Initialement annoncé à 76 places, le futur quartier de semi-liberté du centre de détention d'Eysses, à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), pourrait finalement en compter 100. Les premières études techniques ont...
Initialement annoncé à 76 places, le futur quartier de semi-liberté du centre de détention d'Eysses, à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), pourrait finalement en compter 100. Les premières études techniques ont débuté et la mise en service est envisagée d'ici au second semestre 2027.
"Ça n’arrête pas" souffle un riverain de la rue Stéphane Fuchs à Villeneuve-sur-Lot. Au loin, des bruits de pelle mécanique. Pas de chantier routier dans le quartier. En réalité, le vacarme provient de la grande zone enherbée, coincée entre cette artère et la rue de l'Abbaye. C'est pas le fruit du hasard, puisqu'il s'agit de l'emprise foncière de l'administration pénitentiaire, là où le centre de détention d’Eysses va connaître une nouvelle étape de son histoire.
Comme annoncé il y a un peu plus d'un an, l’établissement villeneuvois va accueillir un nouveau quartier de semi-liberté. Initialement annoncé à 76 places, le projet pourrait finalement être porté à 100 places, avec une mise en service envisagée au second semestre 2027.
Les premiers coups de pelle mécanique ont été donnés sur le terrain jouxtant les murs de la prison.
DDM G.B.
Le projet s’inscrit dans le vaste programme national de construction de quartiers de semi-liberté modulaires lancé par le ministère de la Justice. Eysses fait partie des 17 établissements français retenus pour accueillir ces nouvelles structures. L’objectif est de proposer des capacités supplémentaires destinées aux détenus engagés dans un parcours de sortie : travail, formation, démarches ou autres activités à l’extérieur de la prison, avec un retour à l’établissement en fin de journée. Après l’annonce du projet en 2025, le dossier a franchi une première étape technique. L’Agence publique pour l’immobilier de la Justice (APIJ) a attribué, en janvier 2026, un marché de reconnaissance géotechnique du site. Cette campagne, confiée à la société TEMSOL, doit permettre de mieux connaître les caractéristiques du terrain avant les travaux.
Le futur quartier doit être installé sur du foncier déjà maîtrisé par le centre de détention, dans le secteur de la plaine des sports. Il sera donc distinct des bâtiments historiques de la maison centrale d’Eysses. Malgré le terme souvent employé de "prison préfabriquée", il s’agit de constructions modulaires conçues pour répondre aux mêmes exigences de sécurité qu’un bâtiment pénitentiaire traditionnel. Leur fabrication en usine doit notamment permettre de réduire les délais de réalisation. Le programme national table sur environ 200 000 euros par place, contre près du double pour une construction pénitentiaire classique. À Eysses, le montant définitif de l’opération n’est toutefois pas encore connu. Car si la capacité de 100 places était confirmée, l’ordre de grandeur national conduirait à une opération de plusieurs dizaines de millions d’euros, mais ce chiffre ne constitue pas le budget du chantier villeneuvois.
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De 76 à 100 placesC’est l’une des principales évolutions du dossier. Lors d’un comité social d’administration, en mai 2026, la direction d’Eysses a confirmé l’arrivée du premier détenu à la fin du premier semestre 2027. "100 places sont au programme, avec environ 15 agents supplémentaires, un officier et un brigadier-chef encadrement" rapporte le syndicat FO Justice Eysses. Une réflexion a également été engagée autour de la création d’une nouvelle cuisine afin de répondre aux besoins liés à l’arrivée de ces nouveaux occupants.
Plusieurs étapes doivent encore intervenir avant l’arrivée des premiers détenus : validation des fouilles, préparation du terrain, construction et installation des modules, réalisation des équipements de sécurité et aménagements nécessaires au fonctionnement du quartier. Le futur quartier de semi-liberté ne constitue toutefois pas le seul chantier à Eysses. L’établissement bénéficie également d’un programme d’investissements plus courant. Selon les organisations syndicales, près de 350 000 euros doivent ainsi être consacrés à différents investissements en 2026. Parmi les projets figure notamment la création d’une véritable salle de repos destinée aux personnels, dont la livraison était espérée au dernier trimestre 2026.
Ces opérations peuvent paraître secondaires à côté du futur quartier de semi-liberté, mais elles témoignent de la volonté de remettre progressivement à niveau un établissement pénitentiaire ancien, où sont incarcérés 290 détenus.