C’est un savoir-faire français qui coiffe nos maisons depuis le Moyen Âge. Il reste encore en France quelques toits de chaume. La moitié de la production provient de roseaux chinois. Mais certains passionnés tentent de relancer la filière française.
Publié le 14/08/2026 16:33
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Article rédigé par France 2 - S.Piard, E.Calderon, C.Hanssens - Édité par l'agence 6Medias
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C’est un savoir-faire français qui coiffe nos maisons depuis le Moyen Âge. Il reste encore en France quelques toits de chaume. La moitié de la production provient de roseaux chinois. Mais certains passionnés tentent de relancer la filière française.
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Au pied du pont de Normandie, se trouvent de grandes étendues vertes et de l’eau. Il est difficile de bien distinguer les plantes : des roseaux. 1 000 hectares sont plantés dans une réserve naturelle de l’estuaire de la Seine. Un site que Faustine Simon, coordinatrice milieux terrestres à la réserve naturelle de l’estuaire de la Seine, connaît par cœur. "On va vraiment avoir des espèces typiques de ce milieu-là", glisse-t-elle. Un milieu riche en biodiversité mais fragile et qu’il faut préserver. "On commence à comprendre que les zones humides ont un vrai rôle à jouer. Elles permettent d’absorber les masses d’eau, de dépolluer et de jouer un rôle tampon avec des fleuves comme la Seine", explique Faustine Simon.
Les roseaux ont aussi une autre importance en Normandie. Pendant des siècles, ils ont servi à fabriquer les toits, donnant naissance aux chaumières, maisons typiques du bocage. Christel Thouroude, propriétaire d’une chaumière à Fiquefleur-Équainville (Eure), apprécie particulièrement la sienne, surtout en période de canicule. Il fait 6 à 8 degrés de moins qu’à l’extérieur. Son toit en chaume de roseau y est pour quelque chose. Mais quand elle a acheté, elle ne pensait pas à ça. "Le chaume, c’est la nature. C’est la Normandie. C’est le passé en même temps. [...] Et après, ce qui me plaît, c’est le côté accueillant", partage Christel Thouroude.
Un toit en chaume est un peu plus cher. Il dure une soixantaine d’années, à condition de le surveiller et de l’entretenir, car il est sensible à l’humidité et au risque d’incendie. Stéphane Jacques est chaumier depuis plus de 30 ans. Il maîtrise chaque geste pour fixer les tiges. Reste à donner sa forme définitive au toit, l’artisan peaufine dans un seul objectif : "Avoir un toit solide, durable, hyper isolant et écologique."
Mais l’artisan a du mal à trouver suffisamment de roseaux français. La moitié de nos toits de chaume est réalisée avec des plantes de Chine ou d’Europe de l’Est. Guillaume Deguilhem est chargé de relancer la filière en France, notamment en valorisant les roseaux de moins bonne qualité. "Il faut leur trouver d’autres débouchés qui peuvent être de l’isolation en vrac, des panneaux isolants mélangés à des mortiers. Et ça, c’est seulement pour l’usage bâtiment. Ça peut être aussi utilisé dans la plasturgie ou dans du paillage, par exemple", suggère le coordinateur du projet BâtiRoseau.
Il ne reste qu’une centaine de chaumiers en France. Depuis dix ans, il n’y avait plus d’enseignement. Mais à la rentrée, une nouvelle formation ouvrira ses portes du côté de Nantes (Loire-Atlantique).
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