Вход на сайт

Просмотр новости

Найдите то, что Вас интересует

Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… Et si demain était meilleur qu’hier ?

Дата публикации: 19-08-2026 08:00:43

Face à la multiplication des catastrophes climatiques, aucune institution ni aucun individu ne pourra répondre seul. L’expérience des inondations et des incendies le démontre : notre meilleure protection réside aussi dans notre capacité à anticiper, nous entraider et faire commun. ...

Основное содержимое страницы с новостью.

Une tribune de Pierre Ozer, géographe et professeur à l'université de Liège et de Céline Martin, philosophe et formatrice. Auteur et autrice de l'ouvrage "Nourrir la coopération" aux Presses universitaires de Liège (*)

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Ce ne sont pas les mots d'un woke écoterroriste, mais ceux prononcés en 2002 par Jacques Chirac à Johannesburg au Sommet de la Terre, qui tournent en boucle dans nos têtes face au désastre qui se joue actuellement en plein cœur du Parc naturel Hautes Fagnes-Eifel.

En 2020, en pleine pandémie, l'accalmie estivale des pics de coronavirus laissait place à une vague de chaleur. Résultat : une surmortalité alors jamais observée, avec 1555 décès supplémentaires en 16 jours de canicule (du 5 au 20 août), davantage que lors de l'été meurtrier de 2003.

L'année suivante, la Wallonie était sous eau. Les inondations de la mi-juillet faisaient 39 morts, près de 100 000 sinistrés et causaient des dégâts – toujours visibles aujourd'hui par endroits – chiffrés à plusieurs milliards d'euros.

Une surmortalité de 60 % chez les adultes (15-64 ans)

L'été 2026 aura débuté très tôt puisque la dernière décade de mai a été la plus chaude jamais enregistrée. S'en est suivie la deuxième quinzaine de juin la plus chaude jamais enregistrée, avec 7,3 °C au-dessus de la normale et une vague de chaleur de douze jours (du 17 au 28 juin)… Les hôpitaux sont en surchauffe et tapissent leurs fenêtres de couvertures de survie pour tenter de ne pas suffoquer. Cet épisode caniculaire devient le plus meurtrier observé en Belgique depuis le début des analyses. Sur l'ensemble de cette canicule, 2035 décès supplémentaires ont été recensés, soit une surmortalité de 48,8 % en Belgique et de 78,2 % pour la seule Wallonie (1080 décès). Contrairement aux idées reçues, les conséquences de la chaleur extrême ne concernent pas uniquement les personnes âgées. Sciensano a en effet observé une surmortalité de 61,3 % chez les personnes en âge de travailler (15 à 64 ans).

Les oiseaux meurent de déshydratation

Il fait sec, extrêmement sec, et l'été 2026 sera probablement le plus chaud depuis le début des enregistrements. Les débits des rivières sont au plus bas , les restrictions d'eau se multiplient et les agriculteurs s'attendent à des récoltes si catastrophiques que le Fond des calamités ne sera pas en mesure de compenser les pertes économiques. La faune et la flore sont très fortement impactées, des oiseaux meurent dans nos rues de déshydratation et certaines communes appellent leurs administrés à sauver les arbres de voirie en les arrosant copieusement. Tout le vivant est sous tension.

Le pire incendie de l'histoire de la Belgique

Mi-août, à la sortie de la troisième vague de chaleur officielle de l'année, le toit de la Belgique est donc en feu ; une superficie équivalente à celle de la ville de Bruxelles est réduite en cendres, une biodiversité exceptionnelle est calcinée. "Le pire incendie de l'histoire de la Belgique", lancent les autorités.

Le doute n'est plus permis : le dérèglement climatique est à l'œuvre, ici et maintenant. Ses impacts ne sont plus des projections pour demain : les pertes et préjudices sont déjà bien réels. Ils frappent les plus vulnérables, mais pas seulement, mettent les États face à des conséquences qu'ils peinent déjà à assumer et exercent une pression croissante sur nos systèmes de santé. La chaleur extrême affecte désormais l'ensemble de la population. Personne n'est à l'abri.

