Depuis le début de l’été 2026, le manque de pluie met à mal les stocks fourragers et l’abreuvement des troupeaux. Face à cette situation, certains éleveurs envisagent l’irrigation, une solution temporaire et encore...
Depuis le début de l’été 2026, le manque de pluie met à mal les stocks fourragers et l’abreuvement des troupeaux. Face à cette situation, certains éleveurs envisagent l’irrigation, une solution temporaire et encore marginale en Lozère.
Les exploitations agricoles sont fortement touchées par la sécheresse estivale qui s’abat sur la Lozère depuis le début de l’été 2026. Les principales problématiques concernent l’abreuvement du bétail et le manque de ressources fourragères, qui, à mesure que la pluviométrie baisse, produisent de moins en moins. Dans ce contexte, certains éleveurs se posent la question de recourir à l’irrigation, une pratique encore très peu répandue dans le département, afin de maintenir à flot leur stock de nourriture prévu pour l’hiver.
Selon le recensement agricole de 2020 établi par la Chambre d’agriculture, il y aurait 194 exploitations ayant des superficies potentiellement irrigables, constituant 0,5 % de la surface agricole utile (SAU). En réalité, seulement 0,2 % de cette SAU a été effectivement irriguée en 2025 et concerne principalement des surfaces fourragères telles que la luzerne, le maïs, les prairies temporaires et le sorgho. Ces productions permettent aux éleveurs d’avoir une totale autonomie alimentaire pour leur bétail.
Une gestion agricole collective de l’eauAfin de se répartir équitablement la ressource, 60 agriculteurs sont engagés dans une démarche collective de gestion de l’eau pilotée par la Chambre d’agriculture. Cette dernière précise qu’en l’état actuel, "la fréquence moyenne d’irrigation autorisée est de deux jours par semaine, mais varie en fonction des besoins".
Chaque printemps, un calendrier de tours d’eau est établi afin de répartir les prélèvements dans le temps et de respecter les capacités des cours d’eau : l’ensemble des pompages sur une rivière ne doit pas dépasser un débit maximal défini. Lorsque les seuils de sécheresse sont atteints, les possibilités d’irrigation sont réduites : diminution de 25 % en alerte, de 50 % en alerte renforcée, puis arrêt de l’irrigation en situation de crise. La Chambre rappelle que "face à la diminution de la ressource en eau l’été et aux capacités limitées de stockage, la généralisation de l’irrigation n’est ni faisable, ni durable" et qu’il faut développer d’autres leviers de résilience.
Couverture, haies, polyculture, d’autres leviers pour faire facePour garder les cultures humides, des solutions concrètes existent. Grâce à une couverture du sol avec un paillage, l’eau présente dans la terre peut plus facilement être préservée, et pour éviter la transpiration des plantes ainsi que les pertes d’eau par évaporation, des haies coupe-vent et des arbres sont de précieux alliés. La survie des exploitations dépendra de la capacité de chaque ferme à (ré) inventer des modèles de production compatibles avec les crises à venir.