Il y a vingt ans, les Etats-Unis et la Nasa inventaient le « new space » en confiant l’avenir de l’espace aux investisseurs privés. La France emprunte désormais la même voie, avec quatre micro et mini-lanceurs dont les envols sont prévus pour 2027.
La Serm est une petite usine de mécanique que rien ne distingue des entreprises voisines, dans la banlieue tranquille qu’est Le Coudray-Montceaux, au sud de Paris. Cette ancienne filiale de Michelin et du groupe d’ingénierie Fives fabriquait des pièces de moteurs de précision pour les voitures de compétition et l’aéronautique civile. Mais depuis qu’elle a été rachetée par la société Sirius l’an dernier, la donne a changé : désormais ses imprimantes 3D qui travaillent le métal s’activent pour la conquête spatiale. Si les étapes de développement continuent de se dérouler convenablement, le premier micro-lanceur de Sirius prendra son envol l’an prochain. Symbole que l’accès à l’espace ne dépend plus des grands organismes publics, comme le Centre national d’Etudes spatiales (Cnes) ou l’Agence spatiale européenne (ESA), ni des géants industriels comme Arianespace. Des PME françaises audacieuses montrent que le ciel est – ou plutôt sera – un marché comme les autres, à la portée de tous.
Aux Etats-Unis, cette mainmise du privé sur les étoiles est devenue la norme : le « new space » (« nouvel espace ») a démarré il y a plus de vingt ans quand l’agence spatiale américaine (Nasa) a délégué ses grands projets à des entrepreneurs, dont le plus emblématique est Elon Musk. Les performances…

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