Alors que le gazole a battu son record dans les stations-service, le président de la République préfère une action diplomatique pour faire baisser les prix.
Économie 24/09/2026 22:23 Actualisé le 24/09/2026 22:34
Alors que le gazole a battu son record dans les stations-service, le président de la République préfère une action diplomatique pour faire baisser les prix.

Sur TF1 et France 2 ce jeudi 24 septembre, Emmanuel Macron a évoqué une baisse des taxes sur les carburants mais privilégie une action diplomatique pour baisser les prix.
Il y a six jours, il renvoyait le dossier dans les mains de Sébastien Lecornu. Mais ce jeudi 24 septembre, dans son interview sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron n’a pas seulement parlé des causes de la flambée des prix des carburants. Le chef de l’État est allé plus loin sur les moyens pour limiter la facture, y compris avec un levier fiscal.
Deux jours après que le gouvernement a confirmé sa stratégie d’aides ciblées pour les gros rouleurs aux revenus les plus modestes, le président de la République l’a validée. Et il a répété que son objectif numéro un est la baisse des prix ; pour l’atteindre, il privilégie une action diplomatique. « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il précisé.
Dans cet esprit, il veut consacrer ses efforts à une hypothétique réouverture du détroit d’Ormuz qui ferait repartir à la baisse les cours du pétrole. Il a annoncé aussi l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite. « Dès qu’on détend un de ces endroits, l’impact, il est immédiat sur le prix à la pompe. En deux jours, vous le voyez à la pompe », a-t-il affirmé.
Quelques heures après avoir rencontré Donald Trump aux États-Unis, il a également répondu à son homologue qui s’est dit favorable à l’interdiction des exportations de gazole américain. Ce serait une « mauvaise » décision, « pas simplement pour le reste du monde, pour l’économie américaine aussi », a-t-il affirmé. Emmanuel Macron a confirmé aussi sa volonté de réunir le G7 pour discuter d’une nouvelle libération des stocks stratégiques de pétrole qui permettrait de faire baisser les cours.
« Une baisse des taxes si… »En attendant, et alors que les Français ont réduit drastiquement leur consommation, « on ne va pas laisser les prix s’envoler », a-t-il promis. D’où cette possibilité évoquée du bout des lèvres de baisser les taxes (comme en Espagne) en cas d’envolée incontrôlée. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a dit le président de la République qui a dit vouloir « être pragmatique » pour « éviter la colère » des Français.
Il a néanmoins jugé qu’une baisse des taxes n’était « pas la décision la plus vertueuse » car celles-ci « servent à financer les dépenses de l’État ». Il a également évalué le coût d’une baisse de 20 centimes à environ un milliard d’euros par mois. Un montant astronomique très difficile à assumer alors que le déficit est déjà un casse-tête pour le gouvernement de Sébastien Lecornu. « Si vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde, y compris les gros rouleurs qui auraient les moyens de se payer le plein », a-t-il plaidé encore.
Dernier message qu’Emmanuel Macron tenait à faire passer : non le risque de pénurie n’est pas avéré. « On fait tout pour les éviter », a-t-il assuré, évoquant tout de même d’éventuelles complications début 2027 si la situation ne s’améliore pas suffisamment.