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Quid de l’impact des canicules sur la croissance ? “Il faut prendre la mesure de ce qui est en train de se passer”, dit Koen De Leus

Дата публикации: 13-08-2026 07:20:47

Pour l’économiste de la filiale belge de BNP Paribas, l’enjeu est mondial et l’Europe n’a pas toutes les cartes en main. Et d’agiter le spectre d’une croissance négative à partir de 2040, à défaut d’une mobilisation générale sur le plan climatique. ...

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Quel sera le coût économique des canicules à répétition de cet été sur l'économie européenne ? S'il est impossible de répondre avec précision à cette question, faute du recul nécessaire, certains responsables politiques annoncent déjà la couleur : l'impact négatif pourrait être considérable.

L'Europe brûle et le monde… bâille

Ce mercredi, la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut, se basant sur des chiffres de l'institut de statistiques Insee, avançait d'ailleurs un chiffre de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros de coûts directs et indirects pour l'Hexagone, tout en précisant qu'il convenait de prendre cette fourchette avec pas mal de précautions.

Un impact négatif de 1 % sur le PIB belge ?

"Dans un scénario où les années les plus chaudes de la dernière décennie devaient se reproduire entre 2026 et 2030, les pertes cumulées de PIB pourraient atteindre de 5 à 7 % dans certaines économies européennes", précisait, de son côté il y a quelques jours, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). On le voit, au sein des gouvernements mais aussi dans le monde économique, les calculettes sont de sortie de même que les modélisations mathématiques pour tenter de prédire ce qui nous attend dans les décennies à venir.

"Un impact négatif à hauteur de 1% du PIB, cela me semble quand même un peu exagéré pour la Belgique. Mais un effet négatif de 0,1 à 0,2% sur le PIB attendu, c'est bien possible."

Et en Belgique ? Aucun chiffre officiel à ce stade, venant du gouvernement fédéral, en pause estivale. La banque néerlandaise Triodos se hasardait, il y a quelques jours, à anticiper un impact potentiel négatif à hauteur de 1 % du PIB pour notre pays. Une prédiction qui si elle se confirmait serait catastrophique alors que l'économie belge a déjà été littéralement à l'arrêt au deuxième trimestre.

Koen De LeusPour Koen De Leus (BNP Paribas Fortis), si rien change en termes de transition climatique sur la planète, c'est un "scénario catastrophe" qui se dessine. ©Tineke De Vos +32472799733 devos.tineke@gmail.com

"Un impact négatif à hauteur de 1 % du PIB, cela me semble quand même un peu exagéré pour la Belgique. Mais un effet négatif de 0,1 à 0,2 % sur le PIB attendu, c'est bien possible. Et cet impact négatif sur la croissance rendra évidemment le prochain exercice budgétaire d'autant plus difficile pour le gouvernement", explique Koen De Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis. Pour rappel, le gouvernement sera à la rentrée à la recherche d'une dizaine de milliards d'euros pour éviter de voir la trajectoire budgétaire déraper complètement. Le sujet canicule et son impact sur la dynamique économique belge et notamment sur les recettes fiscales pourrait donc pas mal occuper les esprits dans quelques jours.

"20 canicules par an en 2050"

Pour Koen De Leus, il y a lieu de bien "prendre la mesure de l'ampleur de ce qui est en train de se passer" et de l'impact à long terme de ces canicules à répétition sur la croissance de notre continent. Et de faire référence à des projections qui ont été élaborées par Oxford Economics. Cette institution, explique Koen De Leus, estime que la croissance moyenne d'ici 2040 en Europe – de l'ordre de 1,2 à 1,3 % par an – pourrait descendre aux alentours de 0,9 % en raison de la multiplication de ces épisodes de chaleurs extrêmes. Précisons cependant que ces projections n'intègrent pas les effets de l'intelligence artificielle sur la croissance. "Et encore ce chiffre de 0,9 % vers 2040, c'est si tout le monde respecte les engagements pris lors de la dernière COP (NdlR : sommet sur le climat, organisé par l'ONU) en termes de transition climatique. Si ce n'est pas le cas, ce sera un chiffre de croissance nettement inférieur à 0,9 %, voire même une croissance négative", ajoute Koen De Leus. À partir de 2040, le spectre d'une croissance négative est donc bel et bien réel, à défaut d'une mobilisation générale sur le plan climatique.

L'économiste enchaîne : "On ne peut pas nier ce qui est en train de se produire. Aujourd'hui, on parle de 4 canicules par an. En 2050, si on ne fait rien, ce sera 20 canicules chaque année et cela pèsera inévitablement sur la croissance".

"Le danger est que l'Europe fasse ce qu'elle doit faire en termes de transition climatique. Mais que cela ne soit pas le cas du reste du monde."

Pour le spécialiste, l'enjeu est évidemment mondial. "Le danger est que l'Europe fasse ce qu'elle doit faire en termes de transition climatique. Mais que cela ne soit pas le cas du reste du monde : je pense notamment aux États-Unis, premier émetteur de CO2 au monde et où Donald Trump a démontré qu'il n'en avait rien à faire des enjeux climatiques, mais aussi à l'Afrique, à la Russie ou à l'Amérique latine. Dans ce cas-là, le réchauffement de la planète s'accélérera par rapport au scénario de base, édicté lorsque Joe Biden était président des États-Unis et qui partait du principe que chacun tiendrait ses engagements", explique-t-il. "Ce serait alors le scénario catastrophe avec des températures sur la planète qui pourraient être à l'horizon 2060 de l'ordre de 2,2 à 2,3 degrés au-dessus de celles connues à l'ère préindustrielle, au lieu d'une situation stabilisée autour d'une hausse de 1,6 degré", précise encore Koen De Leus.

Le Danube atteint un niveau critique et commence à paralyser l'Europe centrale : "On peut parler d'un phénomène historique"

Le débat sur le prix du CO2 démontre à lui seul l'ampleur du chemin à parcourir. Selon Oxford Economics, pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, un prix de 470 dollars par tonne de CO2 serait nécessaire. Mais aujourd'hui, à peine 32% des émissions mondiales sont soumises au prix du carbone, cela signifie que deux tiers de la planète émettent du CO2... gratuitement. "Aujourd'hui, le monde paie en moyenne entre 6 et 8 dollars pour une tonne de CO2", constate encore Koen De Leus, alors que les économistes estiment qu'une fourchette de 50 à 100 dollars serait nécessaire pour changer les comportements des industriels.

Dans un scénario noir, l'économiste de BNP Paribas Fortis pointe aussi le risque que l'Europe finisse elle-même, faute d'un effort partagé au niveau mondial, par revenir sur ses propres engagements. "Aujourd'hui, c'est comme si l'Europe courrait un 20 kilomètres devant les autres. Si dans le reste du monde on se fiche des enjeux climatiques, l'Europe, déjà confrontée à des problèmes de compétitivité et à un affaiblissement de son industrie, pourrait, elle aussi, décider de ne plus rien faire", conclut Koen De Leus. Bref, et ce n'est pas une surprise, la clé de l'avenir des Européens et de leur prospérité économique se joue aussi et surtout à Washington, Moscou, Brasilia ou à Tanger. Ce qui n'est pas spécialement rassurant…

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Классификация: Экономика. Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 10. Тональность: 0. Информативность: 6.93. Источник: www.lalibre.be.