Suivez nos dernières informations sur l'incendie qui a ravagé quelque 3.000 hectares dans les Hautes Fagnes.

Face à cette accélération et multiplication des catastrophes, à leur intensité croissante, nos capacités de réponse atteignent leurs limites. Les ressources disponibles ne suffisent plus pour faire face à des événements toujours plus fréquents, plus vastes et plus violents. Pire : alors que les besoins augmentent, les moyens consacrés à la gestion des crises et à la protection civile diminuent. Nous sommes ainsi de moins en moins armés pour affronter des catastrophes qui, elles, ne cessent de prendre de l'ampleur, tant dans les modèles scientifiques que sur le terrain. À ce manque de moyens s'ajoute un déficit d'expérience. La Belgique ne reste pas sans rien faire, mais elle est encore relativement peu confrontée à des catastrophes de cette ampleur. Contrairement à d'autres pays, plus régulièrement touchés, elle dispose donc de moins de retours d'expérience et d'expertise pour y faire face. Il s'agit renforcer ses partenariats pour enrichir son expertise.

Une culture du risque : anticiper, s'entraider et agir ensemble

Face à des événements qui tendent à dépasser les capacités des services de secours comme celles des individus, nous devons développer une véritable culture du risque : savoir anticiper, se préparer, s'entraider et agir ensemble. Une culture fondée sur la solidarité, le commun et la conscience de notre interdépendance. Car face aux catastrophes, notre première force est notre capacité à faire collectif.

En région liégeoise, nul n'a oublié l'élan national et international d'entraide qui a suivi les inondations de 2021. Sous nos yeux, face aux incendies, agriculteurs et pompiers belges, allemands, hollandais font front commun. Et puis, comme pour les inondations, il y aura l'après…

guillement

Oui, demain sera meilleur qu'hier car il sera plus solidaire ou nous serons, vivants humains et non-humains, emportés par la sixième extinction de masse…

Penser l'après crise, c'est faire place à chaque expertise "déjà là" : des savoirs, des expériences dont nous pouvons nous saisir. C'est aussi, après la performance nécessaire dans l'urgence, faire place à la robustesse pour que nos territoires, services et communautés soient capables d'absorber les chocs, de s'adapter et de se relever. Cette robustesse nécessite de ralentir, décélérer pour mieux anticiper.

Demain, nous devrons faire commun, avec humilité, parce que personne ne détient seul la réponse ; avec confiance, parce que chacun, là où il se trouve, est expert de son expérience et peut contribuer.

Oui, demain sera meilleur qu'hier car il sera plus solidaire ou nous serons, vivants humains et non-humains, emportés par la sixième extinction de masse…

(*) à paraître en septembre 2026


Les textes qui paraissent dans la rubrique Débats sont des contributions externes, qui n'engagent pas la rédaction.

Схожие новости

#Наименование новостиТональностьИнформативностьДата публикации
1Wildfires: Prevention is the best defence, UN says09.8430-07-2026
2DECRYPTAGE. Incendie et climat : comment la France doit tirer les leçons de cet été et changer d’échelle06.402-08-2026
3Incendies : "Nous sommes vulnérables à cause de nos choix d’aménagement..." Pourquoi il faut repenser l’urbanisme face aux feux de forêt05.702-08-2026
4La science face aux incendies06.5927-07-2026
5Comment rendre les villes plus résistantes et résilientes aux feux de forêt ? “Lorsque l’habitat est dispersé sur le territoire, le risque augmente”07.9631-07-2026
6 Aprender de las tragedias 0510-07-2026
7”Un incendie nous pend au nez… On sait que cela va flamber tôt ou tard à certains endroits”09.911-08-2026
8This is how we survive climate change06.7311-10-2021
9 Royaume-Uni: face à des incendies inédits, le Premier ministre appelle à "faire face" au changement climatique 06.4914-08-2026
10Le meilleur arbre est souvent celui qui est déjà là07.0806-08-2026

Классификация: . Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 10. Тональность: 0. Информативность: 6.84. Источник: www.lalibre.be.