Les épisodes de chaleur et de sécheresse pourraient avoir des conséquences croissantes sur l'économie belge si leur fréquence augmente, estime Pascal Vermeulen, fondateur de Climact, cabinet spécialisé dans la stratégie climatique, interrogé jeudi par Belga. ...
Les entreprises, le transport fluvial, l'industrie ou encore le tourisme figurent parmi les secteurs les plus exposés.
Réunie jeudi, la cellule sécheresse du Service public de Wallonie (SPW) a constaté une intensification de la situation en Wallonie. Les débits des cours d'eau navigables restent très bas pour la saison, tandis que les cours d'eau non navigables atteignent des niveaux comparables à ceux observés lors des épisodes de sécheresse de 2020 et 2022. Les précipitations attendues dans les prochains jours ne devraient pas suffire à inverser la tendance.
Selon Pascal Vermeulen, les conséquences de la sécheresse sont multiples. Les impacts directs concernent notamment les centrales nucléaires et les entreprises qui utilisent l'eau pour refroidir leurs installations. À cela s'ajoutent des effets indirects sur la productivité des travailleurs ainsi que des répercussions plus larges sur l'économie. "Il faut anticiper les risques", insiste-t-il, estimant que les entreprises belges ne sont pas suffisamment préparées à des épisodes de chaleur appelés à se multiplier.
Une nouvelle période de chaleur à craindre la semaine prochaine : "Ce qui est inédit, c'est la durée"L'expert estime que la Belgique est confrontée à des aléas climatiques comparables à ceux de l'Allemagne, où le faible niveau du Rhin perturbe actuellement le transport fluvial. Les entreprises installées autour du port d'Anvers, les activités industrielles dépendantes de l'eau ainsi que le tourisme pourraient être particulièrement touchés. La fermeture récente de la Lesse aux embarcations de loisirs illustre, selon lui, les conséquences économiques de ces épisodes.
La porte-parole du SPW Mobilité, Sarah Pierre, nuance toutefois cette comparaison. Contrairement au Rhin, les voies navigables wallonnes sont régulées par un réseau de barrages, d'écluses et de stations de pompage qui permet de maintenir la navigation. Des adaptations restent néanmoins nécessaires: sur la Sambre, certains bateaux ont dû réduire leur chargement afin de poursuivre leur trajet.
La cellule sécheresse a par ailleurs maintenu les restrictions déjà en vigueur, notamment en matière de navigation, de pêche, de kayak et de prélèvements d'eau. Une nouvelle évaluation de la situation est prévue le 6 août.
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