Dans le cadre d'une série de rencontres avec les familles d'accueil pour personnes âgées du Lot-et-Garonne, direction Fauillet, chez Aline Amon, accueillante familiale agréée par le Conseil départemental depuis près...
Dans le cadre d'une série de rencontres avec les familles d'accueil pour personnes âgées du Lot-et-Garonne, direction Fauillet, chez Aline Amon, accueillante familiale agréée par le Conseil départemental depuis près de trente ans et présidente de l'association Vivre en Famille, AFA 47.
Avant de s'occuper de personnes âgées, Aline Amon a d'abord connu d'autres formes d'engagement auprès des plus fragiles. Elle a accompagné des enfants confiés à l'aide sociale, victimes de maltraitance, puis, des femmes battues et des personnes toxicomanes.
C'est finalement sa propre mère, tombée malade, qui l'oriente vers l'accueil familial. « J'ai gardé maman quarante-deux ans », confie t elle. Quelques années plus tard, elle se consacre exclusivement aux personnes âgées, ayant renoncé à l'agrément mixte permettant aussi d'accueillir des adultes handicapés, estimant que « le travail de la bienveillance auprès de ces deux publics n'est pas le même ». Une expérience associative décevante, marquée par la discorde, la pousse ensuite à fonder sa propre structure, afin de « faire les choses correctement », notamment auprès des familles qu'elle décrit souvent « au désarroi » face au vieillissement d'un parent.
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Une bienveillance jusqu'au bout
Pour Aline Amon, l'accueil familial repose sur un principe non négociable. « On demande s'ils veulent l'acharnement thérapeutique. Si c'est le cas, ce n'est pas pour chez nous », explique t elle. Seul le strict nécessaire médical justifie, selon elle, un passage par l'hôpital, toujours suivi d'un retour rapide au domicile.
Elle raconte s'être rendue chaque jour à l'hôpital pour nourrir une résidente hospitalisée, « pour qu'elle ne se sente pas abandonnée ». Un engagement qu'elle tient jusqu'au terme de la vie. « Elles sont toutes décédées à mon domicile, ou presque », affirme t elle, évoquant des résidents accompagnés durant des années, parfois plus de dix. « Je ne me vois pas leur dire, vous êtes en fin de vie, je vais vous envoyer mourir ailleurs. Moi, la bienveillance, on l'assume jusqu'au bout. » Elle insiste sur le dialogue permanent avec les familles, à qui elle répète qu'accueillir un parent « n'est pas un abandon », mais « passer le relais ». Un attachement qui perdure après le départ des résidents, puisque les familles continuent de rendre visite. « Il n'y a pas vraiment de coupure », observe t elle.
Trois résidents, un équilibre
La loi limite à trois le nombre de personnes accueillies par foyer, un cadre qu'Aline Amon juge essentiel pour préserver la qualité de l'accompagnement. « On a du temps à leur donner, à leur consacrer », souligne t elle. Les résidents sont suivis par des infirmiers matin et soir, un kinésithérapeute hebdomadaire, un podologue et un coiffeur à domicile, voire par l'hospitalisation à domicile pour les situations les plus lourdes. Son époux Cédric partage l'agrément, après une quinzaine d'années où elle exerçait seule.
Une remplaçante fidèle intervient également, permettant au couple de souffler sans jamais laisser les résidents sans surveillance. Les tarifs varient selon la surface et le confort du logement, encadrés par le Conseil départemental. L'APA, versée aux personnes accueillies, ouvre droit à un crédit d'impôt de cinquante pour cent, un dispositif qu'Aline Amon juge équilibré face au coût souvent supérieur des établissements. Mais un regret persiste, celui d'un manque de reconnaissance institutionnelle. « C'est dommage qu'on ne parle pas assez de nous », déplore t elle, avant d'ajouter que la question de leur visibilité « reste à eux, pas à moi ».