louise.
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"Boris Dilliès se comporte comme une sorte de G.O. au Club Med : c'est un bon chef d'équipe, sympa et humain, mais qui oublie parfois que pour gagner le ballon d'Or, ll doit marquer des goals lui-même pour son camp", glisse une source politique bruxelloise.
Une philosophie de l'apaisement séduisante, mais qui montre ses limites dès que la ligne de front se durcit. En exigeant le départ de Lotfi Mostefa du Foyer anderlechtois, Georges-Louis Bouchez a engagé un choc frontal avec le PS, désavouant l'accord budgétaire sur les réseaux sociaux deux heures seulement après sa conclusion.
Hausse du ticket Stib, prêt rénovation à 0%: le gouvernement bruxellois tient son accord budgétaireAutour de la table du Conseil des ministres, Boris Dilliès persiste pourtant dans la temporisation. Il fait mine d'ignorer les démonstrations de force de sa présidence de parti : ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le dossier a été soigneusement tenu à l'écart de l'ordre du jour gouvernemental ces dernières semaines…
Reste que la stratégie de la poussière sous le tapis a une date de péremption : les 131 millions d'euros destinés à la SLRB doivent impérativement être libérés avant la fin de l'année. Au moment de trancher, Boris Dilliès n'aura plus le luxe du flegme : il devra choisir entre assumer une crise ouverte avec le PS ou assumer le clash direct avec Georges-Louis Bouchez.
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