Une loi-cadre sur la restitution de biens saisis pendant la colonisation a été adoptée au Sénat le 28 janvier. Mais quelle est l’histoire de ces objets réclamés par des Etats africains ? Zoom sur ceux de la mission Dakar-Djibouti, saisis ou volés à partir de 1931 au Mali pour les intérêts de l’ethnographie française, et aujourd’hui dûment réclamés.
Préparation de la mission Dakar Djibouti (1931-1933) au musée d’Ethnographie du Trocadéro, ancêtre du musée de l'Homme de Paris, vers 1930. De gauche à droite : Michel Leiris (1901-1990), écrivain et ethnologue, Marcel Griaule (1898-1956), anthropologue et Georges-Henri Rivière (1897-1985), sous-directeur de ce musée. ALBERT HARLINGUE / ROGER-VIOLLET
Lorsqu’elle s’élance de Dakar le 31 mai 1931 en direction de Djibouti, la mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti se présente comme l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de la France coloniale. Le périple, près de deux ans à travers quinze territoires africains, se donne pour objectif de « sauvegarder les traces de cultures » supposément menacées par les « colons et le monde moderne ».
A sa tête, le jeune ethnologue Marcel Griaule justifie, à « l’Ami du peuple » du 23 décembre 1930, une entreprise « des plus urgentes » car, assure-t-il, « il sera bien trop tard pour faire des observations fructueuses sur de très anciennes civilisations dont les origines se perdent dans la nuit des…

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