Le 5 août 2025, Stella, 65 ans, a péri dans l'incendie des Corbières à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Un an après, l'enquête avance sous l'autorité du pôle régional de l'environnement de Montpellier. Un agent de...
Le 5 août 2025, Stella, 65 ans, a péri dans l'incendie des Corbières à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Un an après, l'enquête avance sous l'autorité du pôle régional de l'environnement de Montpellier. Un agent de l'Office national des forêts a été mis en examen pour destruction involontaire par incendie.
Le 5 août 2025, le mégafeu des Corbières emportait tout sur son passage. Parmi les victimes, Stella, 65 ans, une habitante de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, perdait la vie dans sa maison, alors que l'incendie ravageait le village. Douze mois plus tard, le deuil reste immense pour sa fille, Lydie. Si la douleur demeure intacte, les avancées de l'instruction judiciaire lui permettent désormais d'espérer que toutes les circonstances de ce drame pourront être établies.
On peut penser et espérer que l'on finira par arriver à la vérité judiciaire
"Nous avons confiance en la justice. Les investigations avancent et permettent de commencer à comprendre ce qui s'est passé", affirme son avocat, Me Marc Ceccaldi du barreau de Marseille. "Les techniciens qui travaillent sur la recherche des causes de l'incendie ont fait le travail. On peut penser et espérer que l'on finira par arriver à la vérité judiciaire. Un an après, on voit que l'on avance".
Depuis le dessaisissement du parquet de Carcassonne quelques jours après le sinistre, l'information judiciaire est menée par le pôle régional de l'environnement de Montpellier. Les investigations, conduites sous l'autorité de deux juges d'instruction, visent à déterminer avec précision l'origine de cet incendie qui a parcouru près de 17 000 hectares, détruit des dizaines d'habitations, blessé 26 personnes et provoqué la mort de la sexagénaire.
Après de longs mois d'expertises et d'auditions, l'enquête a connu un tournant, au début du mois de juin dernier, avec le placement en garde à vue de trois agents de l'Office national des forêts. À l'issue de ces auditions, deux d'entre eux ont été remis en liberté sans charge retenue à leur encontre à ce stade de la procédure. Le troisième a été mis en examen du chef de destruction involontaire par incendie ayant entraîné la mort. Il est soupçonné d'avoir provoqué le départ de feu en jetant un mégot de cigarette, des faits qu'il conteste. Remis en liberté, il a été placé sous contrôle judiciaire, avec l'interdiction de paraître dans les 16 communes ayant été touchées par l'incendie.
Pour Me Ceccaldi, cette première étape constitue une première phase de l'enquête : "Aujourd'hui, les investigations portent sur les causes de l'incendie et les éventuelles responsabilités. Ensuite, il y aura peut-être un deuxième chantier pour déterminer si toutes les mesures de précaution et d'évacuation ont été prises", explique-t-il. À ce stade, aucune conclusion n'a été rendue sur ces questions.
Tout cela est toujours très douloureux, mais nous avons confiance dans l'instruction
Le 5 août 2025, la mère de Lydie était décédée dans sa maison de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse alors que le mégafeu ravageait les Corbières. Deux versions se sont opposées quant à ce drame : selon le maire de Saint-Laurent, ainsi qu'un voisin, la sexagénaire aurait refusé de quitter son domicile pour ne pas laisser son chien. Une version absolument réfutée par sa fille : sa mère n'avait plus de chien depuis deux ans, et au cours de plusieurs conversations téléphoniques, elle s'inquiétait justement de savoir ce qu'elle devait faire.
Même si le temps judiciaire paraît particulièrement long aux yeux des proches, Me Ceccaldi assure que sa cliente garde confiance dans le travail des magistrats et des enquêteurs. "Les échéances judiciaires vont arriver, ce qui permettra de satisfaire le besoin de justice de Lydie", estime-t-il.
Pour autant, la procédure ne fait pas disparaître la souffrance. "Tout cela est toujours très douloureux, mais nous avons confiance dans l'instruction", poursuit l'avocat.
"Quand on arrive au premier anniversaire de la mort d'un être cher, c'est une très grande souffrance. L'œuvre du temps est très lente et se poursuit", conclut l'avocat.