Jeudi 1er octobre, environ 200 lycéens de Clément Marot à Cahors ont manifesté contre les conditions d'enseignement, dénonçant la surcharge des cours et des classes. La situation a dégénéré avec des jets de...
l'essentiel Jeudi 1er octobre, environ 200 lycéens de Clément Marot à Cahors ont manifesté contre les conditions d'enseignement, dénonçant la surcharge des cours et des classes. La situation a dégénéré avec des jets de projectiles et l'intervention des policiers. D'autres établissements, comme Monnerville, ont opté pour une mobilisation plus pacifique.
La colère gronde dans les lycées du Lot. À Clément Marot, à Cahors, ce jeudi 1er octobre, la contestation était importante. Environ 200 élèves ont participé au cortège. "C'est le moment de faire bouger les choses. On en a marre de l'Éducation nationale, des conditions dans lesquelles on doit travailler", souffle Ambre, lycéenne en 1re générale. Elle reprend : "Il faut enlever des cours. La surcharge est trop importante." Un autre complète : "On voit plus nos profs que nos parents." Les jeunes regrettent d'avoir des journées complètes, avec près de quatre ou cinq heures de trous. Ils sont également contre la surcharge des classes. "On est plus de trente. Dans ma classe, certains doivent s'asseoir par terre. Ou alors on doit changer de classe sans cesse, ou ramener des chaises en début de cours. Sur une heure, on perd du temps et on n'apprend pas grand-chose", assurent les lycéens, scolarisés à Clément Marot.
Les contestations étaient nombreuses.
DDM J.R.
D'autres jeunes enfoncent le clou : "Il faut faire quelque chose pour la chaleur et le froid dans les établissements. Apparemment, c'est irrespectueux de garder nos manteaux dans les salles. Et quand il fait chaud, parfois, ils nous interdisent de boire." Ceux qui vont passer le bac cette année s'inquiètent des conditions dans lesquelles ils vont le faire.
Du côté des élèves en internat, les contestations sont nombreuses. "De 20 h à 21 h, on a une heure de devoirs. À 21 h 30, tout le monde doit être dans sa chambre et à 22 h, on coupe les feux. Sauf qu'en une heure, on n'a pas le temps de tout faire. Et on n'a pas le droit au téléphone, donc tout ce qui est sur Pronote, on ne peut pas le faire. On se retrouve à tout bâcler." Le mot d'ordre de cette contestation : "On doit être entendus". Ces derniers assurent avoir essayé d'en parler avant de sortir dans les rues. "Ils ne nous écoutent pas".
Ils étaient environ 200 lycéens à manifester dans les rues de Cahors, ce jeudi 1er octobre.
DDM P.F.
Au départ, les lycéens de Clément Marot bloquaient les portes de leur lycée, puis, peu avant 10 heures, ils sont descendus sur le boulevard Gambetta.
Le ton est monté d'un cran : les jeunes ont lancé des projectiles, et les policiers ont répondu par du gaz lacrymogène.
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Les choses ont ensuite quelque peu dégénéré. Les jeunes ont lancé des projectiles contre les policiers. Il y a eu des jets de cailloux, de déchets comme des canettes, et des poubelles ont été brûlées. En riposte, les policiers ont lancé des bombes lacrymogènes sur les lycéens, dans le but de les disperser. Le boulevard Gambetta était inaccessible, les voitures circulaient difficilement. Une camionnette, qui tentait de passer, a été arrêtée par les jeunes. Le ton est monté, des lycéens ont lancé des projectiles. L'homme est sorti à plusieurs reprises de son véhicule, s'énervant. Il a finalement pu repartir.
Au sein du cortège, certains élèves se sont désolidarisés de cette violence : "Certains ne savent même pas pourquoi ils sont là. Ça caillasse la voiture des passants, mais eux n'ont rien demandé, ils vont juste travailler. Il y a des papis et mamies qui ont reçu du gaz, on devait leur donner des mouchoirs, ce n'est pas normal".
Au terme de la matinée, au moins un incendiaire a été interpellé, un policier blessé a été transporté à l'hôpital et et un jeune a fait un malaise.
"C'est bien que tout le monde se soit rassemblé"Du côté de Monnerville, à Terre Rouge, un groupe de lycéens s'est installé ce matin devant l'entrée de la cité scolaire. "On ne bloque pas : on explique pourquoi on est là. On veut se faire entendre mais en laissant la liberté de choisir", dit un lycéen de terminale. Ils ont laissé passer les collégiens mais aussi les apprentis parce que "pour eux, c'est une journée de salaire" et ont prévu une ouverture pour les pompiers dont ils saluent le travail. Car une poubelle a brûlé à quelques mètres de l'établissement : "Des éléments extérieurs", assurent les jeunes mobilisés. Une partie du personnel dont le proviseur Jean-Claude Germé était d'ailleurs devant l'établissement ce matin, une façon d'éviter que des perturbateurs extérieurs au lycée n'arrivent.
La constestation était plus calme du côté du lycée Monnerville.
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Les manifestants envisagent de se rendre dans le centre de Cahors mais pas avant 13 heures, n'ayant pas envie "d'être associés à la violence d'autres établissements, notamment de Clément Marot".
Malgré l'escalade de la manifestation, du jamais vu à Cahors, les jeunes concluent : "C'est quand même bien qu'il y ait eu une grande manifestation, que les jeunes se mobilisent. On avait peur qu'il n'y ait personne. C'est bien que tout le monde se soit rassemblé. Il faut juste ne pas dépasser les lignes rouges". Les jeunes comptent rester mobilisés toute la journée pour se faire entendre.