En reconnaissant avoir utilisé la Peugeot 207 de Delphine Jubillar pour transporter son corps jusqu'à Mailhoc, Cédric Jubillar valide une hypothèse défendue depuis le début de l'enquête. Mais lorsqu'elle est...
l'essentiel En reconnaissant avoir utilisé la Peugeot 207 de Delphine Jubillar pour transporter son corps jusqu'à Mailhoc, Cédric Jubillar valide une hypothèse défendue depuis le début de l'enquête. Mais lorsqu'elle est confrontée aux expertises techniques et aux témoignages recueillis pendant près de six ans, cette nouvelle version ne résout pas toutes les énigmes. Certaines preuves semblent désormais trouver une explication, tandis que d'autres continuent de résister à son récit.
Pendant plus de cinq ans, la Peugeot 207 bleue de Delphine Jubillar est restée l'un des éléments les plus scrutés du dossier. Sans constituer une preuve directe, elle concentrait plusieurs indices que les magistrats considéraient comme "graves et concordants". Les aveux formulés par Cédric Jubillar en juillet 2026 bouleversent aujourd'hui la lecture de cette pièce essentielle de l'enquête.
Le sens dans lequel sens se trouvait la voiture utilisée par Cédric Jubillar le soir de la mort de Delphine fait encore débat après les aveux du plaquiste.
DDM - MARIE PIERRE VOLLE
Pour la première fois, le peintre-plaquiste reconnaît avoir chargé le corps de son épouse dans le coffre de la voiture avant de quitter discrètement le lotissement de Cagnac-les-Mines pour l'enterrer à Mailhoc. Il explique avoir descendu la rue "au point mort" afin de ne pas réveiller les voisins, avant de revenir au domicile quelques heures plus tard.
Cette version marque une rupture totale avec celle qu'il a soutenue pendant des années. Jusqu'alors, il affirmait que Delphine avait quitté seule la maison en pleine nuit. Désormais, il admet que la Peugeot 207 a bien servi au transport du corps, confortant ainsi l'une des principales hypothèses développées par les enquêteurs dès les premiers mois de l'instruction.
Un changement de stationnement qui continue de poser questionPour autant, les aveux ne règlent pas toutes les incohérences. Le principal point de friction reste le sens de stationnement de la Peugeot 207.
Au cours de l'instruction, sept témoins, voisins ou proches du couple, ont affirmé que le véhicule était garé, le soir du 15 décembre 2020, capot orienté vers le haut de la rue. Lorsque les premiers gendarmes arrivent sur place à 4 h 50, ils constatent au contraire qu'il est stationné "nez vers le bas".
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Pendant plusieurs années, ce changement a été considéré comme un indice laissant penser que la voiture avait circulé durant la nuit. Pourtant, malgré ses aveux, Cédric Jubillar continue de contester cette chronologie. Selon lui, la Peugeot était déjà garée dans cette position lorsque Delphine est rentrée de son travail, vers 16 h 30. Autrement dit, il reconnaît avoir utilisé le véhicule... tout en réfutant l'un des éléments matériels qui semblait précisément en attester.
Cette contradiction reste au cœur des interrogations des magistrats, qui devront désormais apprécier la valeur respective des témoignages et de cette nouvelle version.
Des expertises qui prennent une nouvelle dimensionÀ l'inverse, plusieurs constatations techniques paraissent désormais en adéquation avec les aveux. Dès les premières heures de l'enquête, les gendarmes avaient relevé de la condensation sur les vitres intérieures de la Peugeot 207.
L'expertise réalisée pendant l'instruction concluait qu'il était probable qu'une présence humaine dans le véhicule explique ce phénomène, l'aération ne permettant pas, à elle seule, de produire une telle buée. Les déclarations de Cédric Jubillar donnent aujourd'hui un nouvel éclairage à cette observation.
Les techniciens avaient également retrouvé, dans le coffre, un drap rouge provenant de la maison ainsi que des épines de conifère identiques à celles du sapin de Noël installé dans le salon. Ces éléments étaient déjà interprétés comme les indices d'une utilisation récente de la voiture en lien avec les faits.
Reste toutefois une difficulté majeure. Malgré des investigations approfondies, aucune trace de sang, de fluide biologique, de terre ou de boue n'a été mise en évidence dans le coffre ou dans l'habitacle. Le véhicule, décrit comme très encombré lors des constatations, pourra-t-il réellement correspondre au scénario décrit par Cédric Jubillar ? Là encore, les expertises complémentaires et la future reconstitution devront permettre de mesurer la solidité de cette version.
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Au final, les aveux de juillet 2026 ne referment pas le chapitre de la Peugeot 207. Ils confirment une partie du raisonnement suivi par les enquêteurs depuis près de six ans, mais laissent subsister plusieurs contradictions majeures.