Lundi 10 août, le tribunal de Carcassonne a rejeté la demande de remise en liberté d’un homme de 38 ans. Celui-ci, qui sera jugé le 16 septembre prochain avec deux autres, dans le cadre d’une affaire "d’enlèvement" et...
Lundi 10 août, le tribunal de Carcassonne a rejeté la demande de remise en liberté d’un homme de 38 ans. Celui-ci, qui sera jugé le 16 septembre prochain avec deux autres, dans le cadre d’une affaire "d’enlèvement" et "d’extorsion avec violence" ayant eu lieu à Espéraza le 30 novembre 2025, a été maintenu en détention.
Dimanche 30 novembre 2025, c’est sur la place du village d’Espéraza qu’un homme de 33 ans avait été enlevé par trois personnes, avant d’être amené de force dans son propre véhicule sous la menace d’un couteau. Conduit dans un endroit isolé par ses ravisseurs, le trentenaire avait alors été frappé avant de subir de profondes entailles avec le couteau sur un bras et au niveau du cou.
Lors de cette agression, il avait également été menacé de mort, ainsi que de viol par un de ses agresseurs qui s’est déshabillé devant lui pour lui montrer qu’il ne plaisantait pas. Son blouson sera ensuite tailladé, ainsi que son pantalon à hauteur des cuisses et de l’entrejambe. Toujours sous la menace du couteau, ils lui ont aussi demandé de leur remettre sa bague en menaçant de lui couper le doigt. Ils lui ont également pris sa montre et son téléphone portable, avant de le libérer. Deux jours avant ces faits, c’est à Quillan que le trentenaire s’était fait voler sa moto par ces mêmes agresseurs. Une dette de stupéfiants serait à l’origine de tout ça…
Depuis que je suis incarcéré, j’ai perdu quinze kilos
Identifiés par les enquêteurs de la gendarmerie, c’est en trois temps que les agresseurs présumés ont finalement été interpellés : le mercredi 10 et le jeudi 11 décembre 2025, sur le secteur d’Espéraza pour deux d’entre eux. Le troisième, qui se trouvait dans le département du Lot, ayant été appréhendé le vendredi 12 décembre. Déférés au palais de justice de Carcassonne le 12 décembre 2025, ces trois hommes âgés de 23, 34 et 38 ans ont tous été placés en détention provisoire à Seysses, Béziers et Perpignan.
Lundi 10 août après-midi, c’est dans ce contexte que Jonathan, un Carcassonnais de 38 ans incarcéré à Perpignan, est arrivé devant le tribunal de Carcassonne pour une demande de remise en liberté. Et ce, alors qu’il doit être jugé le 16 septembre prochain avec ses deux coprévenus, pour répondre de "menace de mort", "d’exhibition sexuelle", de "port sans motif légitime d’arme blanche", "d’enlèvement", "d’extorsion avec violence en récidive", de "détérioration du bien d’autrui" et de "vol en réunion". Comme explication à sa demande de remise en liberté, Jonathan a tout d’abord parlé des conditions de détention déplorables à Perpignan : "Il y a la chaleur et la surpopulation, avec une absence de douche dans les cellules, ou encore les punaises de lit. Depuis que je suis incarcéré, j’ai perdu quinze kilos. J’ai des problèmes de santé, j’attends les résultats de mes examens". Jonathan, dont le casier judiciaire fait état de huit condamnations, a également évoqué une promesse d’embauche et la possibilité d’être hébergé dans les Pyrénées-Orientales.
La détention doit être une exception
Au ministère public, sa représentante a requis le maintien en détention, "car il existe un risque de concertation frauduleuse avec les coauteurs. Mais aussi pour garantir son maintien à disposition de la justice, et pour éviter tout risque de renouvellement de l’infraction". Pour la défense, Me Aboufeidou Adamou a plaidé pour un placement sous contrôle judiciaire, "car la détention doit être l’exception. L’information judiciaire est close, il n’y a pas de nouvelle enquête à diligenter. On connaît déjà la vérité ! Pourquoi ne pas assigner mon client à résidence à Cabestany, où il a une promesse d’embauche ?" À l’issue de son délibéré, le tribunal a finalement rejeté la demande de remise en liberté de Jonathan, et ordonné son maintien en détention jusqu’à la date de son jugement fixée au 16 septembre.