Lors de sa participation à Miss Univers, Elodie Gossuin ne s'attendait pas à vivre ce qu'elle a vécu. Son intimité a été mise à nu.
Après avoir été Miss France 2001, Elodie Gossuin s'est lancée dans un concours de beauté à plus grande échelle : celui de Miss Univers. Une élection qui s'est déroulée en 2001 et qui a sacré Denise Quiñones, Miss Porto Rico, qui a donc remporté la couronne à domicile. Elodie Gossuin, elle, s'est classée dans le top 10 du concours.
"Certaines personnes ont remis en question ma féminité"Ce concours de beauté, Elodie Gossuin l'a très mal vécu comme elle le raconte dans son livre Miss à nu. "J'ai donc été figurante dans une pièce de théâtre aux dialogues différents, mais au scénario similaire. Le directeur de la troupe était alors un certain Donald Trump. Un homme qui rebaptise facilement les comédiennes du nom de 'Miss Piggy' quand elles prennent du poids, ou de 'Miss Femme de Ménage' quand elles ont l'audace d'être latina. Un chic type ! Vraiment. D'ailleurs, je peux témoigner de son élégance et de son soutien quand son organisation a voulu me disqualifier."
Celle qui a révélé être ménopausée a ensuite révélé pourquoi
elle a failli être disqualifiée. "Certaines personnes
ont remis en
question ma féminité. Oui, vous avez bien lu.
Ma féminité. Comme si avoir des mains jugées trop grandes et une
allure de girafe blonde suffisait à remettre en question le fait
que j'étais une femme. Comme si, à vingt ans, après avoir
été élue Miss France, il fallait encore que je prouve que j'étais
assez femme."
En plein concours, elle a donc dû prouver qu'elle était bien une femme. "Ils m'ont demandé, au moment où j'allais avoir mes règles, de montrer une serviette tachée de mon propre sang. Avec un témoin dans la salle de bains. Pour prouver l'existence de mon jardin secret utérin. Ils m'ont aussi demandé, en débarquant sans carton d'invitation, bien sûr, de me soumettre à un examen gynécologique devant une caméra. J'en ai encore des frisons dans le dos rien que d'y repenser..."
À 20 ans, Elodie Gossuin a alors eu l'impression que son "corps n'était plus qu'une location et que le proprio venait visiter pour faire l'état des lieux." Forcément l'ancienne Miss France ne peut que comprendre la douleur de la première dame qui subit la même chose. "Aujourd'hui, quand je vois Brigitte Macron subir les mêmes attaques, les mêmes rumeurs nauséabondes, je repense à cette époque. Et je me dis que rien n'a changé. Que certains se nourrissent encore de ces rumeurs, de ces attaques, pour exister. Pour détruire", a-t-elle raconté.
"Une bête de foire sur scène"Dans la suite de son récit, Elodie Gossuin a eu la sensation d'être "une bête de foire sur scène". "Monsieur Trump m'a félicitée pour le buzz, coïncidence heureuse pour ses affaires. Opportunisme bien placé. Pourtant, moi, je n'avais rien fait, rien demandé. Je ne pouvais même pas répondre aux sollicitations de la presse, enfermée dans ma chambre d'hôtel, téléphone coupé."
"J'ai dû fuguer pour retrouver Geneviève de Fontenay et une équipe de journalistes français venus à la rescousse. Je n'étais qu'un pion parmi d'autres. Je leur ai dit clairement que je ne voulais plus jouer dans leur sketch. Parce qu'au concours de Miss Univers, le théâtre démocratique se joue en fait aux dés pipés... en fonction des droits de diffusion achetés ou des sponsors. Seule la reine l'emporte", a-t-elle fini par conclure.
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