Le départ de Ramos signe-t-il le début de la fin... d'une ère ? Cela peut y ressembler tant le Tarnais était un élément moteur et indissociable de la réussite de la génération actuelle du Stade Toulousain. On fait le...
l'essentiel Le départ de Ramos signe-t-il le début de la fin... d'une ère ? Cela peut y ressembler tant le Tarnais était un élément moteur et indissociable de la réussite de la génération actuelle du Stade Toulousain. On fait le point.
L'annonce du transfert de Thomas Ramos au Racing 92 en juillet 2027 a eu l'effet d'un coup de tonnerre. Doit-il être vécu comme le premier signe avant-coureur d'un effritement de l'hégémonie du Stade Toulousain, quadruple champion de France en titre, déjà secoué par des affaires en coulisses ? L'équation comporte plusieurs inconnues.
Un mauvais signal ?Les innombrables témoignages des supporters toulousains sur les réseaux sociaux sont la preuve de l'onde de choc vécue par le peuple Rouge et Noir à l'annonce mardi du départ à venir de Ramos, 31 ans.
L'arrière international est le seul joueur de l'effectif - avec le troisième ligne François Cros - à avoir joué et gagné les huit finales disputées entre 2019 et 2026 (six Top 14 et deux Coupes des champions) par une génération dorée dont il est l'un des symboles les plus éclatants. Le président du club, Didier Lacroix, le présente volontiers comme un "visage du Stade Toulousain". "Voir partir un joueur de cette dimension n'est jamais anodin", a-t-il commenté à l'annonce de son départ.
Alors que le Stade Toulousain est déjà englué dans des affaires qui polluent son actualité depuis de longs mois, le départ du Mazamétain, au club depuis les cadets, est effectivement un coup dur tout aussi préjudiciable pour son image que pour son prestige. Et le signe d'une fragilité plus profonde ?
Le prix des affaires ?Sommé en mars 2025 de verser une contribution de 1,3 million d'euros pour stopper les poursuites autour du transfert de l'arrière international Melvyn Jaminet en 2022 en provenance de Perpignan, Toulouse a également écopé le mois dernier d'une amende de 2,88 millions d'euros pour deux affaires s'étalant sur plusieurs années liées à des infractions au "salary cap", le plafond salarial en vigueur dans le Top 14.
Ces dossiers plombent considérablement les finances du Stade, qui sont également touchées par le plafonnement des crédits internationaux. Ce mécanisme mis en place avec la Fédération française de rugby (FFR) permet aux clubs mettant des joueurs à disposition de l'équipe de France de bénéficier d'une augmentation de leur masse salariale. La nécessité d'adapter la politique salariale du club au cadre réglementaire a clairement pesé dans les négociations autour d'une éventuelle prolongation de Ramos.
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D'autres cas hautement sensibles attendent le Stade Toulousain : les contrats de trois autres de ses joueurs cadres, François Cros (32 ans), Anthony Jelonch (30 ans) et Emmanuel Meafou (28 ans), arrivent à échéance en juin 2027.
Les joueurs de l'effectif, et notamment les trentenaires, sont désormais avertis du serrage de ceinture entré en vigueur. Cette nouvelle donne devrait considérablement réduire la marge de manœuvre du club dans les mois à venir. Pour quelles conséquences sur son effectif ?
Toujours rose la vie ?Si l'extraordinaire réussite sportive du Stade Toulousain pourrait être remise en question dans les années à venir en fonction des éléments énoncés, la soif de vaincre de ce groupe hors norme reste le meilleur argument pour relativiser le déclin annoncé par certains. À court terme tout au moins. Après avoir égalé le quadruplé déjà réalisé entre 1994 et 1997, les coéquipiers de l'Anglais Jack Willis n'ont en effet qu'une seule idée en tête : inscrire leur génération dans le livre d'or du rugby français en réalisant un quintuplé inédit.
Malgré le contexte économique, les raisons d'y croire existent. D'abord la rage de vaincre d'une équipe dont plusieurs tauliers se sont déjà inscrits dans la durée (Dupont, Ntamack, Willis, Mauvaka, Chocobares, Flament...). La signature du très courtisé centre italien Tommaso Menoncello (23 ans) témoigne en outre d'un pouvoir d'attraction pour le moment intact.
Quant à la capacité de former des jeunes talents puis de les faire éclore au plus haut niveau (Gourgues, Vergé, Remue, Delpy, Bertrand, Cramont, Merkler, Lacombre...), elle constitue un savoir-faire inestimable. A fortiori quand les finances sont moins florissantes.