Ancien directeur financier devenu chanteur ambulant, Franck Martin a trouvé à Port-Leucate son port d’attache. Un lieu d’où il continue de larguer les amarres, au propre comme au figuré.
Ancien directeur financier devenu chanteur ambulant, Franck Martin a trouvé à Port-Leucate son port d’attache. Un lieu d’où il continue de larguer les amarres, au propre comme au figuré.
Franck Martin savoure la douceur de vivre au fil de l’eau. Le choix de Port-Leucate s’est imposé naturellement au plaisancier de 64 ans. Un hasard devenu un coup de cœur. "Quand j’ai acheté mon premier bateau, le seul port qui m’offrait une place, c’était Leucate. Et puis je m’y sens bien, donc j’y reste !".
La mer comme fil conducteurLa mer, elle, l’a choisi bien avant. À huit ans, au Havre, il découvre l’Optimist à l’école de voile. "C’est la première fois que j’ai mis les pieds sur un bateau. Ça ne m’a plus jamais quitté".
Après avoir navigué sur les bateaux des copains puis loué des voiliers, il achète, il y a dix ans, sa première unité avant d’opter pour un modèle plus grand qu’il a nommé Cala Vent, un Grand Soleil de 37 pieds, afin de voyager plus loin. Sur le ponton de Port-Leucate, son rituel est bien rodé. Un réveil sans pression, un petit-déjeuner à bord… "Il y a toujours un petit bricolage à faire. Vers 11 heures, je prends un café au port".
"En fait, vous profiter de vous ressourcer quand vous venez sur votre bateau ?", lui glisse-t-on. "C’est un peu ça !" répond-il avec un large sourire. Franck largue les amarres dès qu’il le peut. "Les contraintes, ce n’est pas le bateau, c’est la météo" ajoute-t-il.
Cette sérénité maritime contraste avec une carrière professionnelle mouvementée. D’abord mécano en Formule 3 à Magny-Cours, il bifurque vers la comptabilité avant de devenir directeur financier.
En 2000, alors qu’on lui demande de préparer un plan social, il décide de tourner la page. "Je me suis dit : plus jamais ce métier".
Direction Helsinki, puis Font-Romeu, où il élève ses trois enfants et occupe le poste d’animateur à l’office de tourisme.
Depuis toujours, Franck aime chanter. En 2017 il décide d’acheter son premier orgue de barbarie. En 2020, il décide d’en faire son métier en créant Le Vagabond bien-aimé. "Je me produis dans toute la France avec pas moins de 120 cartons de musiques qui vont de la chanson traditionnelle aux années 80". Un métier qui l’a conduit sur des grandes scènes aux côtés de Nadau, un groupe emblématique de la chanson occitane.
"J’ai dit à ma conjointe : l’été, pas de tournée, je fais du bateau". Un cap de liberté jalousement gardé depuis son ponton leucatois.
À 64 ans, il prépare déjà son prochain grand voyage : trois mois de navigation jusqu’à Venise.
Une nouvelle aventure pour celui qui, depuis ses huit ans, ne s’est jamais vraiment éloigné de la mer.