Pierre Alonzo, le directeur du paisible casino de Castéra-Verduzan, cité thermale gersoise d'environ 1000 habitants, doit assurer la gestion quotidienne de 18 salariés, et d’une réglementation drastique, qui ne laisse...
l'essentiel Pierre Alonzo, le directeur du paisible casino de Castéra-Verduzan, cité thermale gersoise d'environ 1000 habitants, doit assurer la gestion quotidienne de 18 salariés, et d’une réglementation drastique, qui ne laisse rien au hasard. Nous l'avons rencontré.
Le cadre feutré et reposant tranche avec les éblouissantes lumières multicolores des 75 machines à sous, propices à faire miroiter les rêves de jackpot. Mais derrière les roulettes électroniques, la table de "black-jack", ou bien celle de "la boule", qui n’en finit pas de faire tourner l’espoir*, se cache un autre décor. Celui d’une réglementation scrupuleuse qui ne doit rien laisser au hasard.
Et pour la faire respecter, on peut miser, les yeux fermés, sur Pierre Alonzo. Il faut dire qu’il en va de la crédibilité et de la pérennité de son établissement. Ce natif des Sables-d’Olonne, passé par la case Bourbon-l’Archambault, premier établissement de l’Allier ouvert par le groupe Vikings Casinos, a été recruté, il y a maintenant un quart de siècle, pour installer les machines à sous dans le tout nouveau casino de Castéra-Verduzan qui venait de voir le jour. Aujourd’hui, il en est le directeur salarié, "car on ne peut pas avoir d’intéressement sur les jeux", explique celui qui connaît les règles par cœur.
Les incontournables machines à sous s'égrènent dans la salle de jeux.
DDM - SEBASTIEN LAPEYRERE
L’année prochaine, l’établissement de Castéra-Verduzan devra passer par le renouvellement quinquennal de "l’autorisation de jeux" délivrée par le ministère de l’Intérieur, qui doit être assortie d’une convention de délégation de service public signée avec la commune. À Castéra-Verduzan, elle court sur 18 ans et en est donc à son deuxième mandat.
Cette échéance, Pierre Alonzo l’attend sereinement, tant son affaire ne pose pas de problème : "Nous ne sommes pas un casino saisonnier qui travaille surtout trois mois pendant l’été. Ici, nous avons une clientèle régulière d’habitués, qui tourne à raison de 43 000 entrées par an, les gens revenant sept à huit fois, pour une moyenne d’âge de 51 ans, détaille le patron d'établissement. Pendant les vacances scolaires, quand les grands-parents gardent les petits-enfants, ce sont les touristes des gîtes et des campings qui compensent les entrées."
" Impossible d’être embauché si on a des antécédents judiciaires"Oui, serein, le directeur, d’autant plus que les contrôles, c’est son lot : "On est très encadré par la police judiciaire (NDLR : de Toulouse), qui vient une fois par mois pour vérifier les procédures, les éventuels incidents, surveiller la vidéo ou les fichiers d’interdiction de jeux. Nous avons aussi des contrôles internes."
Sans oublier celui du personnel : "Pour travailler dans un casino, les employés doivent avoir un agrément de jeu, qui passe par une enquête de la police. Impossible d’être embauché si on a des antécédents judiciaires, ou si on est sous le coup d’une enquête compliquée en cours. Il faut dire qu’on côtoie des gens qui peuvent se promener avec beaucoup d’argent. Sous notre responsabilité, nous avons aussi des engins agréés par l’État. Ils ne veulent pas qu’on puisse les trafiquer. En Occitanie, un croupier a perdu son agrément parce qu’il a été déclaré positif au cannabis lors d’un contrôle routier."
43 000 entrées par an et contrôles stricts : le directeur de casino connaît le règlement sur le bout des doigts.
DDM - SEBASTIEN LAPEYRERE
Et la même rigueur réglementaire est appliquée au matériel : "On n’a pas accès à la mémoire et à la programmation de la machine. On peut simplement choisir le modèle et le taux de redistribution, à condition de redistribuer au minimum 85 %. C’est le seuil légal."
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Pas question, donc, de jouer avec les règles, pour ce "petit" casino du Gers, dont le directeur s’accommode des aléas conjoncturels de la profession : "Nous avons eu la roulette classique jusqu’en 2006. C’était une époque où le casino gagnait beaucoup d’argent. Les Toulousains allaient à Capvern, à Salies-du-Salat et chez nous. Et puis, cette année-là, celui de Toulouse a ouvert, et la moitié de notre clientèle n’est plus venue."
Néanmoins, Pierre Alonzo reste optimiste. La seule crainte pour l’avenir consiste en l’éventualité que la France autorise les machines à sous en ligne. Si cela devait arriver, tout se jouerait sur les règles en matière de gains. Toujours elles.
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