Lorsque l’incendie de Trévillach a ravagé des milliers d’hectares début juillet, Emma et Mickaël n’ont pensé qu’à une chose, secourir les animaux. Bénévoles depuis treize ans dans la protection animale, ils racontent...
Lorsque l’incendie de Trévillach a ravagé des milliers d’hectares début juillet, Emma et Mickaël n’ont pensé qu’à une chose, secourir les animaux. Bénévoles depuis treize ans dans la protection animale, ils racontent comment ils ont réussi à sauver plusieurs vies.
Ils sont ce qu’on pourrait appeler des héros du quotidien. Depuis treize ans, Emma et Mickaël consacrent une grande partie de leur vie aux animaux maltraités. Elle, est ingénieure pédagogique. Lui, agent de production dans une usine. En dehors de leur travail, ils interviennent bénévolement comme enquêteurs indépendants en maltraitance animale aux côtés d’associations du département. Alors, naturellement, le 4 juillet, lorsque l’incendie éclate à Trévillach, leur premier réflexe est d’appeler le refuge d’Ille-sur-Têt pour venir prêter main-forte. "La présidente nous a dit qu’elle avait besoin d’aide. On est partis immédiatement."
Le plus dur, c’était l’impuissance
Mais à quelques centaines de mètres du refuge, les pompiers les stoppent. Impossible d’aller plus loin. La route est totalement fermée. Pendant plusieurs jours, le couple reste bloqué à Marquixanes, contraint de suivre sur les réseaux sociaux les appels à l’aide de propriétaires ayant perdu leurs chiens ou leurs chats.
Le couple et d’autres bénévoles ont réussi à sauver des dizaines d’animaux.
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"Le plus dur, c’était l’impuissance. Voir les gens chercher leurs animaux et ne rien pouvoir faire", se rappelle Emma. Lorsque les routes rouvrent, ils prennent leur quad et sillonnent les secteurs sinistrés. C’est le choc. "On ne reconnaissait plus notre département. On avait l’impression d’être dans un autre monde", s’accordent-ils à dire.
Sur place, leur mission est de retrouver des animaux survivants. Ils tombent d’abord sur Nougat, une chienne patou recherchée depuis plusieurs jours. Elle est morte intoxiquée… "On pensait retrouver un chien blessé. À aucun moment on ne s’attendait à retrouver un cadavre."
Les découvertes s’enchaînent. Des centaines de poules calcinées, des oies regroupées les unes contre les autres pour tenter d’échapper aux flammes, des oiseaux, des écureuils… Au milieu de cet enfer, une petite silhouette attire leur regard. Un chaton d’à peine un mois et demi, immobile au milieu des cendres. "Ses coussinets étaient brûlés, ses oreilles avaient partiellement fondu, le contour de ses yeux a été touché par les flammes. On a cru qu’il était mort. Puis, il a tourné la tête."
Une dizaine d’animaux sauvésImmédiatement, le couple conduit le chaton chez le vétérinaire. Payent pour ses soins et décident de l’adopter. Ils le baptisent Fuego. Dans les jours qui suivent, avec plusieurs bénévoles, ils sauveront également d’autres chats grièvement brûlés, une grenouille et participeront à de nombreux sauvetages d’animaux sinistrés.
"Certains disent que ce n’est pas beaucoup. Mais pour chaque animal sauvé, ça change tout. Si tout le monde mettait la main à la pâte, s’impliquait bénévolement, on pourrait en faire encore davantage", soufflent Emma et Mickaël qui réfléchissent déjà à mieux s’équiper, notamment avec des caméras thermiques, pour intervenir plus efficacement si un prochain incendie se déclare. "On espère surtout qu’il n’y en aura pas. Mais s’il faut repartir sauver des animaux, on n’hésitera pas à y retourner."