À Albi, les gabarres continuent de naviguer sans problème sur le Tarn malgré la sécheresse. Le niveau d'eau et le débit restent dans les moyennes estivales. Un étonnant paradoxe dont la source remonterait au mont...
l'essentiel À Albi, les gabarres continuent de naviguer sans problème sur le Tarn malgré la sécheresse. Le niveau d'eau et le débit restent dans les moyennes estivales. Un étonnant paradoxe dont la source remonterait au mont Lozère et aux barrages installés sur la rivière.
Toute la journée, le ballet est incessant. Les gabarres passent et repassent au pied de la cité épiscopale. Au grand étonnement des touristes, qui pensent en arrivant à Albi qu'il n'y a pas assez d'eau pour naviguer. Comme sur la plupart des rivières de France et d'Europe. Tous ont vu des images du Rhin, du Danube ou de la Loire asséchés sous l'effet de la chaleur et de la sécheresse. "Beaucoup de gens nous téléphonent pour savoir si on navigue", raconte Michel Legrand, d'Albi croisières.
Eh bien oui, à Albi on peut naviguer. "Cette année, on ne ressent pas les mêmes difficultés que sur les autres rivières, on n'est pas ennuyé. Tout va bien, le niveau est idéal pour naviguer", assure le batelier.
C'est là tout le paradoxe. Alors que la ville subit une des plus sévères canicules de son histoire récente, que la terre est sèche et dure comme de la pierre, le Tarn continue de couler. Le débit du Tarn n'est pas catastrophique, il n'a pas chuté plus que les étés précédents.
Quand on regarde le relevé des niveaux d'eau de la station d'Albi (-0,329 m), on se situe proche de la moyenne estivale (entre -0,35 et -0,38). "On s'attendait à une baisse du niveau d'eau mais non. Moi aussi je me pose la question du pourquoi. Peut-être qu'il y a des réserves au niveau du mont Lozère, qu'il a beaucoup plu et neigé cet hiver ? Ce qui est sûr, c'est que c'est bien géré au niveau des barrages", souligne le chef d'entreprise.
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Car ce dernier a une certitude, si le barrage de Rivières n'existait pas, ce ne serait pas la même histoire pour lui. "Je parle du tronçon où on navigue entre Albi et Rivières. Ce n'est peut-être pas la même chose à Ambialet", ajoute-t-il. Et si ! Quand on regarde les relevés, même chose qu'à Albi, le Tarn est dans sa moyenne estivale.
60 cm d'eau suffisentSelon les spécialistes, la raison de ce paradoxe se trouve en partie bien au mont Lozère, qui reçoit beaucoup d'eau en dehors de l'été. Surtout, le Tarn passe par des causses, il est ainsi alimenté régulièrement par de puissantes sources karstiques.
Et même s'il y avait une baisse importante de l'eau, la gabarre est un bateau qui a été construit pour la navigation fluviale. "Il y a très peu de tirant d'eau. On a un fond plat et il n'y a pas de quille", explique le batelier. Du coup, le bateau peut naviguer avec seulement 60 cm d'eau. "C'est l'avantage des gabarres, ces bateaux qui voguaient sur le Lot, le Tarn ou la Dordogne. Ils ont été conçus pour naviguer dans des conditions où l'été il n'y avait pas d'eau, pour passer au niveau des hauts fonds", renchérit-il.
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En fait, plus que du manque d'eau, son activité est victime de la chaleur, qui dissuade les touristes. "Avec les grosses chaleurs les gens sortent moins, on a une baisse d'activité sur le mois de juillet mais elle n'est pas due au manque d'eau", affirme Michel Legrand.
La semaine prochaine, il devrait faire moins chaud, ce sera l'occasion de profiter du panorama unique offert depuis la rivière. Plusieurs solutions. On peut prendre le bateau pour rejoindre Albi depuis Rivières (ce qui évite d'avoir à trouver à se garer et de prendre sa voiture) ou faire une croisière entre Albi et Rivières.