Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, demande aux parents de ne pas laisser leurs enfants partir sur des blocages. Côté parents d'élèves en Touraine, les avis divergent sur l'attitude à adopter, entre soutien aux revendications et crainte qu'il ne leur arrive quelque chose.
Publié le dimanche 4 octobre 2026 à 18h56
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, demande aux parents de ne pas laisser leurs enfants partir sur des blocages. Côté parents d'élèves en Touraine, les avis divergent sur l'attitude à adopter, entre soutien aux revendications et crainte qu'il ne leur arrive quelque chose.
À quoi va ressembler ce lundi 5 octobre dans les lycées d'Indre-et-Loire ? Après la montée en intensité de la mobilisation lycéenne la semaine dernière, de nouvelles mobilisations sont prévues ce lundi et un grand appel à manifester a été lancé par les organisations lycéennes pour la journée de mardi. Pour assurer la sécurité, de nombreux lycées seront fermés ce lundi, sur ordre du rectorat. À Tours, un lycéen a été blessé mercredi dernier en marge du blocus Balzac et a perdu l'usage de son œil.
Dans ce contexte, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray s'est adressé aux parents d'élèves en ces termes dans le 20 h de France 2 jeudi soir : "Ne laissez pas vos enfants partir dans ce genre de contexte." Côté parents d'élèves, les avis divergent sur l'attitude à adopter, entre soutien aux revendications et crainte qu'il ne leur arrive quelque chose.
Discussions le soir autour de la tableJeudi dernier, Hélène a refusé d'amener son fils au lycée, élève en seconde à Amboise. "Les mobilisations, ça fait peur, c'est stressant d'envoyer son enfant, on ne sait pas où", explique la maman. Pour se rassurer, Karen, elle, n'a pas lâché son téléphone de la semaine pour rester en contact avec son fils, même au travail. "Je lui demandais ce qu'il se passait dans le lycée, ce qu'il voyait, raconte-t-elle, la première chose qu'on lui a dite c'est surtout écarte-toi, mets-toi au loin.
Le soir, toute la famille se met autour de la table pour en discuter. "On lui a expliqué qu'on a le droit de manifester mais qu'il faut le faire dans la bienveillance et pas la violence." Aider son enfant à comprendre cette mobilisation, Rachel, maman d'une lycéenne à Balzac, se dit que "c'est important", d'autant qu'elle est elle-même professeure d'histoire-géographie au lycée.
"On réfléchit sur les revendications des lycéens et sur comment faire valoir une opinion en démocratie", explique la maman enseignante à Tours. Une démarche importante en ce moment selon elle, pour que sa fille développe "un esprit critique sur l'actualité, parce que souvent c'est ce qui est violent qui fait le buzz."
"Je dis à mon fils de faire attention à la police"Si certains parents interdisent à leur enfant de participer au blocus, d'autres laissent le choix, comme Laurent, même s'il n'était pas tout à fait serein la semaine dernière. "Le soir, je suis content quand il revient et dans la journée je mets un petit message pour savoir si c'est bon, s'il n'y a pas eu de problème." Le papa ne cache pas qu'il appréhende la suite du mouvement. "Moi ce qui m'a fait drôle, c'est de me surprendre à dire à mon enfant de faire attention à la police. Je me suis dit que c'était pas normal d'en arriver là tout."
Il a été très choqué de voir certaines vidéos circuler sur les réseaux sociaux et dans les médias. "Je ne dis pas qu'il n'y a pas de casseurs et qu'il ne faut pas qu'ils se retrouvent devant la justice, mais j'ai aussi vu des vidéos de policiers avec des comportements qui n'étaient pas normaux devant des enfants."
Quant à la fermeture des lycées ce lundi et mardi, la mesure rassure certains parents, mais pas Aymeric qui s'inquiète pour les révisions du bac de son fils. "Sur l'avancement des cours, on est inquiets. On nous dit que normalement, il va y avoir du distanciel, mais il devait y en avoir vendredi, et notre fils n'en a pas eu tellement. Deux jours, ça va, mais j'aimerais pas trop que ça dure", conclut le papa.
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